Place au cinéma! Omerta, L'ère de glace, Un amour de jeunesse, Collaborator... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.

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  • L'ÈRE DE GLACE - LA DERIVE DES CONTINENTS (Ice Age: Continental Drift) (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 88 min.</strong> Film d'animation de Steve Martino,Mike Thurmeier. À l'ère préhistorique, Scrat l'écureuil poursuit la cueillette d'un gland qui ne cesse de lui échapper. Sa quête provoque une catastrophe d'une ampleur planétaire, entraînant la dérive des continents. Du coup, le mammouth Manny, le tigre Diego et le paresseux Sid se retrouvent brutalement séparés de leurs familles respectives. Voguant sur un glacier, les trois amis croisent le capitaine Gutt, un gorille pirate déterminé à les exterminer. Or, non seulement ils réussissent à lui échapper, mais ils détruisent son navire, un terrible affront pour le flibustier. Pendant ce temps, Ellie, la conjointe de Manny, et leur fille Pêche cherchent à atteindre un lieu où tout le clan pourrait à nouveau être réuni. Cette quatrième variation d'un univers bien connu affiche encore sa drôlerie et son dynamisme, offrant de nouveaux personnages truculents placés devant des phénomènes naturels illustrés de manière spectaculaire et des péripéties hautes en couleur. L'humour demeure toutefois consensuel, sans prise de risque, apte à satisfaire un public familial.

  • OMERTA (5)

    <strong>Canada. 2012. 107 min.</strong> Drame policier de Luc Dionne avec Patrick Huard, Michel Côté, Rachelle Lefevre, Stéphane Rousseau, Michel Dumont, René Angélil, Andreas Apergis, Paolo Noël, Maxime Denommée, Alan Fawcett. Ancien policier reconverti en directeur d'une importante compagnie de sécurité, Pierre Gauthier est approché par son ex-supérieur Gilbert Tanguay, devenu pour sa part sous-ministre de la sécurité publique. Afin de vérifier si le restaurateur montréalais Steve Bélanger blanchit bel et bien de l'argent sale pour le compte du parrain de la mafia Dominic Fagazi, le haut fonctionnaire demande à Pierre d'organiser une opération d'infiltration. Sophie, une des plus efficaces agentes de ce dernier, parvient alors à se faire embaucher au restaurant comme assistante gérante. Très vite, la jeune femme découvre que Bélanger fricote avec un certain Sam Cohen, un meurtrier bizarrement en liberté alors qu'il lui restait quatre ans de pénitencier à purger. Il appert que le criminel a réussi à sortir grâce à Fagazi, qui a besoin de son expertise pour fabriquer mille lingots de tungstène plaqués or, que la mafia montréalaise compte refiler en douce aux réserves fédérales canadiennes et américaines. Pour cette transposition cinématographique de la série télévisée qui l'a fait connaître en 1996, Luc Dionne (AURORE, L'ENFANT PRODIGE) livre une réalisation tendue et assez efficace, mais un scénario plein de trous et d'incohérences. À côté des solides Patrick Huard et Michel Côté, l'impresario René Angelil fait piètre figure dans le rôle du parrain.

  • UN AMOUR DE JEUNESSE (4)

    <strong>France. 2011. 110 min.</strong> Drame sentimental de Mia Hansen-Love avec Lola Créton, Sebastian Urzendowsky, Magne-Havard Brekke, Valérie Bonneton, Serge Renko, Ozay Fecht. Paris, février 1999. Camille, 15 ans, est si éperdument amoureuse de Sullivan, de quatre ans son aîné, qu'elle angoisse dès qu'il s'absente une seconde. Le garçon l'aime bien mais il étouffe et il a d'autres projets: aller explorer l'Amérique du Sud. Après son départ, Camille s'accroche aux lettres qu'il lui envoie, mais un an plus tard, la correspondance s'arrête. Désespérée, l'adolescente tente de se suicider. Quatre années passent. Étudiante en architecture, Camille s'éprend de son professeur Lorenz, qui est de surcroît un éminent architecte. En 2007, ils vivent ensemble une relation solide, lorsque Sullivan croise à nouveau le chemin de Camille. Replongée dans ses anciens tourments, la jeune femme en vient à tromper Lorenz avec son premier amour. Mia Hansen-Love (LE PÈRE DE MES ENFANTS) explore avec sensibilité les affres des premières peines d'amour des adolescents, sans toutefois éviter les écueils sentimentaux de ce type de récit. Sa réalisation demeure discrète et attentive, jouant avec brio de l'ellipse. Le jeu naturel et senti de la jeune Lola Créton (BARBE BLEUE) emporte l'adhésion.

  • LES BETES DU SUD SAUVAGE (Beasts of the Southern Wild) (3)

    <strong>États-Unis. 2011. 92 min.</strong> Drame de Benh Zeitlin avec Quvenzhane Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly, Gina Montana, Lowell Landes, Pamela Harper. Depuis le départ de sa mère, Hushpuppy, six ans, vit seule avec son père Wink, alcoolique et malade du coeur, dans une baraque déglinguée sur le "Bathtub", une île quasi sauvage des bayous de la Louisiane. Quand une énième violente tempête inonde cet endroit totalement coupé de la civilisation par de grandes digues, les habitants, bons vivants malgré leur extrême pauvreté, font une fois de plus montre d'un grand sens de l'entraide. De sorte que lorsque les autorités gouvernementales ordonnent l'évacuation de la zone inondée, leurs habitudes sont brutalement chambardées, au point de provoquer une crise. Pendant ce temps, comme l'institutrice de Hushpuppy l'avait prédit, la fonte de la calotte glaciaire arctique a libéré des aurochs des temps préhistoriques. Et ces bêtes gigantesques, menaçantes, progressent maintenant vers le Bathtub. Benh Zeitlin frappe fort avec ce premier long métrage, méditation prenante sur la marginalité et la communion avec la nature, d'après une pièce de la coscénariste Lucy Alibar. Malgré un budget de misère, la réalisation caméra à l'épaule ménage quelques compositions visuelles d'une riche poésie. Quvenzhane Wallis porte avec autorité le film sur ses petites épaules.

  • COLLABORATOR (4)

    <strong>États-Unis. 2011. 87 min.</strong> Comédie dramatique de Martin Donovan avec Martin Donovan, David Morse, Olivia Williams, Melissa Auf der Maur, Eileen Ryan, Julian Richings. Homme de théâtre jadis très estimé, Robert Longfellow vient de voir sa dernière pièce quitter l'affiche avant même que soient complétés les engagements initiaux. Blessé par les critiques assassines, en panne d'inspiration et déstabilisé par un mariage qui bat de l'aile, le dramaturge est de surcroît troublé par le retour dans sa vie d'une ancienne maîtresse. C'est donc en pleine crise existentielle qu'il se réfugie chez sa mère le temps d'un week-end. Sitôt installé dans la maison de son enfance, Robert doit cependant composer avec la présence envahissante de Gus, un voisin dont la visite impromptue s'étire indûment. Ex-détenu qui défend des valeurs de droite, Gus est l'antithèse du dramaturge, qui lui promeut des idées libérales. Lorsque des voitures de police s'engagent dans la rue, Robert comprend que quelque chose cloche. Au même moment, Gus sort une arme. Alors que la tension monte au dehors, la prise d'otage d'abord tendue finit par donner lieu à un échange de plus en plus profond entre les deux hommes que tout sépare. Ce récit imprévisible et tendu, aux enjeux intelligemment développés, propose d'une part une étude de classes pertinente et, d'autre part, une belle réflexion sur la création et la célébrité. Humanisés par des dialogues révélateurs, les archétypes en présence sont incarnés par deux excellents comédiens. La réalisation concise sait tirer parti de ressources limitées.