QUÉBEC – L’opéra The Tempest mis en scène par Robert Lepage a été présenté en première mondiale hier soir au Grand Théâtre de Québec.

Né d’une collaboration entre le Metropolitain Opéra de New York, l’Opéra de Vienne et le Festival d’opéra de Québec, le spectacle à grand déploiement charme dès les premières notes jouées par l’orchestre. La grande force de The Tempest ? Sans aucun doute les décors des ses deux premiers actes.

Incroyablement ingénieuse, la scénographie élaborée par Jasmine Catudal donne d’abord au public l’impression de se trouver directement sur la scène. Du jamais vu. Mis en lumière par Michel Beaulieu, l’habillage visuel de la production est si léché et grandiose qu’il nous donne l’impression de vivre un rêve.

Le spectacle commence par ladite tempête, savamment mise en scène par M. Lepage qui nous présente l’envoûtant personnage de Ariel. C’est d’ailleurs son interprète, Audrey Luna, qui vole la vedette à ses collègues tout au long du spectacle de par ses acrobaties en hauteur et sa façon de bouger si typée. Mais c’est surtout sa voix qui impressionne, un type de voix très rare appelé « colorature » qui permet à la chanteuse de réaliser des vocalises hautement complexes et très aiguës.

L’attachant personnage de Caliban sort également du lot de par le grand charisme de son interprète Frédéric Antoun. On remarque aussi Gonzalo, interprété par le chanteur d’opéra octogénaire Joseph Rouleau qui a reçu un accueil très chaleureux de la part du public.

The Tempest, c’est aussi la rencontre entre deux génies créatifs de haut niveau : Robert Lepage, bien sûr, et le compositieur britannique Thomas Adès qui dirige les musiciens lors de la représentation. C’est à ce dernier qu’on doit l’adaptation musicale de la pièce de Shakespeare qui se situe quelque part entre la musique contemporaine et classique. Des pièces musicales d’une grande beauté qui appuient cependant mal les paroles des chansons qui ne semblent pas trouver leur place à travers les notes.

Le talent de d’autres artistes de renom a également été mis à profit pour The Tempest. C’est le cas du chorégraphe Crystal Pite, dont on a pu voir le travail en mars dernier à la Salle Multi de Méduse. Ceci dit, l’artiste qui jouit actuellement d’une réputation plus qu’enviable sur la scène internationale, n’est pas mis en valeur par The Tempest. La production laisse peu de place et de temps à ses passages dansés interprétés par un petit groupe de danseurs noyés parmi une bonne trentaine de choristes et solistes.

Aux costumes, mentionnons également le travail de Kym Barret qui a auparavant été engagée pour des films comme The Matrix et Spiderman et qui signe cette fois-ci des tenues pailletées qui collent au style de chacun des personnages. Des personnages qui, au final, marquent moins que les décors qui les entourent.

The Tempest est présenté au Grand Théâtre de Québec les 28 et 30 juillet, ainsi que le 1er août 2012.

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