Commission Charbonneau: l'avocate du PQ va modérer ses ardeurs, annonce Marois

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JACQUES DUCHESNEAU
PC

QUÉBEC - L'avocate du Parti québécois à la Commission Charbonneau, Me Estelle Tremblay, va dorénavant modérer ses ardeurs, a fait savoir jeudi la chef péquiste Pauline Marois.

Me Tremblay est «allée un petit peu loin» et n'avait pas reçu la directive de s'attaquer à la crédibilité de Jacques Duchesneau, a déclaré Mme Marois en point de presse, en marge de la prestation de serment de son nouveau député d'Argenteuil, Roland Richer.

«D'abord, elle n'avait pas le mandat de 'décrédibiliser' M. Duchesneau, je peux vous l'assurer. Au contraire, vous savez combien on a poussé pour avoir une commission d'enquête», a-t-elle affirmé.

L'attaque frontale menée par Me Tremblay la veille contre Jacques Duchesneau à la barre de la commission d'enquête en a surpris plus d'un, notamment dans les cercles péquistes.

L'avocate n'a rien ménagé pour soulever le doute sur la crédibilité de M. Duchesneau, lui reprochant de s'être improvisé enquêteur sans aucune autorisation et d'avoir constitué des dossiers sur autrui après son éviction de l'Unité anticollusion à l'automne 2011.

«Ce faisant, il a compromis l'impartialité et l'indépendance de sa fonction de représentant de l'État lorsqu'il était dirigeant de l'Unité anticollusion», a avancé Me Tremblay.

Le procureure souhaitait contre-interroger M. Duchesneau sur le rapport explosif qu'il a produit à titre de simple citoyen sur le financement des partis politiques au Québec.

Le document n'a pas été déposé en preuve à la Commission mais ses conclusions, à l'effet que 70 pour cent des dons remis aux partis politiques sont de nature illégale, soulèvent l'ire du Parti québécois.

«À partir du moment où tous les partis sont mis dans le même paquet, on peut comprendre qu'elle (Me Tremblay) dise: est-ce qu'on peut au moins avoir le rapport pour constater que les noms qui y figurent ne sont pas les nôtres? C'était l'intention qu'elle avait», a dit Mme Marois.

Animée de bonnes intentions, Me Tremblay devra néanmoins, pour la suite des événements, mesurer davantage ses interventions, a fait comprendre la chef péquiste.

«Elle a entendu que nous pensons qu'elle est allée un petit peu loin», a-t-elle dit.

Sur le fond des choses, la chef péquiste ne cache pas son incrédulité face aux révélations spectaculaires de M. Duchesneau sur le financement politique illégal. Tous les partis politiques sont éclaboussés, le PQ compris.

«Ils mettent tous les partis dans le même panier et nous, nous sommes sûrs de ne pas être dans ce panier-là», a insisté Mme Marois, sur le mode défensif.

«Nous n'avons pas de double comptabilité, ce sont des chèques officiellement faits selon les règles de l'art. Le Directeur général des élections débarque régulièrement dans nos comtés», a-t-elle justifié.

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