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Campagne électorale, jour 6 : Jacques Duchesneau continue de voler la vedette

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JACQUES DUCHESNEAU QUEBEC ELECTION
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L'entrée en scène fracassante de Jacques Duchesneau dans la campagne électorale a continué de faire des vagues, lundi, alors que son chef, François Legault, a dû rappeler à l'ordre son candidat-vedette.

En ce sixième jour de campagne et au lendemain de l'annonce qu'il serait candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), M. Duchesneau n'a pas perdu de temps pour mettre son chef dans l'embarras, en laissant entendre qu'il nommerait lui-même certains ministres dans un gouvernement caquiste, contrevenant ainsi à la tradition et aux pouvoirs dévolus au premier ministre dans notre système politique.

En entrevue au 98,5 FM, tôt en matinée, à l'émission de Paul Arcand, l'ex-policier a soutenu qu'il serait chargé de la lutte à la corruption et aurait l'autorité non seulement de chapeauter, mais bien de choisir les quatre ministres (Transports, Affaires municipales, Sécurité publique et Ressources naturelles) relevant de lui dans un éventuel gouvernement Legault.

Son autorité remise en cause, François Legault n'a pas perdu de temps pour remettre les pendules à l'heure, expliquant que la nomination des ministres était la prérogative exclusive du premier ministre, en l'occurrence lui-même dans un éventuel gouvernement caquiste. Il a indiqué qu'il n'y avait qu'un seul patron à la CAQ, concédant tout de même que Jacques Duchesneau, promu vice-premier ministre s'il est élu et que la CAQ est portée au pouvoir, serait consulté au moment de choisir les quatre ministres en question.

Cette apparente lutte de pouvoir entre les deux hommes a éclipsé l'annonce de M. Legault, qui avait convoqué les médias pour réaffirmer son intention de consacrer 100 pour cent des redevances issues de l'exploitation des ressources naturelles au remboursement de la dette.

Après examen du parcours de M. Legault ces deux dernières années, on a aussi appris que la lutte à la corruption n'avait pas toujours été hissée, comme c'est le cas aujourd'hui, au rang de priorité du chef de la CAQ. Son retour en 2010 a été justifié par les ratés du système d'éducation et la lutte pour l'intégrité n'est apparue dans le décor qu'en novembre dernier.

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Quelques citations du 6 août
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De passage en Beauce, le chef libéral Jean Charest n'a pas raté sa chance d'exploiter le faux pas de Jacques Duchesneau, à qui il avait confié le mandat en 2010 de faire le ménage dans l'attribution de contrats au ministère des Transports, en créant l'Unité anticollusion.

Recourant à l'humour pour ridiculiser l'adversaire, M. Charest a dit que dorénavant le rôle de François Legault se réduirait à alimenter "son compte Twitter et les cocktails de financement, pendant que Jacques Duchesneau s'occupera de tout le reste".

Le chef libéral a choisi la Beauce pour annoncer une mesure visant à séduire les parents de jeunes enfants, en pleine période de préparation pour la rentrée scolaire au primaire. ll a promis de leur verser un chèque de 100 $ pour acheter des effets scolaires, une mesure dont le coût total annuel est estimé à 45 millions $.

La candidature de Jacques Duchesneau à la CAQ a eu l'effet d'une bombe dans la classe politique. Depuis, les trois grands partis cherchent à se positionner pour incarner, aux yeux des électeurs, celui qui peut le mieux prétendre laver plus blanc que blanc.

Le PQ accuse

Trois députés et candidats péquistes, Bertrand St-Arnaud, Bernard Drainville et Nicolas Girard, se sont attelés à cette tâche, lundi, en accusant le gouvernement libéral d'avoir favorisé une transaction apparemment douteuse. La Fondation F. Catania aurait obtenu en 2008 un terrain appartenant à la Commission scolaire Riverside pour 600 000 $, qui aurait été revendu un an plus tard pour 1,6 million $ à un promoteur.

La ministre Michelle Courchesne a réagi pour affirmer qu'il s'agissait là de fausses allégations, rappelant "qu'une fondation ne peut servir à l'enrichissement d'un individu et que ses recettes doivent être redistribuées dans la communauté".

Pendant ce temps, la chef péquiste, Pauline Marois, était en tournée aux Iles-de-la-Madeleine et en Gaspésie. Elle a dit qu'un gouvernement péquiste pourrait très bien ne pas toucher aux milliards de dollars d'hydrocarbures enfouis dans le gisement Old Harry, dans le golfe Saint-Laurent.

Après s'être battue à l'Assemblée nationale pour que le Québec obtienne sa part du gisement partagé avec Terre-Neuve-et-Labrador, la chef péquiste dit carrément qu'un gouvernement péquiste serait prêt à renoncer à son exploitation.

Québec Solidaire (QS) n'a pas voulu être en reste et s'est engagé à investir un milliard de dollars supplémentaire par année, pendant cinq ans, pour le développement et l'électrification des transports collectifs, en instaurant notamment un lien haute vitesse électrifié entre Montréal et Québec ainsi qu'entre les villes et les régions.

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