Roger Waters à Québec: nous y étions!

Publication: Mis à jour:

En tant que journaliste, j'aurais pu me retrouver confortablement assise sous une tente média pour cette soirée historique. J'aurais aussi pu me rendre sur le site en soirée, quelques heures seulement avant le spectacle, et m'y faufiler par une entrée presque secrète. Mais j'ai tenu à vivre l'événement The Wall comme une vraie de vraie fan de Waters et de Pink Floyd, en compagnie de ces gens venus de partout pour le spectacle d'une vie.

Nous nous sommes rendus à l'entrée des Plaines d'Abraham vers midi trente, avec une glacière remplie de breuvages rafraîchissants et de vivres pour la journée, prêts à passer presque six heures sous un soleil parfait. L'excitation déjà bien enclenchée. Enfin, nous y étions!

Tout autour, les chandails à l'effigie de Pink Floyd et de Waters se multipliaient, calmement mais sûrement, et la foule - composée plutôt de vacanciers heureux - se colorait peu à peu de gens maquillés et costumés.

La panoplie de chaises d'extérieur, de couvertures, de parasols et de glacières, que l'on ne comptait plus et qui semblaient si précieuses, allaient pourtant finir leur journée piétinés, laissés pour morts sur le site, dès l'ouverture des portes.

Vers 18h15, les spectateurs se sont empressés d'envahir les Plaines, à la recherche de l'endroit le plus près possible de Waters et de son armée.

Devant nous, LE Mur blanc de 222 mètres était déjà imposant bien qu'en pièces. Il n'était que fragmenté, mais on avait hâte, on imaginait déjà à ce qu'il pouvait ressembler.

La suite - après les quelques trois autres heures d'attente passées debout au milieu des Plaines - tout le monde la connaît.

J'ajouterai seulement ceci: jamais dans ma vie je ne me suis sentie faire autant partie d'un monde à part comme ce fut le cas lors de l'interprétation magistrale de Waters dans la pièce «Run Like Hell». Les bras qui battaient la mesure et le cœur en feu, je n'étais plus cette jeune fille ébahie devant un spectacle plus grand que nature; je faisais partie de cette armée de jeunes fous subjugés et emportés par ce je-ne-sais-quoi de trop beaucoup grand pour être contenu ou refoulé. Un moment inimaginable et malheureusement inexprimable avec de simples mots.

Presque deux heures de pure extase plus tard, nous avons quitté les Plaines encore fortement ébranlés de que nous venions de vivre. «Il faut que j'aille m'asseoir pour prendre le temps de repenser à tout ça», m'a dit mon ami Simon, le plus sérieusement du monde.

Amina, quant à elle, dormait dans l'herbe, sur les cuisses de sa maman. À six ans, la petite originaire de l'Île-du-Prince-Édouard venait de vivre son premier concert à vie, et quel concert! «Maman, tu es la meilleure maman du monde!», a d'ailleurs crié la fillette tout au long de la soirée. Une meilleure maman du monde qui n'a pas hésité à débourser plusieurs centaines de dollars pour faire vivre cet événement historique à toute sa famille. «Mon ado m'a dit: "Maman nous ne pouvons pas manquer ça!". Nous avons donc dû retarder le retour chez nous pour voir le spectacle», a-t-elle expliqué, ajoutant que le moment préféré de sa fille fut l'introduction «pour les feux d'artifice».

Pas très loin, Louis, originaire de l'île d'Orléans, quittait les Plaines en jubilant, un morceau du Mur sous le bras. «Cela a une signification très particulière pour moi», a-t-il dit. «Ça représente une certaine période de ma vie. J'ai dû jouer du coude pour obtenir ce morceau du Mur», a-t-il ajouté. Un morceau avec lequel il allait d'abord surprendre sa femme et ses enfants à son retour à la maison puis pour lequel il se promet de «trouver une belle place de choix avec ses autres souvenirs.»

Quant à moi - alors que les 200 techniciens et travailleurs s'affairaient déjà à démonter le Mur - j'ai repris le chemin de la vraie vie, plus tout à fait la même et définitivement fière de pouvoir aujourd'hui crier haut et fort: «J'y étais!».

À lire aussi sur le HuffPost Québec

Les Plaines d'Abraham en feu!
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction

Sur le web

The Wall : il était une fois un crachat…

CONCERT HISTORIQUE