POLITIQUE
21/06/2012 07:23 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

Financement des partis : des ingénieurs généreux

Radio-Canada.ca

Des employés, des proches et des ex-employés des cinq principales firmes de génie-conseil du Québec, soit SNC-Lavalin, Dessau, Genivar, BPR et Cima+, ont donné près de 5 millions de dollars au Parti libéral du Québec (PLQ) et au Parti québécois (PQ) entre 2001 et 2010.

Le PLQ a récolté la part du lion, soit près de 62 % des contributions politiques, contre 34 % pour le PQ, l'Action démocratique du Québec (ADQ) recevant pour sa part un maigre 212 000 $ durant cette période.

Les employés, proches et ex-employés de SNC et CIMA+ sont de loin les plus grands contributeurs aux partis politiques tandis qu'en pourcentage, ceux de Genivar sont, de toutes les firmes, ceux qui ont le plus contribué à la caisse du Parti libéral, selon les données obtenues auprès de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec.

En septembre 2011, Radio-Canada avait diffusé une première compilation pour SNC et CIMA+ pour la période de 2000 à 2009 pour le PLQ et le PQ seulement.

Des lois qui risquent de changer le portrait

Selon les lois québécoises en vigueur, seuls les particuliers sont autorisés à contribuer au financement des partis politiques. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2011, à la suite de modifications législatives, un citoyen du Québec ne peut donner plus de 1000 $ par année contre 3000 $ auparavant.

Et désormais, toute personne donnant plus de 100 $ à un parti doit signer une déclaration indiquant que sa contribution, faite « à même ses propres biens », est volontaire et qu'elle ne sera donc pas remboursée ou compensée par qui que ce soit.

Le don, qui ne peut alors être fait que par chèque ou carte de crédit, est acheminé au Directeur général des élections qui le remettra par la suite au parti.

Selon les rapports financiers des partis, rendus publics cette semaine par le Directeur général des élections, en 2011, quelque 43 500 donateurs ont versé plus de 7,5 millions de dollars. Les contributions aux partis ont diminué de 15,2 % par rapport à l'année 2010.

L'éclairage de la commission Charbonneau

La Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction qui a récemment commencé ses travaux a notamment pour mandat de déterminer s'il existe un lien entre l'octroi de tels contrats et le financement des partis politiques.

Les grandes centrales syndicales, le patronat, l'Ordre des ingénieurs, les municipalités, les policiers de Montréal, l'ex-ADQ, la CAQ, le Parti québécois et Québec solidaire sont au nombre de ceux qui ont réclamé la tenue de cette enquête publique.

Le gouvernement libéral a d'abord privilégié l'approche policière avec l'escouade Marteau, de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et de l'Unité anticollusion du ministère des Transports du Québec (maintenant intégré à l'UPAC) avant de mettre sur pied la Commission Charbonneau.

Selon Québec solidaire, qui a rendu publiques en mai dernier ses propres recherches sur les dons aux partis politiques, la pratique des prête-noms serait très répandue tant chez les entreprises du milieu de la construction que chez les cabinets d'avocat, en plus des firmes de génie-conseil.

Un texte de Bernard Leduc