Alexandre Despatie a rencontré les médias, jeudi, pour préciser ses plans en vue des Jeux de Londres, et à quel point sa blessure a modifié sa préparation.

Le plongeur canadien en convalescence depuis le 12 juin est apparu calme, et a été prudent dans ses commentaires.

Il a commencé par confirmer qu'il participera bien aux Jeux de Londres.

« C'est un gros défi qui se présente à moi, a-t-il dit. Bien sûr que je pense au résultat, mais je travaille fort mentalement pour vivre au présent. Car je dois y aller par étape, et il y a plusieurs étapes à franchir. »

Despatie a recommencé à plonger, mais n'a pas refait son triple saut périlleux et demi retourné, saut durant lequel il s'est blessé le 12 juin. C'est une des étapes à franchir.

« J'aurai une crainte la première fois que je vais le refaire, mais je n'ai pas le temps d'être négatif, admet-il volontiers. Heureusement, je ne me souviens de rien de l'accident. Et c'est un accident, c'était une grosse erreur qui m'a coûté cher, mais que je ne fais jamais. Et je vais m'arranger pour ne jamais la refaire. »

Rappelons qu'il a heurté le plongeoir de plein fouet lors de ce saut, effectué à l'entraînement en marge du Grand Prix de Madrid en Espagne. Il avait subi une coupure au front, large de 10 centimètres.

« Les plongeurs se frappent souvent les pieds, les mains, avait précisé Christiane Despatie, la mère d'Aelxandre, mais c'est la première fois qu'il subit une blessure de la sorte. »

On lui a retiré le 26 juin les agrafes et les points de suture qui maintenaient sa plaie fermée.

Le plongeur de 27 ans participera pour la quatrième fois à des Jeux olympiques. Il est qualifié pour les épreuves du tremplin de 3 m, tant en synchro qu'en solo.

Alexandre Despatie a déjà refusé « respectueusement » d'être le porte-drapeau de la délégation canadienne pour les Jeux de Londres.

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  • Cesser la compétition et prendre du repos

    C'est la première étape pour récupérer d'une commotion cérébrale, selon le Dr Greg Wells, qui travaille auprès des athlètes d'élite. Et il faut parfois beaucoup de persuasion pour forcer les athlètes à cesser leurs activités.

  • Reposer le corps et la tête

    Être au repos ne veut pas dire rester devant la télévision toute la journée. «C'est aussi un repos mental, explique le Dr Wells. Il faut éviter les écrans, que ce soit ceux des télévisions, des téléphones -- même lire peut-être difficile. Les écrans vont vous éblouir 30 fois par seconde, ce qui est loin d'être un repos pour le cerveau.»

  • L'exercice léger

    Lorsque les symptômes se sont dissipés depuis au moins 10 jours, il est temps de recommencer les exercices légers, par exemple la marche.

  • Exercice intense

    Lorsque les exercices légers ne se sont pas traduits par une recrudescence des symptômes - nausées, maux de tête, étourdissements -- une activité physique plus intense peut commencer.

  • Simulation de compétition

    Pour toute personne qui se remet d'une commotion cérébrale, retoruner immédiatement à la compétition serait trop rapide. Selon le Dr Wells, il faut simuler les conditions d'une compétition, avec tout ce qu'elle implique d'adrénaline et de capacités physiques.

  • Le retour à la compétition

    Une fois toutes les étapes complétées, et que les symptômes ne sont pas revenus, c'est l'heure du retour. Et le fait de ne pas avoir brûlé d'étapes, comme dans le cas d'Alexandre Despatie, est un meilleur gage du sérieux de l'athlète à bien performer.