MONTRÉAL - Les ouvriers de la construction du Québec vivent une première avec la fin, lundi, de la période de vote postal pour changer d'allégeance syndicale.

Pour la première fois, en effet, le vote de changement d'allégeance s'est déroulé par la poste, et ce, du 4 au 25 juin.

Ce scrutin a été précédé d'une période de maraudage, du 1er mai au 3 juin, pendant laquelle les cinq organisations syndicales de la construction ont fait valoir leurs atouts auprès des ouvriers.

Ce qui n'a pas changé, c'est que les ouvriers qui ne désiraient pas changer d'allégeance n'avaient pas à exercer leur droit de vote. Comme c'était le cas avant, seuls ceux qui voulaient choisir une autre organisation syndicale devaient exercer leur vote.

En entrevue vendredi, le porte-parole de la Commission de la construction du Québec (CCQ), Louis-Pascal Cyr, ne pouvait dire combien d'ouvriers se sont effectivement prévalus de leur droit de vote. Le bulletin devait être rendu dans la boîte postale de la CCQ au plus tard le 25.

Le dépouillement des votes doit débuter le 29 juin; il est possible qu'il dure plus d'un jour, tout dépendant du nombre de bulletins qui devront être dépouillés. Les résultats préliminaires devraient être connus au début de juillet.

En 2009, la représentativité des syndicats était la suivante: FTQ-Construction 42,9 pour cent, Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International) 26,1 pour cent, CSD-Construction 14,1 pour cent, CSN-Construction 10,6 pour cent et Syndicat québécois de la construction 6,3 pour cent.

En plein conflit

Fait inusité: ce premier vote postal des ouvriers de la construction se déroule alors qu'un conflit de travail sévit à la Commission de la construction, chargée de superviser ce scrutin.

Néanmoins, M. Cyr a assuré que le dépouillement des votes ne sera pas entravé par la grève des 600 employés de la CCQ, puisqu'il est effectué par des cadres.

Pour le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, «le vrai test va être de voir comment ils vont gérer tous les pépins qui vont sortir», puisque le vote postal est une première.

Déjà, M. Ouellet rapporte avoir reçu un courriel d'un ouvrier qui voulait savoir quoi faire parce qu'il avait posté son bulletin de vote, mais en oubliant d'y inclure une photocopie d'une pièce d'identité, comme il devait le faire.

Le directeur-général de la FTQ-Construction se montre confiant malgré tout. «On n'est pas rentré dans ce maraudage-là la tête baissée; on est rentré là avec l'esprit des gagnants», a-t-il lancé.

Du côté de la CSN-Construction, le président, Aldo Miguel Paolinelli, croise aussi les doigts et ne pense pas que la grève à la CCQ nuira au scrutin.

«Ce que nous avons ressenti durant toute notre campagne, c'est qu'effectivement, il y a beaucoup de travailleurs qui avaient l'intention de changer d'organisation syndicale. Si ces intentions qui nous ont été manifestées sont suivies du geste de remplir un bulletin et de l'envoyer par la poste, il peut y avoir un grand mouvement de votes», a-t-il affirmé en entrevue.

Le prochain scrutin syndical n'aura lieu qu'en 2016. On compte 165 000 ouvriers de la construction au Québec; tous n'ont toutefois pas le droit de vote.