Magnotta était déjà recherché par la police avant le meurtre de Jun Lin

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LUKA ROCCO MAGNOTTA
Luka Rocco Magnotta (Facebook) | Facebook

MONTRÉAL - La police était déjà sur la piste de Luka Rocco Magnotta quelques semaines avant le meurtre et le démembrement de l'étudiant chinois Jun Lin, a soutenu l'ancien propriétaire d'un logis où aurait habité le présumé meurtrier.

L'homme, qui souhaite conserver l'anonymat, a expliqué que les autorités policières avaient retracé l'acteur porno et strip-teaseur de 29 ans dans un immeuble à logements du quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal, en mars.

Il a raconté qu'un enquêteur lui avait téléphoné pour le questionner sur Magnotta, mais que ce dernier avait déménagé deux semaines plus tôt.

Même si le propriétaire n'a jamais su pourquoi il avait reçu cet appel, la police de Toronto a déclaré qu'elle enquêtait sur le jeune homme depuis plus d'un an parce qu'il était soupçonné de cruauté envers les animaux.

D'après l'homme, les policiers torontois ont presque réussi à retrouver Magnotta.

«Je crois qu'ils étaient sur sa piste», a-t-il déclaré alors qu'il se tenait devant son immeuble. «Je me suis dit que j'étais content qu'il soit parti puisque la police le recherchait.»

Le coup de fil a été donné environ deux mois avant la mort de Jun Lin, survenue à la fin du mois de mai. Luka Rocco Magnotta a plaidé non coupable à l'accusation de meurtre prémédité qui a été déposée contre lui en lien avec ce crime sordide.

Son ancien propriétaire a indiqué qu'il avait quitté son appartement meublé du second étage en février après y avoir emménagé deux mois plus tôt. Cela semblait être une décision de dernière minute puisqu'il n'a annoncé son départ qu'une semaine avant.

Magnotta a affirmé qu'il retournait vivre à Toronto, mais il est plutôt resté à Montréal. Il a loué un autre logement meublé dans le quartier Côte-des-Neiges, où les autorités croient que Jun Lin aurait été tué et démembré.

«La police a appelé et je leur ai dit qu'il était parti à Toronto», a relaté le propriétaire de l'édifice à Pointe-Saint-Charles, précisant que son interlocuteur faisait partie d'un corps policier ontarien mais qu'il ne se rappelait plus lequel. «Ils ont simplement demandé où il se trouvait.»

Les forces de l'ordre torontoises ont confirmé avoir ouvert une enquête sur Magnotta en février 2011 en raison d'allégations de cruauté envers les animaux.

Une porte-parole de la police de Toronto, Wendy Drummond, a révélé que le service avait reçu une plainte au sujet d'une vidéo disponible sur le Web de la part de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de l'Ontario.

Mme Drummond a toutefois refusé de dire si les agents avaient failli mettre la main sur le jeune homme ou même si leur intention avait été de l'interroger.

«Pour être franche, je ne peux pas aborder ces détails parce que le dossier est toujours actif», a-t-elle affirmé. «Un enquêteur... poursuivait l'enquête mais aucune accusation n'avait été déposée jusqu'à présent.»

La SPCA de l'Ontario a expliqué qu'elle avait porté plainte auprès de la police de Toronto au début de 2011 après que des groupes de défense des animaux et le public lui eurent rapporté l'existence d'une vidéo montrant un homme en train de tuer des chatons.

Luka Rocco Magnotta a nié être la vedette de cette vidéo où l'on peut voir des chatons être étouffés dans des sacs de plastique ou même livrés en pâture à un serpent affamé.

Un gars ordinaire

L'immeuble de Pointe-Saint-Charles où Magnotta aurait brièvement résidé cet hiver se trouve à moins d'un kilomètre du dépanneur où Jun Lin travaillait à temps partiel.

La police a indiqué que les deux hommes se connaissaient, mais n'ont pas précisé s'ils s'étaient rencontrés dans ce quartier.

L'ancien propriétaire a dit n'avoir jamais vu M. Lin, un Chinois de 33 ans qui étudiait en informatique à Concordia.

Il a décrit Luka Rocco Magnotta comme un «gars ordinaire» qui a loué le logement pour 550 $ par mois tout compris.

«Il n'avait pas l'air d'un pouilleux. Par le passé, j'ai accepté des personnes qui ont saccagé mes appartements, alors je faisais attention à qui je choisissais», a expliqué l'homme avant d'ajouter que Magnotta était un locataire tranquille qui parlait avec ce qui semblait être un accent de l'Europe de l'Est.

«Il était éloquent. Il s'exprimait bien.»

Le propriétaire a même dit au jeune homme, qui est plutôt frêle sur le plan physique, qu'il était impressionné par sa voix grave et lui a suggéré à la blague de faire carrière à la radio et à la télévision, suggestion qui a fait rire Magnotta.

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