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Le PQ va annuler la hausse des frais de scolarité

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PAULINE MAROIS LEO BUREAU BLOUIN
PC

LAVAL, Qc - Candidat vedette du Parti québécois (PQ), l'ex-leader étudiant Léo Bureau-Blouin a suggéré jeudi aux associations étudiantes de cesser les hostilités jusqu'au scrutin du 4 septembre.

En marge d'une activité partisane tenue à Laval aux côtés de sa chef Pauline Marois, l'ancien président de la Fédération étudiante collégiale (FECQ) a dit craindre que la reconduction possible de la grève à la mi-août, en pleine campagne électorale, serve les intérêts électoraux des libéraux de Jean Charest.

Il ne s'agit pas de museler les étudiants en lutte contre la hausse des droits de scolarité, a tenu à préciser le candidat de Laval-des-Rapides, mais plutôt d'assurer un déroulement serein de la campagne électorale.

«Je pense qu'il faut trouver un moyen d'avoir un climat pacifique et c'est la raison pour laquelle je suggère l'idée d'une trêve électorale. Il faut prendre toutes les précautions pour ne pas favoriser les libéraux», a expliqué le jeune candidat péquiste.

«Je n'ai pas de mot d'ordre à donner aux étudiants, je ne ferai pas la tournée pour dire aux gens quoi faire mais (...) je pense que (la trêve) devrait faire partie des discussions», a-t-il poursuivi.

Compagnon de route de la cause étudiante depuis le tout début du débat, Québec solidaire a fortement réagi à la déclaration de M. Bureau-Blouin.

Pour la coporte-parole de la formation de gauche, Françoise David, cet appel au cessez-le-feu sent l'opportunisme politique à plein nez.

En entrevue, la candidate de Gouin a dit trouver «embarrassant» de voir l'ex-leader étudiant «se prêter à ce jeu» alors «qu'il y a à peine un mois et demi, deux mois, il marchait avec les étudiants».

«Il a rejoint les rangs du Parti québécois et ce que le Parti québécois souhaite effectivement, c'est que tout ça arrête. C'est parfaitement illusoire. Et je pense en fait que la classe politique devrait s'abstenir de donner des conseils et des leçons aux étudiants», a-t-elle estimé.

Le chef libéral, de son côté, a livré un discours acrimonieux contre cette prise de position du PQ et de M. Bureau-Blouin en faveur d'une «trêve» étudiante : «Mme Marois a cédé et elle nous l'a confirmé [jeudi]. Après avoir affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un enjeu de la campagne, elle vient d'indiquer que c'en était un. Les leaders étudiants ont même dit non à la solution présentée [par le PQ].»

«Nous avons, depuis le printemps dernier, fait face à un mur d'intransigeance, dont Mme Marois n'a jamais voulu admettre l'existence, car elle en faisait partie. [Jeudi], Pauline Marois a goûté à sa propre médecine», a ajouté M. Charest.

Au jour 2 de la campagne électorale, la chef péquiste a fait une longue balade en métro — 18 stations — en compagnie de M. Bureau-Blouin et d'une brochette de candidats et députés sortants de la région métropolitaine, histoire de démontrer qu'elle est près du peuple et des préoccupations de la rue.

Elle a par la suite visité le marché public Atwater, où elle a croisé la députée libérale sortante de Saint-Henri-Sainte-Anne, Marguerite Blais, qui faisait tranquillement ses emplettes.

Mme Blais et la candidate péquiste de la circonscription, la comédienne et journaliste Sophie Stanké, ont échangé quelques propos aigre-doux sur les mérites de leur parti respectif.

Planifié avec soins, le bain de foule de Mme Marois était manifestement destiné à narguer le chef libéral Jean Charest, qui n'a de cesse, depuis plusieurs semaines, d'associer la leader péquiste aux clameurs de la rue.

«C'est mieux d'être dans la rue avec le vrai monde qu'à Sagard (le manoir de l'homme d'affaires Paul Desmarais situé dans les confins de Charlevoix en pleine forêt) avec les plus riches de ce monde», a fait remarquer M. Bureau-Blouin, abondamment sollicité par les médias.

Plus tôt en matinée, la chef du Parti québécois a présenté ses engagements en matière d'éducation. Elle promis qu'un gouvernement du PQ annulerait, dans les 100 premiers jours de son mandat, la hausse «de 82 pour cent» des frais de scolarité décrétée par le gouvernement Charest.

Un gouvernement dirigé par Mme Marois tiendrait durant cette même période un vaste sommet sur la gestion et le financement des universités et abrogerait la loi 78, une législation d'exception que la leader souverainiste juge «ignoble».

Selon Mme Marois, l'idée d'un sommet «reçoit l'appui d'une majorité de Québécois» et elle permettra de régler la crise étudiante et sociale.

En point de presse, elle a reproché à ses principaux adversaires politiques, M. Charest et François Legault, de refuser d'examiner la question de la gestion des universités.

Ils veulent plutôt «augmenter les frais de scolarité de façon drastique, endetter la jeunesse Québécoise et faire durer la crise avec la loi 78», a-t-elle argué.

M. Bureau-Blouin, qui a défendu le gel des frais de scolarité en tant que président de la FECQ le printemps dernier, a dit continuer de croire que le gel était une «politique gagnante», mais il entend se rallier au consensus qui se dégagera du sommet.

Le jeune homme a fait valoir qu'il était d'abord et avant tout un «homme de consensus» qui ne verse pas dans le dogmatisme.

Il a par ailleurs déclaré avoir été étonné «de la rapidité et de la véhémence avec laquelle Charest s'est attaqué à (sa) candidature». M. Charest a soutenu mercredi que M. Bureau-Blouin était l'un des «instigateurs» de la crise étudiante.

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