Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l'appel du Mouvement Québec français (MQF), qui a organisé une manifestation lundi dans les rues de Québec en marge du Forum mondial de la langue française pour démontrer que la langue de Molière est en péril dans la Belle Province.

Les participants ont marché du jardin Saint-Roch jusqu'au Centre des congrès de Québec, où a lieu le Forum.

Le MQF a voulu démontrer aux centaines de délégués de partout dans le monde que le français est menacé au Québec. L'organisation attribue ce problème à l'assouplissement de la législation québécoise en matière linguistique.

« Il y a eu plus de 200 modifications à la Charte de la langue française, qui l'ont affaiblie », affirme Mario Beaulieu, président du MQF.

Ce dernier croit qu'il est primordial que la question du français au Québec soit abordée pendant le Forum. « Ça serait vraiment une erreur qu'il y ait le Forum mondial de la langue française à Québec et qu'on ne parle pas de la situation du français au Québec », plaide-t-il.

Certains politiciens ont également participé à la marche, dont la députée du Parti québécois, Louise Beaudoin, qui prône un renforcement de la législation.

« Il faut une nouvelle charte qui soit en phase avec le monde d'aujourd'hui », a-t-elle indiqué.

« C'est important de venir à Québec pour dire aux gens [...] que c'est notre langue maternelle, notre patrie [...] pour le Bloc québécois c'est nécessaire d'être ici », a pour sa part déclaré Daniel Paillé, le chef du Bloc québécois.

L'ex-premier ministre du Québec Bernard Landry, qui a participé à une table ronde lundi après-midi en marge du Forum, juge également que la survie du français est réellement menacée dans la province.

« C'est vrai qu'il y a des signaux angoissants. Après la loi 101, on a fait des bons prodigieux, mais là, depuis quelques années, toutes les statistiques - il faudrait être aveugle pour ne pas le voir - mettent en état l'alerte et c'est une bonne chose aussi, ça peut servir à nous réveiller, mais la principale responsabilité, c'est à nous de nous réveiller. » - Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec

Le MQF note que la proportion des francophones à Montréal est de 54 %, une baisse de près de 8 % par rapport à 1986.

L'organisme réclame notamment une réforme majeure de la Charte de la langue française, l'application de la loi 101 aux cégeps et un meilleur financement des universités francophones.

En plus de la manifestation, des conférences auront lieu à l'ENAP en présence des auteurs et des politiciens Yves Beauchemin, Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Bernard Landry. Un spectacle clôturera la journée à l'Impérial de Québec.