Place au cinéma! Sur la piste du Marsupilami, La peur dans la peau/The Bourne Legacy, L'incrédule, La campagne, Ruby Sparks ... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.

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  • LA PEUR DANSLA PEAU - L'HERITAGE DE BOURNE (The Bourne Legacy) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 135 min.</strong> Drame d'espionnage de Tony Gilroy avec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Joan Allen, Albert Finney, Scott Glenn. L'agent secret Aaron Cross se soumet à un entraînement rigoureux en Alaska lorsqu'il échappe de justesse à l'attaque d'un drone. À Washington, la CIA, avec l'assentiment du gouvernement, a décidé d'effacer toute trace du programme spécial duquel est issu Cross par crainte que l'agent en fuite Jason Bourne expose son ancien employeur. Ainsi, tous les agents cobayes sont éliminés, à l'exception de Cross, qui réussit à feindre sa mort. Voyageant incognito, il entre en contact avec le docteur Martha Shearing, qui a travaillé à son insu sur le programme. Avec son aide, Cross souhaite que les modifications génétiques que lui assure la prise de médicaments expérimentaux deviennent permanentes. Pour ce faire, le tandem est contraint de s'envoler pour les Philippines, là où sont conservées les substances instables nécessaires à la fabrication des médicaments. Pendant ce temps, la CIA tente de retracer Martha, ignorant toujours que Cross a survécu. Cette suite répétitive ne parvient jamais à convaincre de sa pertinence. Le scénario bavard ploie sous les scènes d'exposition laborieuses et la réalisation nerveuse imposée, fertile en scènes d'action étirées jusqu'à la dilution, n'est pas la meilleure du talentueux Tony Gilroy (DUPLICITY). De bons interprètes campent des personnages unidimensionnels.

  • SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI (4)

    <strong>France. 2012. 105 min.</strong> Aventures de Alain Chabat avec Jamel Debbouze, Alain Chabat, Fred Testot, Lambert Wilson, Géraldine Nakache, Patrick Timsit, Liya Kebede, Aïssa Maïga, Dalip Singh, Jacques Weber. Dan, un journaliste vedette de la télévision française désespérément à la recherche d'un scoop, est envoyé par sa patronne en Palombie, un pays d'Amérique latine où il avait autrefois réalisé son premier reportage percutant. Pablito, un vétérinaire malhonnête, lui sert de guide. Tandis que les deux hommes s'enfoncent dans la jungle à la recherche de la mystérieuse tribu Paya, Hermoso, un vieux botaniste, flaire la piste du Marsupilami, un petit animal d'une grande dextérité qui recueille une plante rare aux vertus rajeunissantes. Devenu jeune, le scientifique forme le projet de capturer l'animal et de renverser le dictateur du pays. Dan et Pablito unissent alors leurs efforts pour contrecarrer ses projets. Alain Chabat (DIDIER) s'inspire de l'univers du bédéiste André Franquin ("Gaston Lagaffe") pour composer une intrigue farfelue mais souvent décousue. Assemblage dynamique et coloré de styles et de genres, sa comédie burlesque est portée par l'énergie quasi juvénile de ses interprètes.

  • L'INCREDULE (5)

    <strong>Canada. 2011. 95 min.</strong> Comédie dramatique de Federico Hidalgo avec Marcelo Arroyo, Marcela Pizarro, Francesca Barcenas, Claudio Caceres, Leo Arguello, Luz Tercero. Originaires d'Amérique latine, les photographes Sofia et Tomas vivent à Montréal depuis de nombreuses années. À l'occasion des Journées Internationales se tenant au Y, Sofia fait la connaissance de Mariano, un conseiller financier récemment établi dans la métropole, et se laisse charmer par son manque d'assurance. Elle l'invite à souper, avec sa femme Luisa, dans l'espoir que les deux couples se lieront d'amitié. Au cours de la soirée, Luisa, une femme étrange et timide qui elle aussi paraît avoir comme Sofia le mal du pays, évoque la Charuflauta, un procédé traditionnel d'Amérique latine sensé offrir réconfort aux mélancoliques et aux solitaires. Bien que sceptique, Tomas se laisse convaincre par les trois autres de fonder une entreprise qui offrira ce nébuleux service. Lorsque les premiers clients appellent, ils sont encore incapables de le définir. Plus abscons qu'intriguant et proche du théâtre filmé, avec décors nus et dialogues figés, ce troisième opus du Montréalais Federico Hidalgo (A SILENT LOVE) ne trouve jamais son ton ni son équilibre. Mal servis par ce récit flou et un montage manquant de liant et d'unité, les interprètes endossent cependant leurs personnages avec beaucoup de conviction.

  • LA CAMPAGNE (The Campaign) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 85 min.</strong> Comédie de Jay Roach avec Will Ferrell, Zach Galifianakis, Jason Sudeikis, Sarah Baker, Dylan McDermott, Katherine LaNasa. Afin d'éclipser leur représentant au Congrès, Cam Brady, les frères Glenn et Wade Motch, hommes d'affaires peu scrupuleux souhaitant implanter une usine de jouets chinoise dans leur district de la Caroline du Nord, complotent la victoire de son rival, le naïf directeur du centre touristique local, Marty Huggins. Alors que Brady multiplie les scandales sexuels que tente vainement d'enterrer son chef de campagne Mitch, les frères Motch engagent le redoutable Tim Wattley pour faire du maladroit Huggins un adversaire de taille. Bientôt les deux candidats se livrent à une campagne de salissage qui éclaboussera leur famille respective. Lorsque la réputation de sa femme Mitzi est durement entachée et qu'il découvre les réelles intentions des Motch, Huggins remet en question son avenir en politique. Avec son scénario se moquant avec outrance des travers politiques, THE CAMPAIGN offre un portrait peu flatteur et sans finesse des coulisses du pouvoir. D'un rythme soutenu, la réalisation fonctionnelle de Jay Roach (la série AUSTIN POWERS) ne sert qu'à mettre en valeur l'interprétation caricaturale des deux vedettes, Will Ferrell et Zach Galifianakis.

  • RUBY SPARKS (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 104 min.</strong> Comédie sentimentale de Jonathan Dayton,Valerie Faris avec Paul Dano, Zoe Kazan, Antonio Banderas, Annette Bening, Steve Coogan, Deborah Ann Woll, Chris Messina, Aasif Mandvi, Elliott Gould. Hanté par un rêve récurrent centré sur une jeune femme nommée Ruby Sparks, Calvin, un jeune écrivain en panne d'inspiration, qui a connu la gloire alors qu'il était encore adolescent, décide d'en faire l'héroïne de son nouveau roman. À sa grande surprise, l'inspiration lui revient dès l'instant où il tape sur son clavier le nom de sa muse. À mesure que progresse l'écriture, ses rêves gagnent en précision. À tel point que Calvin commence à se demander s'il n'a pas du mal à départager réalité et fantasme. Lorsqu'un soir, une Ruby en chair et en os l'accueille chez lui, Calvin se croit mûr pour l'asile. Or, son propre frère, d'abord sceptique, finit par admettre l'impensable. À savoir que Ruby incarne tout ce que Calvin écrit, et que son humeur, sa personnalité, changent selon les caprices de l'auteur. D'abord idyllique, la relation entre la muse et son créateur s'assombrit à mesure que le tempérament narcissique et contrôlant de ce dernier prend le dessus. Cette variation imaginative autour du mythe de Prométhée écrite par la petite-fille d'Elia Kazan permet à Jonathan Dayton et Valerie Faris d'effectuer un retour réussi après le succès de LITTLE MISS SUNSHINE. Spirituel et critique, le scénario s'essouffle en cours de route, mais la réalisation intelligente et l'interprétation sensible sauvent la mise.

  • COMPLIANCE (0)

    <strong>États-Unis. 2011. 89 min.</strong> Thriller de Craig Zobel avec Ann Dowd, Dreama Walker, Pat Healy, Bill Camp, Philip Ettinger, James McCaffrey. Obéissant aveuglément aux instructions d'un policier au bout du fil, la gérante d'un établissement de restauration rapide d'une petite ville de l'Ohio fouille et interroge une jeune caissière soupçonnée d'avoir volé l'argent d'un client.

  • L'ESPOIR EST A HOPE SPRINGS (Hope Springs) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 101 min.</strong> Comédie dramatique de David Frankel avec Meryl Streep, Tommy Lee Jones, Steve Carell, Jean Smart, Ben Rappaport, Marin Ireland, Patch Darragh, Brett Rice, Becky Ann Baker, Elisabeth Shue. Se sentant négligée par Arnold, avec qui elle est mariée depuis 30 ans mais dont elle ne partage plus la chambre depuis déjà plusieurs années, Kay mise toutes ses économies sur une thérapie de couple d'une semaine à Great Hope Springs. Au cours de leurs rencontres avec leur thérapeute, le réputé docteur Bernie Field, Kay, résolue à ranimer la flamme, tente de convaincre Arnold, éteignoir emmuré dans le scepticisme, du bien-fondé de la démarche. Elle finit par le convaincre de faire avec elle les exercices recommandés par le docteur Field. Alors qu'un rapprochement semble enfin possible, d'autres obstacles mettent leur couple à rude épreuve. Épousant le rythme répétitif d'une thérapie conjugale, HOPE SPRINGS prend appui sur un scénario banal, néanmoins ponctué de troublantes vérités sur le couple. La réalisation mécanique de David Frankell (THE DEVIL WEARS PRADA) évoque sans finesse la vie morne des personnages, très bien défendus toutefois par les impeccables Meryl Streep et Tommy Lee Jones.

  • JUAN DE LOS MUERTOS (4)

    <strong>Espagne. 2011. 95 min.</strong> Comédie d'horreur de Alejandro Brugues avec Alexis Diaz de Villegas, Jorge Molina, Andrea Duro, Andros Perugorria, Jazz Vila, Eliecer Ramirez. Amis de longue date, Juan et Lazaro se la coulent douce dans leur quartier miteux de La Havane, vivant de petites escroqueries sur le dos des touristes et profitant des faveurs de leurs voisines. Mais derrière cette façade hédoniste, Juan rumine une pénible séparation et une relation tendue avec sa fille Camila. Lorsque, sous l'effet d'un virus inconnu, les habitants de la ville se transforment en morts-vivants, Juan pense d'abord à protéger Camila et son réseau de laissés-pour-compte, dont un travesti extraverti, un pugiliste qui a peur du sang et California, le fils de Lazaro. Tandis que les survivants cherchent à fuir Cuba pour rejoindre Miami, Juan profite de la situation en offrant ses services pour débarrasser ses concitoyens des zombies indésirables. Mais il ne reste bientôt plus de clients vivants et la bande de Juan doit se préparer à quitter l'île à son tour. L'influence de SHAUN OF THE DEAD (2004) est volontaire et souhaitée par le cinéaste Alejandro Brugues, qui prend un malin plaisir à transposer dans le contexte sociopolitique cubain un schéma bien connu. La charge politique s'estompe toutefois pour laisser le champ libre à quelques scènes sanguinaires assez audacieuses, réalisées avec énergie.

  • KILLER JOE (4)

    <strong>États-Unis. 2011. 103 min.</strong> Comédie policière de William Friedkin avec Matthew McConaughey, Emile Hirsch, Juno Temple, Thomas Haden Church, Gina Gershon, Scott A. Martin, Gralen Bryant Banks, Carol Sutton. Par une nuit d'orage, Chris est mis à la porte par sa mère alcoolique. Réfugié chez son père Ansel, le jeune homme lui avoue son projet: faire assassiner sa mère afin qu'ils se partagent l'assurance-vie dont devrait hériter Dottie, la soeur de Chris. Outre l'appât du gain, Chris est motivé par la peur d'être battu à mort par le trafiquant local à qui il doit de l'argent. Embauché pour commettre le meurtre, Joe Cooper, un shérif corrompu, exige d'être payé à l'avance. Envoûté par l'innocence de Dottie, il consent à toucher son argent plus tard à condition de passer une nuit avec la jeune fille, ce à quoi le père et le frère consentent. Le moment venu, Joe exécute son contrat en simulant un accident. Dès lors, pour Chris, les choses iront de mal en pis. Cette adaptation joyeusement crasse d'une pièce de Traci Letts marque les retrouvailles du dramaturge et de William Friedkin six ans après BUG. Le mélange fonctionnel de violence et d'humour noir profite de dialogues savoureux et la réalisation solide rend compte du métier du réalisateur. Au sein d'une distribution en verve, Matthew McConaughey se révèle inspiré.

  • THREE STARS (Drei Sterne - Die Köche und die Sterne) (5)

    <strong>Allemagne. 2010. 94 min.</strong> Documentaire de Lutz Hachmeister. De New York à Tokyo en passant par Copenhague, ce documentaire nous conduit à la rencontre de certains des chefs-cuisiniers les plus réputés de la planète, propriétaires d'établissements ayant obtenu la note suprême de trois étoiles au Guide Michelin. D'abord éclairante, cette incursion dans les cuisines de restaurants les plus admirés du monde prend vite le tournant du reportage complaisant, faisant mine ici et là de critiquer le système des étoiles Michelin pour mieux en vanter le principe. D'où l'impression d'un film autorisé, en surface, dont le traitement télévisuel est indigne du sujet.

  • GUILTY OF ROMANCE (Koi no Tsumi) (4)

    <strong>Japon. 2011. 112 min.</strong> Drame policier de Sion Sono avec Megumi Kagurazaka, Miki Mizuno, Makoto Togashi, Kanji Tsuda, Ryo Iwamatsu, Ryuju Kobayashi. Shibuya, Japon. Izumi est entièrement dévouée à son mari, un célèbre écrivain spécialisé dans le roman à l'eau de rose qui s'absente de la maison douze heures par jour. Afin de tromper son ennui, la belle jeune femme accepte un emploi dans un supermarché où elle montre peu de talent pour le service à la clientèle. Elle y fait la connaissance de Mitsuko, une femme volontaire qui la recrute dans son agence de modèles. D'abord réticente à poser nue puis à simuler des actes érotiques, Izumi finit par trouver l'expérience libératrice et, sur les encouragements de Mitsuko, en vient à se prostituer. Le tout, à l'insu de son mari. Alors qu'Izumi s'épanouit dans sa double vie, un tueur en série rôde, choisissant ses victimes parmi les prostituées du district glauque qu'elle fréquente. Cette réflexion audacieuse sur les périls du refoulement repose sur un scénario dense et imprévisible. La mise en scène aux excès calculés de Sion Sono (LOVE EXPOSURE, COLD FISH) est ponctuée de plusieurs scènes fortes. Au-delà de la nudité exigée, les interprètes se donnent sans compter et offrent un jeu en phase avec l'étrangeté de l'oeuvre.

  • LA SOURCE DES FEMMES (4)

    <strong>France. 2011. 124 min.</strong> Drame de moeurs de Radu Mihaileanu avec Leïla Bekhti, Saleh Bakri, Biyouna, Hafsia Herzi, Hiam Abbass, Malek Akhmiss, Sabrina Ouazani, Zinedine Soualem. Maghreb, dans un petit village isolé en montagne. Obéissant à une tradition ancestrale, les femmes affrontent tous les jours un sentier rocailleux et escarpé, sous un soleil de plomb, afin d'aller chercher l'eau à la source. Cette tâche ingrate et ardue a d'ailleurs provoqué plusieurs fausses couches. Nouvelle venue dans cette communauté musulmane, Leila, la jeune épouse de l'instituteur Sami, suggère à ses consoeurs que les hommes, qui paressent toute la journée, prennent le relai. Ceux-ci refusent. Soutenue par Vieux-fusil, une veuve opiniâtre et courageuse, Leila entraîne les villageoises dans une grève de l'amour qui ne prendra fin que lorsqu'ils auront accepté. Au fil des jours et des semaines, la situation s'envenime: l'iman intervient, le maire s'interpose, des intégristes profitent de la division, Sami perd son emploi à l'école où les fillettes se font rares. À point nommé, un journaliste se présente au village et trouble Leila, qui avoue à Sami son aventure passée avec cet étranger. Cette fable attachante, inspirée de la comédie grecque "Lysistrata" d'Aristophane, illustre malgré certaines maladresses comment une idée toute simple peut déstabiliser une communauté. La mise en scène attentive du Français d'origine roumaine Radu Mihaileanu (LE CONCERT) et le jeu sensible et émouvant de Leila Bekhti (UNE VIE MEILLEURE) recommandent le film.