MONTRÉAL - Le festival Échofête de Trois-Pistoles pourrait bien ne pas célébrer son 10e anniversaire en raison d'un différend entre les organisateurs et la municipalité au sujet de la participation d'un porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, aux festivités.

Le maire de la ville, Jean-Pierre Rioux, et les bailleurs de fonds de l'événement ont menacé de lui retirer leur soutien financier s'il maintenait l'invitation adressée à M. Nadeau-Dubois, qu'ils considèrent comme le porte-étendard de la désobéissance civile.

Les relations entre les deux camps avaient déjà été éprouvées par l'annonce d'un atelier sur la désobéissance civile proposé en marge de l'événement par Moratoire d'une génération, un groupe qui milite entre autres contre l'exploitation des gaz de schiste.

La ville a convoqué une réunion lundi matin avec les partenaires financiers et le conseil d'administration du festival afin de régler la question.

Le président d'Échofête, Mikaël Rioux, s'est dit extrêmement déçu de la tournure des événements.

Il a assuré que les organisateurs cherchaient déjà des solutions de rechange pour pallier à toute éventualité, notamment en ce qui concerne le site principal du festival, qui se trouve actuellement sur un terrain appartenant à la ville.

«Toute notre programmation est montée autour de ce site, mais je pense qu'on va être capable de se retourner de bord. On est déjà en pourparlers avec des propriétaires privés qui pourraient peut-être nous accueillir», a-t-il révélé.

Quant au montant exact des subventions qui pourraient disparaître, M. Rioux ne sera pas fixé avant la rencontre de lundi. La décision concernant une subvention de 8000 $, qui devait être rendue juste avant l'ouverture du festival mercredi, a déjà été reportée au mois d'août.

Selon lui, la démarche de la municipalité est clairement motivée par des raisons politiques.

«C'est de la censure politique, s'est-il insurgé. Ils essaient de nous faire la morale en nous disant de ne pas faire de politique partisane, mais c'est eux qui en font. Nous, nous ne sommes pas prononcés en faveur d'un parti.»

Une employée de la Ville de Trois-Pistoles a indiqué vendredi que Jean-Pierre Rioux n'était pas disponible pour commenter l'affaire et que la municipalité publierait un communiqué après la réunion de lundi.

Gabriel Nadeau-Dubois a pour sa part déclaré qu'il n'était pas surpris que le maire Rioux, qui est président de l'Association libérale de Rivière-du-Loup, s'oppose à la venue du représentant de la CLASSE.

«C'est tout de même inacceptable qu'un élu se permette de remettre en question le financement d'un festival comme l'Échofête pour des préférences personnelles», a-t-il affirmé en entrevue avec La Presse Canadienne.

L'écrivain Victor Lévy-Beaulieu a aussi dénoncé la situation dans une lettre adressée aux médias, où il promet une guerre «impitoyable» à la ville si elle persiste à «démolir tout le travail que des dizaines et des dizaines d'audacieux entrepreneurs ont fait pour revitaliser la région».

Échofête, qui mêle musique, arts et conférences sur des thèmes touchant l'environnement, doit en principe se dérouler du 25 au 29 juillet.