POLITIQUE

Shawn Atleo réélu chef de l'Assemblée des Premières Nations

18/07/2012 08:11 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT
PC

Shawn Atleo a été réélu chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN) avec 66 % des voix à l'issue du troisième tour de scrutin.

Le chef sortant a obtenu le vote de 341 des 512 chefs qui se sont prononcés. Il a largement devancé ses sept adversaires à chacun des trois tours.

La juriste Pamela D. Palmater, qui est originaire du nord du Nouveau-Brunswick, arrive en deuxième position avec 141 voix au troisième tour. Mme Palmater se veut partisane d'une approche plus musclée vis-à-vis d'Ottawa, alors que l'approche du chef sortant tend à être plus conciliante.

Au terme de six mois de campagne électorale, huit candidats se retrouvaient en lice : quatre femmes et quatre hommes, dont Shawn Atleo.

« C'est du jamais vu. C'est la première fois qu'il y a autant de candidats », a souligné Ghislain Picard, le chef régional du Québec pour l'APN, en entrevue à RDI. Selon lui, la multiplication des candidatures s'explique par les « positions controversées du gouvernement Harper », avec lequel l'Assemblée peine à engager un dialogue constructif, mais aussi par « la difficulté à trouver le bon maillon entre l'APN et les souhaits émis par l'ensemble des communautés ». Autrement dit, à trouver le « bon » chef qui sera le porte-parole des revendications de la base.

Pour Ghislain Picard, l'heureux élu n'aura finalement que deux options. « Soit il maintient le statu quo, soit il cherchera à engager [des pourparlers avec] le gouvernement fédéral », a-t-il affirmé, en craignant que la seconde option se heurte à « l'idéologie des conservateurs ».

Partage des richesses

Dans leurs discours prononcés mardi, les huit candidats ont tous mis de l'avant la question de la qualité de vie des Autochtones et les moyens de l'améliorer.

Shawn Atleo a souligné que les Premières Nations faisaient valoir leurs droits un peu partout au pays. Il a notamment cité en exemple les revendications des communautés amérindiennes dans le cadre du Plan Nord du Québec, le Cercle de feu de l'Ontario et les projets énergétiques et d'oléoducs de l'Ouest. « Je suis résolument à leurs côtés », a martelé le chef sortant.

Pour le chef régional de l'Ontario, Stan Beardy, ce soutien n'est pas suffisant. Il veut surtout savoir quel sort sera réservé aux Autochtones lorsque ces projets seront opérationnels. « Nous savons quel est notre problème, mais quelle est la solution? Nous voulons quelqu'un qui fera valoir notre compétence inhérente, de sorte que nous aurons accès à notre juste part », a expliqué M. Beardy, qui n'a pas ouvertement pris parti pour l'un des huit prétendants.

Pour assurer un meilleur accès des Autochtones à la richesse, Shawn Atleo propose de raviver les droits ancestraux contenus dans les traités, tout en faisant pression sur le premier ministre Harper pour qu'il tienne sa promesse de discuter de l'application des traités. « Les indices d'une volonté de la Couronne de discuter de l'implantation signifient que nous devons travailler de concert, en accord avec l'esprit et l'intention du traité », a souligné le chef sortant.

Certains de ses adversaires se sont montrés plus incisifs sur la question de l'exploitation des ressources naturelles. « Nous ne sommes pas contre le développement. Mais je suis contre un développement qui n'est pas durable, qui détruit la terre et les poissons et pollue les eaux », a lancé Ellen Gabriel, une Mohawk de Kanesatake, près de Montréal. « Nous ne voulons plus de ces histoires de mines. Elles nous ont assez contaminés comme ça », a-t-elle ajouté en citant surtout les mines d'uranium.