Place au cinéma! Liverpool, Zarafa, Total Recall, 360... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.

Loading Slideshow...
  • ZARAFA (3)

    <strong>France. 2011. 78 min.</strong> Film d'animation de Rémi Bezançon,Jean-Christophe Lie. Soudan, 1827. Maki, un jeune garçon, vit sous la férule de l'esclavagiste français Moreno. Un jour, Maki réussit à s'évader. Rattrapé par son geôlier, il est sauvé par une girafe qui meurt sous les balles de Moreno. Zarafa, un girafon, se retrouve ainsi orphelin. Lorsque Zarafa est capturé par Hassan, un Bédouin chargé de trouver un girafon pour le vice-roi d'Égypte qui veut en faire cadeau au souverain français Charles X, Maki suit le chasseur et finit par s'attirer sa sympathie, d'autant qu'il est le seul capable de s'occuper de Zarafa. Parvenu à Alexandrie, dont le port est assiégé par les Turcs, le vice-roi demande à Hassan d'expédier le girafon en France, l'objectif de ce cadeau étant de sceller une alliance entre les deux pays contre l'empire otoman. Ainsi, Hassan et Zarafa s'envolent-ils en ballon vers Paris. Croyant avoir laissé Maki derrière lui, le chasseur réalise que l'enfant est à bord d'un bateau pirate qui les suit. Après moult péripéties, Hassan et Maki débarquent à Paris, mais leurs aventures sont loin d'être terminées. Ce récit librement inspiré d'un fait historique mise sur un scénario fertile en rebondissements duquel émane un charme suranné irrésistible. Exécutée avec soin et élégance, l'animation traditionnelle est somptueuse tandis que la réalisation proprement dite affiche un haut niveau de qualité. Très typés, les personnages n'en sont pas moins savoureux.

  • LIVERPOOL (5)

    <strong>Canada. 2012. 113 min.</strong> Thriller de Manon Briand avec Stéphanie Lapointe, Charles-Alexandre Dubé, Louis Morissette. Voulant remettre son manteau à une cliente victime d'une surdose la veille, Émilie, timide préposée au vestiaire d'un bar branché, se fait passer pour celle-ci aux yeux de David, fils unique d'un riche homme d'affaires à l'agonie. À la suite de ce quiproquo, la jeune femme se retrouve mêlée à une sombre histoire d'héritage. Aspirant journaliste secrètement amoureux d'Émilie, Thomas aidera cette dernière à retracer celle avec qui David doit partager la fortune familiale. Au fil de l'enquête, tous deux devront affronter des membres du crime organisé impliqués dans l'enfouissement illégal de déchets électroniques. Thomas n'aura d'autre choix que de se servir de ses contacts sur les réseaux sociaux pour les sortir du pétrin. Reposant sur un scénario ambitieux combinant des éléments de romance, de thriller et de critique sociale, LIVERPOOL souffre de quelques passages moralisateurs et passéistes. Si la réalisation de Manon Briand (2 SECONDES) s'avère vivante, elle est hélas trop souvent alourdie par l'interprétation inégale de Stéphanie Lapointe et Louis Morissette.

  • TOTAL RECALL - MEMOIRES PROGRAMMEES (Total Recall) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 118 min.</strong> Science-fiction de Len Wiseman avec Colin Farrell, Kate Beckinsale, Jessica Biel, Bryan Cranston, Bill Nighy. À la fin du 21e siècle, seuls deux territoires demeurent habitables sur la Terre: la United Federation of Britain et la Colonie, qui correspondent à une infime partie de la Grande-Bretagne et de l'Australie. Les ouvriers qui construisent des robots-policiers font la navette entre les deux par un tunnel qui transperce le coeur de la planète. L'un d'eux, Douglas Quaid, rêve d'une autre vie. Pour ce faire, il prend contact avec Rekall, une agence dont la spécialité consiste à implanter dans la mémoire une expérience complète et virtuelle. Mais la séance tourne mal et Quaid se découvre un passé mystérieux d'agent secret. Il est aussitôt pris en chasse par les autorités qui le recherchent pour trahison. Bien malgré lui, Quaid se retrouve impliqué dans un complot du gouvernement visant à envahir la Colonie avec les robots que fabriquent les ouvriers. Cette adaptation d'une nouvelle de Philip K. Dick se révèle en fait un remake peu inspiré du film de 1990. Tout dans ce récit aux enjeux nébuleux et schématiques est sacrifié au profit de scènes de poursuites spectaculaires et de décors impressionnants. La réalisation se veut nerveuse et Colin Farrell offre un jeu musclé à défaut d'être nuancé.

  • 360 (5)

    <strong>Grande-Bretagne. 2011. 110 min.</strong> Drame sentimental de Fernando Meirelles avec Anthony Hopkins, Jude Law, Rachel Weisz, Ben Foster, Moritz Bleibtreu, Jamel Debbouze, Marianne Jean-Baptiste. À Vienne, un homme d'affaires anglais prend rendez-vous avec une prostituée d'origine slovaque. Mais au dernier moment, par gêne, il décide de ne pas utiliser ses services. À partir de cet incident, les destinées de différentes personnes liées de près ou de loin à ces derniers vont s'entrecroiser. De Paris à Londres en passant par Denver, ces êtres en quête d'amour ou d'indépendance se rencontrent dans de curieuses circonstances. C'est ainsi que l'épouse de l'homme d'affaires entretient une liaison avec un jeune photographe brésilien, ce qui pousse la copine de celui-ci à le quitter pour rentrer au Brésil. En route vers Rio et bloquée à l'aéroport de Denver, elle fait la connaissance d'un père à la recherche de sa fille disparue, et d'un agresseur sexuel sorti de prison. Il manque à cette adaptation libre de la pièce "La Ronde" d'Arthur Schnitzler la fougue si caractéristique à Fernando Meirelles (CITÉ DE DIEU, BLINDNESS). Optant pour un style très décoratif, le cinéaste enchaîne les destinées de façon trop souvent forcée et schématique. Toutefois, la diversité des paysages urbains et la distribution éclectique impressionnent.

  • AI WEIWEI: NEVER SORRY (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 91 min.</strong> Documentaire de Alison Klayman. Artiste pluridisciplinaire, le Chinois Ai Wei-wei est mondialement connu pour ses expositions de photographies, ses installations en art contemporain, ses réalisations architecturales et sa contribution à la conception du stade de Beijing dit "le Nid d'oiseau". Mais depuis quelques années, sa dissidence ouverte vis-à-vis de son gouvernement anti-démocratique, exprimée dans la bloguosphère et tout particulièrement dans les médias sociaux (Twitter), ont fait de lui un ennemi de la nation. Bien qu'il soit protégé par sa notoriété mondiale, sa forteresse menace continuellement de s'effondrer. Si l'activiste qu'incarne Ai Weiwei se retrouve ici en pleine lumière, l'homme, complexe et un brin mégalomane, est trop souvent renvoyé dans l'ombre. Instructif, éclairant, admiratif, ce documentaire cultive l'ambiguïté. La réalisation technique impeccable, dépourvue d'audace, vise avant tout à faciliter l'accès du film au spectateur lambda.

  • DIARY OF A WIMPY KID: DOG DAYS (0)

    <strong>États-Unis. 2012. 94 min.</strong> Comédie de David Bowers avec Zachary Gordon, Robert Capron, Devon Bostick, Peyton List, Steve Zahn, Rachael Harris. Durant les vacances estivales, un adolescent gaffeur qui espérait passer tout son temps à jouer aux jeux vidéo, voit ses plans contrecarrés par son père et a le coup de foudre pour une fille de son âge.

  • LA ROUTE DEVANT (4)

    <strong>Canada. 2011. 94 min.</strong> Documentaire de Stefan Ivanov. Comme son père et son grand-père, Tatako est musicien et enchante avec son orchestre les quartiers de Sliven. Veska, elle, se prépare avec émotion à participer à la foire aux mariées. Quant à Rady, c'est les yeux brillants qu'il évoque son métier chéri de dresseur d'ours. Ceci, sans parler de ce vieux veuf qui vient se recueillir devant l'autel dressé à sa femme dans son jardin ou de cet homme forcé à dépecer de vieilles télévisions pour en récupérer le fer, son véritable métier de chaudronnier-étameur étant en voie de disparition. Tous ensemble, ils composent le visage multiple et insaisissable de la communauté tzigane, un peuple nomade aux traditions millénaires qu'ils ont du mal à préserver dans un monde en perpétuelle mutation. D'origine bulgare, le cinéaste Stefan Ivanov retourne sur sa terre natale pour partir à leur rencontre et mieux comprendre leur mode de vie et leur façon unique d'affronter les difficultés, notamment matérielles, avec une fougue et une soif de liberté irrépressibles. Visiblement fasciné, Stefan Ivanov observe les Tziganes de Bulgarie avec bienveillance. Malgré un prologue maladroit, l'approche de cinéma direct rend vivantes les rencontres avec les colorés personnages. Réussissant à doser l'approche intimiste avec un portrait plus général, le film souffre néanmoins d'un montage qui traîne en longueur.