POLITIQUE

Rumeurs d'élections estivales: la FTQ adresse déjà ses demandes aux partis

16/07/2012 02:33 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT
Courtoisie

MONTRÉAL - Alors que les indices d'élections estivales deviennent de plus en plus évidents, la FTQ demande déjà aux partis politiques de se prononcer sur ses priorités.

Habituellement, la centrale syndicale convoque la presse, après le déclenchement d'une campagne électorale, pour présenter ses priorités et ses demandes aux partis politiques. Or, cette «plateforme» des revendications de la FTQ est déjà apparue sur le site web de la centrale, et ce, sous forme d'origami, c'est-à-dire un montage de papier à plier.

En entrevue lundi, le président de la FTQ, Michel Arsenault, a dit avoir trouvé la suggestion de fabriquer un origami avec les revendications de la centrale «fort originale» et propre à susciter des commentaires, ce que la centrale voulait justement faire avec ses positions.

La plus grande centrale syndicale du Québec sollicite ainsi l'opinion des partis politiques sur les quatre thèmes de sa plateforme, à savoir l'avenir des régimes de retraite, les droits du travail, l'activité économique et les services publics.

Entre autres, la FTQ revient à la charge avec sa demande de rendre plus généreux le Régime des rentes du Québec, en haussant légèrement les cotisations, afin d'assurer à tous une retraite décente. «L'argent ne pousse pas dans les arbres. Si on veut regarder plus loin que son nez et une longueur ou deux d'avance, et si on est vraiment préoccupé par la jeunesse d'aujourd'hui qui, un jour, va être à sa retraite, il faut prendre le taureau par les cornes», plaide M. Arsenault.

La centrale demande également aux partis de s'engager à moderniser les dispositions du Code du travail contre le recours aux travailleurs de remplacement, c'est-à-dire la loi antiscabs. Lorsque la loi a été adoptée, les ordinateurs portables et l'Internet n'existaient pas, ce qui fait qu'aujourd'hui «on peut briser une grève à partir de la maison chez nous», se plaint M. Arsenault.

La FTQ veut aussi que le dialogue soit restauré entre employeurs et syndicats dans le domaine de la construction. La loi qui a aboli le placement de main-d'oeuvre par les syndicats dans la construction a eu pour effet d'interdire ce dialogue, soutient M. Arsenault.

«Ça va être impossible pour le monde de la construction d'opérer sans référence de la main-d'oeuvre par les syndicats. On a une loi qui fait de nous la risée d'à peu près tous les gouvernements démocratiques du globe. Je vous mets au défi de trouver ailleurs une loi qui dit, entre autres, qu'un employeur et un syndicat qui se parlent vont être mis à l'amende. L'essence même, la base des relations de travail, c'est le dialogue entre les syndicats et les employeurs», proteste M. Arsenault, qui veut entendre les engagements des partis à ce sujet.

En matière de services publics, la FTQ demande entre autres l'abolition de la taxe santé et un débat sur le financement de l'éducation.

En matière d'activité économique, elle souhaite que soient favorisées la deuxième et la troisième transformations des ressources naturelles, afin de créer davantage d'emplois au Québec.

Pour un parti?

La FTQ n'a pas encore décidé si elle prendra ou non position pour un parti politique lors du prochain scrutin. Dans le passé, au niveau provincial, elle a déjà appuyé le Parti québécois, mais s'est aussi déjà abstenue d'appuyer un parti.

C'est un conseil général spécial, constitué de 250 représentants des syndicats affiliés à la FTQ, qui en décidera, lorsque les élections auront été officiellement déclenchées.

«Dès qu'une élection va être annoncée, moi j'ai l'obligation, en vertu des statuts de la FTQ, de convoquer un conseil général spécial, et là on va voir ce qu'on va faire. On a quelques opportunités: on peut donner notre appui à un parti politique, on peut également promouvoir le vote stratégique, c'est-à-dire aller dans chaque comté parler aux différents candidats et leur demander ce qu'ils pensent de notre plateforme et quels sont leurs engagements», a résumé M. Arsenault.

La FTQ compte plus de 600 000 membres.

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