Des militants de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) se rendront dans une vingtaine de villes du Québec d'ici la mi-août afin de discuter des valeurs qu'ils défendent « sans le filtre des médias ».

C'est ce qu'ont annoncé deux des porte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds et Gabriel Nadeau-Dubois, lors d'une conférence de presse organisée jeudi matin à Montréal.

La plus militante des organisations étudiantes entend discuter non seulement de la question des droits de scolarité, mais aussi de la vision de la société qu'elle présente dans un manifeste intitulé « Nous sommes avenir ».

Selon Gabriel Nadeau-Dubois, les gens qui se sont mobilisés au cours des derniers mois ne faisaient pas que s'opposer à la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest.« Ils se sont aussi mobilisés pour un Québec plus juste, plus égalitaire et plus vert », affirme-t-il.

Selon lui, le message de la jeunesse n'a peut-être pas été assez entendu le printemps dernier, d'autant plus que le gouvernement Charest a constamment cherché à faire dévier le débat.

« On a essayé de s'adresser à la population, mais toujours au travers des grands médias. Cette fois, le pari qu'on fait, c'est d'y aller d'un manifeste un peu plus long, [...] où on ose s'exprimer librement, dire quelles sont nos valeurs, nos idées pour le Québec de demain », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

Le manifeste défend le principe de la gratuité des services publics afin d'abolir « des entraves à la pleine réalisation de notre humanité » et s'en prend au principe de la tarification qui constitue une « discrimination invisible » à l'endroit des plus démunis de la société.

L'argument constitue une réplique à celui du gouvernement Charest, qui soutient qu'avec la hausse des droits de scolarité, les étudiants ne feront que payer leur « juste part ».

Le manifeste s'en prend aussi à la marchandisation de l'éducation, au capitalisme - notamment dans le domaine des ressources naturelles - et aux impacts que subissent les populations autochtones. Le texte s'attarde également à la condition féminine dans la société.

« La direction que prend le Québec depuis les dernières années nous fait peur », a précisé Gabriel Nadeau-Dubois en conférence de presse. « On est en train de vendre notre sous-sol, on est en train de vendre, de privatiser les services publics, notre démocratie est rongée par la corruption, l'égalité hommes-femmes plafonne. »

La tournée de la CLASSE commencera vendredi au Festival de la gibelotte à Sorel-Tracy, et se terminera jusqu'à nouvel ordre le 9 août, à Montréal. Des évènements sont aussi prévus à Sherbrooke, Mont-Tremblant, Val d'Or, Rimouski, Trois-Pistoles, Tadoussac, Chicoutimi, Jonquière, Joliette, Saint-Jérôme, Lachute, Granby et Saint-Jean-sur-Richelieu.

Des étudiants visibles lors de la campagne électorale

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont aussi annoncé depuis longtemps qu'elles entendaient participer activement au prochain scrutin, en ciblant certaines circonscriptions détenues par des poids lourds du cabinet Charest, dont:

  • Châteauguay, remportée par le ministre des Transports Pierre Moreau, avec 495 voix de majorité en décembre 2008;
  • Beauce-Sud, détenue par le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil, avec 560 voix de majorité;
  • Laval-des-Rapides, représentée par le ministre délégué aux Finances, Alain Paquet, grâce à une victoire arrachée par 1365 voix de majorité;
  • Saint-François, remportée par la ministre des Relations internationales Monique Gagnon-Tremblay avec une majorité de 1346 voix.