Un texte de Florence Meney

C'est maintenant officiel : l'ancien directeur de l'Unité anticollusion Jacques Duchesneau se présente sous la bannière de la Coalition avenir Québec dans la circonscription de Saint-Jérôme, dans les Laurentides, pour, dit-il, mieux s'attacher à combattre la corruption.

Au cinquième jour de la campagne, lors d'une conférence de presse à Saint-Jérôme, Jacques Duchesneau a confirmé ce que les médias annoncent depuis vendredi et ce qui circulait depuis plusieurs jours dans les réseaux sociaux.

L'homme dit se lancer dans l'arène politique au lieu de « demeurer un gérant d'estrade », parce qu'il croit pouvoir terminer le travail entamé, qui est de lutter contre la corruption endémique dans la sphère publique.

Selon lui, le parti de François Legault est le seul qui présente la volonté ferme de placer la lutte contre la corruption et le gaspillage au centre de son action et d'ainsi « éradiquer ce mal qui ronge depuis trop longtemps la société québécoise ».

« La politique, a déclaré Jacques Duchesneau, n'est pas pour moi une fin en soi, mais plutôt le moyen de m'assurer de finir le travail entamé ».

Questionné par la presse, le candidat a indiqué qu'il était prêt à être un joueur d'équipe au sein de la coalition: « Comme ancien policier, pour rester en vie, il faut être un joueur d'équipe ». Il a reconnu que son tempérament bouillant devrait être jugulé: « Plusieurs me connaissent je suis intempestif, je vais apprendre qu'en politique il faut se retenir. Mais j'ai les qualités de mes défauts, je veux que les choses se réalisent. »

2 sur 10 à Jean Charest

Jacques Duchesneau a aussi confirmé que la déclaration de Jean Charest, qui s'est attribué une note de 8 sur 10 en matière de lutte contre la corruption, cette semaine, avait été l'élément final l'ayant poussé à faire le saut aux côtés de la CAQ. De son côté, Jacques Duchesneau juge que Jean Charest mérite plutôt un maigre 2 sur 10.

« Je lui donne un point pour avoir créé l'Unité anticollusion, un point aussi pour avoir suivi les 52 recommandations, et un point pour la Commission Charbonneau. Mais je lui enlève un demi-point pour s'être fait tirer l'oreille et un autre demi-point pour ne pas avoir donné les moyens de faire le ménage ».

Vice-premier ministre dans un gouvernement Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec a présenté fièrement celui qui deviendrait, dit-il, vice-premier ministre dans un éventuel gouvernement Legault.

À ce titre et en vertu du projet de loi no 1 ( Loi omnibus sur l'intégrité de la vie publique), il dirigerait l'action du gouvernement en matière d'intégrité et superviserait l'action des ministères du Transport, des Ressources naturelles, des Affaires municipales, région et occupation du territoire, de la Sécurité publique du Québec. À la tête d'un triumvirat composé de lui-même, de l'ancienne députée adéquiste Sylvie Roy et de la nouvelle recrue Maud Cohen (ex-présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec, candidate dans Laval-des-Rapides), il formerait un comité interministériel pour faire le grand ménage des institutions.

Jacques Duschesneau a d'ailleurs salué sa collègue Sylvie Roy, avocate et députée de Lotbinière depuis 2003, celle qui, dit-il, a eu le courage il y a trois ans de se lever pour réclamer une commission d'enquête sur la corruption dans le domaine de la construction et de marteler le message pendant de longs mois.

L'exception Duchesneau

Questionné sur la méthode du parti qui consiste à demander à ses candidats de réunir jusqu'à 25 000 $ dollars pour pouvoir porter les couleurs de la CAQ, François Legault répète que la méthode est légale, et qu'il n'y voit pas de problème.

Il souligne cependant qu'une exception sera faite dans le cas de Jacques Duchesneau, à cause du rôle de celui-ci et « pour éviter une apparence de problèmes ».

Également ancien chef du Service de police de la Ville de Montréal, Jacques Duchesneau a provoqué une onde de choc au Québec en déposant, à l'automne 2011, un rapport corroborant les révélations des médias sur la collusion et la corruption dans l'industrie de la construction et des travaux publics, ainsi que sur le financement occulte des partis politiques.

En raison de ses prises de position publiques, Jacques Duchesneau avait été congédié en octobre 2011 par le directeur de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière. Son témoignage devant la commission Charbonneau a fait aussi couler beaucoup d'encre. Il a notamment admis avoir lui-même divulgué le contenu de son rapport final à une journaliste à l'automne 2011.

La candidature de Jacques Duchesneau constitue une autre grosse prise pour la CAQ qui a récemment recruté l'ex-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, et l'ex-présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec, Maud Cohen.

Jean Charest dénonce un discours « démagogique » du nouveau candidat

En conférence de presse à Lévis quelques minutes après l'officialisation de la candidature de Jacques Duchesneau, le chef libéral Jean Charest a cherché à montrer que le nouveau candidat caquiste semblait avoir tendance à changer d'avis sur des questions selon lui fondamentales. Jacques Duchesneau avait pourtant déclaré, dit-il, ne pas être intéressé par la politique, « et vous l'avez tous cru, nous l'avons cru ».

Ceci dit, Jean Charest estime que chaque candidat a droit au respect, y compris monsieur Duchesneau.

Interrogé sur une déclaration de Jacques Duchesneau à l'effet que le Plan Nord est un instrument servant les intérêts libéraux, Jean Charest a déclaré qu'il s'agissait là de « pure démagogie ».

Il s'est aussi insurgé contre la note de 2 sur 10 que lui a attribué le candidat caquiste dans Saint-Jérôme en ce qui concerne la lutte contre la corruption, la jugeant peu cohérente: « Il en a fait beaucoup, des déclarations, monsieur Duchesneau, en commission parlementaire, il a quand même dit que nous avions pris des mesures coriaces, qu'on s'en allait dans la bonne direction, que nous étions déterminés ».

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