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Fills Monkey: The Incredible Drum Show à Zoofest : l'art de tout dire en sons et en musique

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INCREDIBLE DRUM SHOW
Zoofest

Il y a de ces découvertes qui laissent sans voix et de ces spectacles aussi simples qu'inouïs. Il y a de ces soirées où, en parfaite connivence avec un ou des artistes, on a l'impression de faire partie - nous, heureux élus mais tout simples spectateurs - d'un joli moment de folie. C'est exactement ce qui s'est produit mardi soir au théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts lors de la première nord-américaine de The Incredible Drum Show du déjanté duo parisien Fills Monkey.

Imaginez deux hommes ayant l'allure de deux gamins (pantalons courts, bretelles, chemises blanches, cravates d'écolier) et deux batteries identiques, semblables à celle du grand Ringo Star. Imaginez une scène épurée, sans artifice, mettant l'emphase sur ces hommes-enfants trop heureux derrière leurs précieux jouets. Ajoutez à celà des éclairages réglés aux quart de tour, des accessoires de plus en plus improbables, une intelligence artistique unique et un talent fou et vous aurez une petite idée de ce que propose Fills Monkey dans leur Incredible Drum Show.

Le reste, le coeur du spectacle, il faut absolument le voir pour le croire, car c'est en direct que ce duo d'égo de musiciens à la moi-je-peux-faire-ça-et-toi-tu-ne-peux-pas prend tout son sens. Sous le charme, on assiste à une complicité musicale se tranformant en duel de batteurs sympathiques. Car les garçons ne font pas que jouer de la batterie, ils s'expriment, se confrontent, s'emportent, se taquinent et rêvent à travers leur musique jusqu'à prendre vie à travers celle-ci. Le tout sans jamais dire un mot!

N'allez pourtant surtout pas croire qu'il n'y a rien à comprendre à un spectacle quasi-muet. Au contraire, l'exercice est tout à fait concluant et pousse même à la réflexion: Et si les paroles n'étaient pas si importantes au fond? Et s'il était permis de communiquer autrement...? À travers solos de batterie à la raquette de tennis, jongleries incluant balles et tambour, symphonie de bâtons lumineux, dispute en sons et onomatopées, dialogues au gazou, sychronicité parfaite et reprises de chansons populaires en mimes musicaux - sans un mot - on saisit tout.

«On essaie d'y aller mollo avec l'humour au deuxième degré au Québec», ont d'ailleurs blagué les incroyables percussionnistes Yann Coste et Sébastien Rambaud en fin de spectacle (car dans la vraie vie ils parlent, oui oui!). «Désolé , nous sommes Français!», ont-ils ajouté, sarcastiques mais visiblement touchés par ce bonheur instantané propagé dans l'assistance.

Le duo sacré révélation de Zoofest a utilisé de vrais mots pour nous rappeller qu'ils poursuivent ce spectacle les 25-26-27 et 28 juillet prochains à la Salle Jean-Duceppe. Ils auraient tout aussi bien pu le rythmer, le grimacer ou le gazouiller que nous y serions retournés.

Présenté dans le cadre du Zoofest