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RIMPAC: près de 25 000 militaires s'entraînent au large des côtes hawaïennes

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Après des années de cale sèche, le lieutenant de vaisseau Raphaël Darsigny, officier navigateur à bord du NCSM Victoria, se réjouit que son sous-marin participe enfin à un exercice international. «On a bien hâte de montrer à nos alliés ce qu’on peut faire. »

L'officier canadien participe actuellement à Hawaii au plus grand exercice aéronaval au monde: le Rim of the Pacific Exercise (RIMPAC). L'exercice, qui réunit vingt-deux pays, six sous-marins, 42 navires, près de 200 aéronefs et environ 25 000 militaires, a commencé fin juin et se termine le 3 août prochain.

Se déroulant tous les deux ans, RIMPAC est le plus important exercice du genre au monde et vise à préparer les forces militaires des pays bordant l’océan Pacifique à collaborer dans le cadre de missions allant de l’aide humanitaire aux opérations de combat. De nombreux scénarios sont mis en place.

Des 25 000 militaires présents à l’exercice, 1 400 viennent du Canada.

En plus de déployer plusieurs navires, CF-18, Aurora et Polaris, les Forces canadiennes envoient aussi le sous-marin NCSM Victoria, qui aura l’occasion de tirer sa première torpille.

Habituellement réservé aux officiers américains, RIMPAC 2012 voit pour la première fois des officiers d’autres pays prendre la direction des opérations. Ainsi, le contre-amiral Ron Lloyd et le brigadier général Michael Hood, de la Marine et de l’Aviation royale canadienne, agissent à titre de numéro deux de RIMPAC et de commandant de la composante aérienne. Pour sa part, le commodore Peter Ellis est à la tête d’un groupe opérationnel amphibie sous le commandement de l’USS Essex, porte-avions de la marine américaine.

Le ministre de la Défense, Peter MacKay, affirme qu’il s’agit d’une reconnaissance des compétences du Canada, qui a joué au cours des dernières années un rôle de leader en Afghanistan, en Libye et à Haïti.

Le contre-amiral Ron Lloyd rappelle l’importance de la région du Pacifique pour le commerce international et les intérêts économiques du Canada. « Mais elle est aussi trop large et complexe pour n’être protégé que par une seule nation. […] Participer à RIMPAC et effectuer régulièrement des déploiements dans la région du Pacifique nous permet aussi de renouveler notre attention dans la région sur une base bisannuelle. »

« La sécurité dans la région n'est pas très solide», déclare le contre-amiral à la retraite Roger Girouard, qui a servi comme commandant des forces maritimes du Pacifique jusqu'en 2007. Pour de plus en plus de nations, la façon de surmonter ces choses est d’exercer leur présence. »

Le commodore Peter Ellis précise en effet que la région n’est pas sans danger, d’où l’existence de RIMPAC. « Il y a toujours des risques régionaux. Il y a des cellules terroristes dans beaucoup des pays du Pacifique. Ce sont des voies maritimes et la stabilité du Canada en a déjà été affectée. Souvenez-vous aussi des Tamouls. À deux reprises on a vu des navires qui ont traversé le Pacifique et amené des immigrés illégaux. »

Rappelons que le ministre de la Défense souhaite implanter une base militaire canadienne à Singapour, ou tout du moins une « plaque tournante militaire ».

Début juin, il avait indiqué que plusieurs de ses homologues asiatiques étaient nerveux face aux démonstrations de force de la Chine, y compris ses réclamations territoriales en mer de Chine méridionale, potentiellement riche en ressources.

RIMPAC avant RIMPAC

Mi-juin, les navires NCSM Algonquin et NCSM Ottawa se sont rendus à San Diego, en Californie, avant de prendre la route pour la base navale américaine de Pearl Harbor, à Hawaii, avec d’autres navires.

Pour traverser les plus de 4 000 kilomètres qui séparent San Diego d’Honolulu, il aura fallu près de 10 jours aux 10 navires présents et l’Algonquin a joué un rôle important durant cette période.

« Notre rôle [durant la traversée] est de supporter un staff américain à bord pour contrôler les mouvements des autres navires et gérer les exercices qu’on fait durant notre voyage », précise le capitaine de corvette Pascal Belhumeur, commandant en second du NCSM Algonquin.

Présent à bord de l’Algonquin, le commodore Bill Parker de la US Navy a d’ailleurs pris la tête des opérations lors de certaines manœuvres « critiques », comme une formation rapprochée.

L’équipage, lui, ne manque pas de travail. Entre les exercices, les manœuvres, les alertes et le quotidien d’une vie sur un navire avec peu d’espace, il n’est pas étonnant de voir les marins fatigués, avant même le début de RIMPAC.

Il est malgré tout important pour les marins de rester vigilants, car le danger rôde partout à bord d’un navire: d’une brèche dans la coque à l’incendie à bord, en passant par des radiations, une attaque d’un bateau hostile ou un homme pouvant tomber à l’eau.

Le commandant de l’Algonquin n’est pas à l’abri et s'est d’ailleurs blessé assez gravement le soir-même du départ des États-Unis. Il finira par être héliporté jusqu’à un hôpital de San Diego où il passera plusieurs jours en observation. En son absence, c’est le commandant en second Belhumeur qui prendra les rênes du navire jusqu’à l’arrivée de l’Algonquin à Pearl Harbor.

« Il ne faut jamais tourner le dos à l’océan », déclarera le caporal Armstrong, pompier à bord.

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