Les nageuses synchro canadiennes sont au 4e rang après le programme technique

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NAGE SYNCHRONISEE
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LONDRES - Dans un sport où un déficit d'un point ou plus est habituellement mortel, la formation canadienne de nage synchronisée s'est retrouvée avec un écart de 1,8 point à combler, jeudi, après le programme technique de l'épreuve par équipes des Jeux olympiques de Londres.

Ce qui signifie que même si les nageuses de l'entraîneure Julie Sauvé présenteront vendredi leur programme libre Le Cirque, une routine inédite et innovatrice qui comporte plusieurs éléments que personne d'autre au monde ne fait, il faudra rien de moins qu'un petit miracle pour qu'elles se dénichent une place sur le podium.

Connaissant la façon de fonctionner des juges en nage synchro, cela reste peu probable, à moins que l'une des équipes se trouvant devant au classement connaisse un véritable naufrage.

Réussir à obtenir la troisième place «serait déjà une victoire», a d'ailleurs reconnu Sauvé, jeudi.

À l'instar de ses nageuses, l'entraîneure d'expérience a fait preuve d'un optimisme et d'une force morale de bon aloi à l'occasion des commentaires officiels qu'elle a livrés dans la zone mixte. Elle a toutefois eu du mal à refouler des larmes par la suite, laissant paraître ses véritables sentiments.

Quand même, les Canadiennes n'avaient pas l'intention d'abandonner lors du programme décisif de vendredi. Elles sortiront alors toutes les munitions qu'il leur reste en présentant ce programme sur lequel elles travaillent depuis le début de l'année, en collaboration notamment avec le Cirque du Soleil, et qu'elles ont tenu secret jusqu'à la semaine dernière.

«Ce sera pas mal difficile, a dit Sauvé du déficit à effacer. Mais ça ne m'inquiète pas, on a un programme libre vraiment spectaculaire. Ça porte bien son nom, c'est vraiment comme le cirque. C'est spectaculaire, ça sort de l'ordinaire. On va voir si on est capable d'embarquer les juges là-dedans.»

«En programme libre, les juges ont l'esprit plus ouvert qu'en programme technique, donc on espère pouvoir les épater et qu'ils vont finir par monter leur pointage», a avancé l'une des huit nageuses canadiennes, Élise Marcotte.

Celles-ci ont obtenu une note de 94,400 points, soit 47,100 pour l'exécution technique et 47,300 au niveau de l'impression générale. Elles ont alors exécuté leur programme Soccer.

«C'est sûr que la note est décevante, on est encore collé sur le 'môsus' de 94 mais on va se battre jusqu'au bout, a lancé Marcotte avec une conviction et un entrain contagieux. Le programme libre, c'est notre petit bébé d'amour. On a vraiment hâte de le montrer. On veut vraiment épater (les juges) et aller chercher le public.

«(Jeudi) on a eu l'appui du public presqu'autant que la Grande-Bretagne. Si on n'a pas encore l'appui des juges, au moins on a l'appui du public et ça, on peut en retirer de la fierté», a ajouté Marcotte.

Les nageuses canadiennes se retrouvent derrière les Espagnoles, qui ont amassé 96,200 points. Celles-ci avaient tout autant raison de crier à l'injustice, jeudi, puisqu'elles ont pris le troisième rang provisoire même si leur programme semblait plus rythmé et complexe que celui des Chinoises. Ces dernières ont récolté 97,000 points et la deuxième place.

«Vous avez raison, a lancé Sauvé lorsque les journalistes québécois ayant assisté au programme technique ont demandé son opinion de la prestation des Espagnoles. Peut-être que vous devriez être des juges la prochaine fois.

«Je vous jure, je suis à la veille de commencer à coacher des juges!»

Les Russes ont obtenu le meilleur score de la journée, soit 98,100 points. Elles ont obtenu 49,000 points pour l'exécution et 49,100 au chapitre de l'impression générale.

Les Japonaises sont à distance raisonnable des Canadiennes avec 93,800 points en cinquième place.

Étiquetées quatrièmes depuis qu'elles ont fini à ce rang aux Jeux de Pékin en 2008, derrière la Russie, l'Espagne et la Chine respectivement, Sauvé, ses adjointes et ses nageuses ont décidé de prendre un beau risque en innovant. Leur pari à Londres, c'était au minimum d'être tout près de la troisième place après le programme technique, puis de forcer les juges à leur accorder au moins le bronze à l'occasion du programme libre.

Sauf qu'avec un déficit de 1,8 point, il est désormais plus probable que les Canadiennes obtiennent une simple victoire morale en terminant quatrièmes à seulement quelques dixièmes de point de la troisième place.

Malgré tout, Sauvé ne regrettait pas la partie de poker qu'elle a décidé de jouer ces derniers mois. Tant qu'à se retrouver confinée au quatrième rang, elle préfère le faire à sa manière plutôt qu'en jouant le jeu des juges.

«On ne peut pas retourner à la tradition, on ne veut pas ça, a-t-elle lancé. La nage synchronisée a énormément évolué depuis 10 ans et c'est souvent le Canada qui a été le meneur de cette évolution. Les programmes des autres pays sont très traditionnels. Nous, on essaie de dépasser les limites du traditionnel.

«On dirait que les juges ne sont pas rendus là où nous, on est rendu, a-t-elle affirmé. À un moment donné, ça va suivre.»

L'équipe canadienne était composée jeudi de Marcotte, Marie-Pier Boudreau-Gagnon, Jo-Annie Fortin, Chloé Isaac, Stéphanie Leclair, Tracy Little, Karine Thomas et Valérie Welsh. Réserviste lors du programme technique, Stéphane Durocher agira comme «flyer» lors du programme libre de vendredi.

Les points récoltés lors du programme technique seront additionnés à ceux du programme libre et détermineront le classement final.

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