Radio-Canada a appris que le gouvernement Charest incitera les écoles primaires du Québec à implanter le programme Nager pour survivre à compter de janvier.

Avec le nombre important de noyades cette année, les appels à implanter ce programme de la Société de sauvetage se faisaient de plus en plus pressants. La formation, qui pourrait être offerte à tous les élèves de 3e année d'ici deux à trois ans, leur permettra de développer des habiletés de base pour survivre à une chute en eau profonde.

Cette implantation se fera dans un premier temps sur une base volontaire, précise la ministre de l'Éducation. « D'abord, on va commencer avec les écoles qui sont intéressées à l'offrir, mais on va ajouter un incitatif très fort, qui est, évidemment, de défrayer un certain nombre de coûts », indique Michelle Courchesne.

Elle estime que le gouvernement devra débourser près de 2 millions de dollars pour payer les coûts de transports, de location de piscines et les salaires des moniteurs.

« Dépendamment de la façon dont ça se passe, ça pourrait effectivement devenir obligatoire. Mais [...] si c'est bien fait, il y aura une demande », ajoute-t-elle.

Québec mettra sur pied un comité pour déterminer les moyens d'étendre le programme au plus grand nombre possible d'établissements scolaires. Ce groupe sera composé de représentants du ministère, de la Société de sauvetage, des commissions scolaires, des municipalités et des parents.

La ministre donne ainsi suite aux recommandations présentées en mai dans les rapports des coroners Luc Malouin et Frédéric Boily sur les noyades de trois jeunes. Ils concluaient notamment que la formation Nager pour survivre devait être offerte dans les écoles.

Le programme comporte trois leçons d'une heure lors desquelles les enfants apprennent à entrer à l'eau par roulade, c'est-à-dire en étant désorientés, à nager sur place pendant 60 secondes et à nager 50 mètres. Aux exercices en piscine s'ajoutent trois leçons en classe sur la sécurité aquatique.

Ces cours ont fait leurs preuves lors d'un projet pilote mené dans certaines écoles de la province. Au départ, il n'y avait que 20 % des élèves qui étaient capables de faire ce qui leur était demandé, une proportion qui grimpait à 80 % à la fin des leçons.

La Société de sauvetage ravie

La Société de sauvetage, qui avait participé à la mise en oeuvre du projet pilote, accueille « plus que favorablement » la décision du gouvernement. Son directeur, Raynald Hawkins, se dit convaincu de l'utilité des apprentissages que feront les enfants qui bénéficieront de la formation.

« Ce n'est pas juste des aptitudes en natation qu'on va développer pour assurer leur survie, mais aussi des notions de sécurité telles que ne jamais nager seul, toujours porter son dispositif de flottaison lorsqu'on est à bord d'une embarcation », a-t-il souligné en entrevue à RDI.

M. Hawkins ne s'inquiète pas du fait que le programme ne soit pas imposé aux commissions scolaires. « C'est comme ça que le ministère de l'Éducation en Ontario l'a implanté et je peux vous dire que ça touche entre 50 000 et 60 000 enfants en Ontario par année », fait-il valoir.

Depuis le début de l'année, il y a eu 40 noyades au Québec, soit 15 de plus qu'en 2011.