Festival de Jazz: l'excellente Meshell Ndegeocello a vibré au Club Soda, le 1er juillet

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Chanteuse diablement talentueuse, excellente bassiste, auteure-compositrice inspirée, artiste culte toujours en mouvement, on dit que Meshell Ndegeocello a tout pour elle. Avec raison. Après une visite au Festival de jazz en 2007, l'Américaine dans la quarantaine revenait présenter son neuvième album Weather au Club Soda, dimanche soir. Plus pop que certaines autres dans le passé et quelque peu éparse par moments, la performance n'en était pas moins d'une remarquable qualité.

Ndegeocello commence la soirée avec « Say It Lound » (I'm Black and I'm Proud). L'Introduction musicale est magnifique et très rythmée avec les frappes cassantes et nerveuses du génial batteur Deantoni Parks. On ajoute à ceci des lignes de guitare efficaces (Chris Bruce), des atmosphères aériennes du clavier de Jebin Bruni ainsi que de bonnes séquences de basse de la chanteuse, quelle aura empoignée à mi-chemin de la pièce. Action qui viendra pousser davantage en avant le groove bien présent. Tout y est pour lancer avec énergiquement le concert.

Déjà, on sent que la complexité instrumentale musicale se greffera à des ambiances plus accessibles. C'est cérébral tout en étant passionné, mélodique et digestible. Les arrangements, parfois improvisés selon les humeurs, sont jazz, soul, funk, légèrement rock. Contrairement à ce qu'elle nous a habitués auparavant, on entend dans le Club Soda des chansons à la structure assez conventionnelle, malgré les dérives occasionnelles, bien entendu.

Dans la même veine viendra ensuite l'interprétation bien personnelle du classique de Parliament-Funkadelic (groupe ayant été dirigé par George Clinton) « Chocolate City ». On a droit de nouveaux aux frappes ingénieuses de Ndegeocello à la basse qui sont habillées d'une façon originale par les sonorités planantes de rock progressif des claviers.

« One, two, three » criera Parks devant ses caisses pour relancer le rythme qui s'est passablement écrasé après une balade qui arrive à un drôle d'endroit dans le spectacle. Sur des paroles à moitié récitées, le son chargé évoque quelque peu l'inquiétude, l'urgence.

Arriveront par la suite « Dirty World » (de son dernier disque) avec ses spinning around, spinning around, et la feutrée romantique « Oysters », qui a plongé les spectateurs dans une atmosphère introspective.

À la fameuse « Lady Cab Driver » de Prince, livrée dans une facture sombre, on entendra les paroles en détresse d'une personne qui supplie la conductrice d'un taxi de l'emmener vite et loin, afin qu'elle puisse oublier ses soucis. Adaptation très originale, qui se terminera dans un jam intense.

Au final, un spectacle de 90 minutes truffé d'explorations et de compositions originales inspirées, mais à la qualité inégale. Quelque chose à voir dans le choix des enchaînements, peut-être. On aurait certainement voulu davantage de ce groove contagieux comme celui qui a irradié dans la salle, au cours du rappel. Chanson pesante d'une dégaine totalement satisfaisante, avec son batteur littéralement en feu.

Cela dit, Meshell Ndegeocello (et son trio de musiciens chevronnés) a offert une prestation de haut calibre. C'est une artiste de marque qui mériterait encore davantage de reconnaissance dans le milieu musical. Mais bon, c'est probablement un mal pour un bien.

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