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A Juba, Clinton exhorte les deux Soudans à des "compromis"

03/08/2012 05:52 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, en brève visite à Juba, a pressé le Soudan et le Soudan du Sud d'accepter des "compromis" pour régler les différends qui empoisonnent leurs relations depuis la partition soudanaise et les ont conduits au bord de la guerre.

"Il est urgent que les deux parties, Nord et Sud, aillent au bout de leurs efforts et parviennent dans les plus brefs délais à des accords sur toutes les questions en suspens", a déclaré Mme Clinton devant la presse.

"Les deux pays vont devoir trouver des compromis pour combler les divergences qui subsistent entre eux", a-t-elle ajouté, en référence aux sujets non réglés par l'accord de paix signé en 2005 entre Khartoum et Juba et ayant débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud, le 9 juillet 2011.

"Même si le Soudan du Sud et le Soudan sont désormais des Etats séparés, leurs destins restent inextricablement liés. Les promesses de prospérité reposent sur les perspectives de paix", a-t-elle souligné.

La chef de la diplomatie américaine est arrivée vendredi matin au Soudan du Sud pour une brève étape dans le plus jeune Etat du monde, dans le cadre d'une longue tournée en Afrique dont elle visitera sept pays.

Mme Clinton, plus haute personnalité américaine à se rendre au Soudan du Sud depuis la partition du Soudan, a rencontré le président Salva Kiir et le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères Nhial Deng Nhial.

Elle ne devait rester que trois heures environ à Juba, avant de retourner à Kampala, la capitale ougandaise où elle est arrivée jeudi soir en provenance du Sénégal.

Au cours de son entretien avec le chef de l'Etat sud-soudanais, Mme Clinton devait réaffirmer l'"amitié solide" de Washington à l'égard du Soudan du Sud, mais surtout faire part de "l'inquiétude" des Etats-Unis "face à des questions fondamentales qui ne sont toujours pas résolues, qui n'avancent pas et qui continuent de diviser les deux pays," avait expliqué un haut responsable américain dans l'avion qui amenait la secrétaire d'Etat de Dakar à Kampala.

Les Etats-Unis ont soutenu les rebelles sudistes au cours des décennies de guerre civile qui les ont opposés au régime de Khartoum.

Parmi les questions qui continuent d'empoisonner les relations entre les deux Soudans et menacent de dégénérer en conflit ouvert, figurent la démarcation de la frontière commune, le statut de zones contestées et le partage de la manne pétrolière du Soudan d'avant la partition.

Des pourparlers en cours à Addis Abeba, sous l'égide de l'Union africaine (UA), n'ont pour l'heure débouché sur aucun progrès notable.

Un ultimatum donné le 2 mai par le Conseil de sécurité de l'ONU aux deux pays pour régler leurs différends, sous peine de sanctions, a expiré jeudi soir, alors que cette semaine des pays membres du Conseil ont intensifié leurs pressions sur Juba et Khartoum.

La question du pétrole menace en outre sérieusement les économies des deux pays.

Juba, qui a récupéré les trois quarts des réserves pétrolières du Soudan d'avant la partition mais dépend des oléoducs de Khartoum pour exporter son brut, a stoppé sa production depuis janvier, furieux que le Soudan en prélève une partie faute d'accord entre eux sur le montant des redevances de passage.

Cet arrêt de la production a privé le jeune Etat de l'essentiel de ses ressources et entraîné une forte poussée de l'inflation, mais également aggravé la situation économique déjà difficile de son voisin.

Les deux pays s'accusent également mutuellement de soutenir des groupes rebelles sur le territoire de l'autre.

"Des défis importants subsistent" après un an d'existence du Soudan du Sud, a aussi souligné Mme Clinton, évoquant la violence persistante à la frontière soudanaise, les tensions ethniques - dont certaines ont dégénéré en affrontements très meurtriers en début d'année - et les insuffisances en matière d'infrastructures et d'Etat de droit.

"La poursuite des progrès dépend de la capacité du Soudan du Sud à surmonter ces défis", a-t-elle prévenu.

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