La Commission des droits de la personne condamne la loi 78: Québec se défend

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On peut y lire: « Je désobéis à la loi 78 ». (AFP)
On peut y lire: « Je désobéis à la loi 78 ». (AFP)

Le gouvernement Charest et les leaders étudiants ont réagi à l'avis de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse qui juge plusieurs aspects de la loi 78 abusifs.

De passage à Paspébiac, en Gaspésie, le premier ministre Jean Charest a défendu la loi spéciale, affirmant qu'elle a été adoptée pour « protéger les Québécois et s'assurer que les étudiants puissent étudier ». « Le droit à l'éducation c'est sacré », a-t-il dit.

« Les tribunaux de droit commun auront l'occasion de se prononcer sur cette loi-là. Et on va évidemment plaider la justesse de cette loi-là devant les tribunaux de droit commun », a aussi affirmé le premier ministre, ajoutant du même souffle qu'il respectait les travaux de la Commission.

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, et la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne estiment qu'il était primordial d'intervenir pour arrêter la violence et que le gouvernement avait le devoir d'assurer que ceux qui souhaitent étudier et terminer leur session puissent le faire.

Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, affirme de son côté que cette décision va dans le sens des prétentions du mouvement étudiant.

« C'est une décision qui donne raison aux centaines de milliers de personnes qui se sont mobilisées au cours des derniers mois. Ce que la Commission vient de leur dire c'est qu'ils ont eu raison de se mobiliser, que c'est une loi injuste qui viole vos droits et vos libertés les plus fondamentales », clame le leader étudiant en ajoutant que des arguments seront repris devant les tribunaux pour faire invalider la loi.

« C'est évident que ça vient entacher une nouvelle fois le dossier des libéraux », a déclaré Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec qui espère que les Québécois « vont s'en souvenir lorsque viendra le temps de faire leur « x » sur le bulletin de vote ».

« Les libéraux ont perdu le contact avec la réalité. Les Québécois s'attendent de leur gouvernement qu'il défende la Charte des droits et libertés de la personne et l'intérêt de la majorité de la population avant de défendre les intérêts d'un parti politique », a lancé Yanick Grégoire, vice-président exécutif de la FEUQ.

La Coalition avenir Québec n'a pas réagi officiellement à l'avis de la Commission. La CAQ avait appuyé la loi 78 du gouvernement Charest. Jeudi matin, le chef du parti, François Legault a écrit sur son compte Twitter: « L'appui de la CAQ visait le retour aux études. Nous avions demandé au PLQ de scinder la loi pour exclure la partie sur les manif. » Et d'ajouter : « La CAQ propose déjà qu'on abolisse dès maintenant toute la partie de la loi sur les manifestations. »

Sans surprise, le Parti québécois et Québec solidaire, qui avaient dénoncé la loi 78, se sont réjouis des conclusions de la Commission.

Le directeur général de la Clinique juridique Juripop, Marc-Antoine Cloutier, s'est aussi réjoui de la décision et croit que l'avis de la Commission sera un outil précieux lorsque la requête en nullité de la loi sera entendue.

Juripop conteste la validité de la Loi 78 devant les tribunaux.

L'avis de la Commission s'ajoute aux arguments du Barreau du Québec, de l'ONU et de tous les organismes sans but lucratif qui ont publiquement annoncé une position similaire sur le sujet.