Des diagrammes exposant les liens de sept entreprises influentes du secteur de la construction ont été déposés en preuve mercredi à la commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

Une procureure de la commission Charbonneau, Me Sonia Lebel, a déposé en début d'après-midi ces diagrammes de relation constitués par l'UAC. Il s'agit de:

Famille Bibeau et compagnies associées;
Garnier Constructions;
Groupe Doncar;
les entreprises Catania;
les entreprises Catcan;
Neilson-EBC-Famille Fava;
Tony Accurso et ses compagnies, en vigueur en 2011.

Une précédente version de ces documents avait été déposée sous scellés, ce qu'avaient contesté les médias. Les nouveaux documents déposés par Me Lebel sont plutôt du domaine public, de sorte que le débat réclamé par plusieurs médias à ce sujet n'aura pas lieu.

Me Lebel a fait valoir que les diagrammes avaient été originalement placés sous scellés « à bon droit pour raison de protection des enquêtes en cours », mais n'a pas expliqué pourquoi cette décision a été changée. « Depuis ce temps-là, on a fait du travail », a-t-elle simplement laissé tomber.

Me Lebel a expliqué que huit diagrammes avaient été originalement placés sous scellés, mais que le huitième l'avait été par erreur. Il n'a pas été redéposé.

Les diagrammes de relation ont pour but de déterminer quels liens unissent réellement différentes entreprises. L'UAC voulait ainsi déterminer si diverses entreprises soumissionnant pour un contrat donné appartiennent en fait à une même personne ou si elles sont associées d'une façon ou d'une autre.

« Quelqu'un du milieu a tenté de nous faire croire que c'était de l'intégration, où une même compagnie est capable d'avoir plusieurs petites compagnies », avait expliqué Jacques Duchesneau lorsqu'il a parlé de ces diagrammes pour une première fois jeudi dernier.

« Mais quand on regarde ça de près, c'est que ça enlève la chance qu'il y ait une concurrence loyale [...]. Si tu dois toujours faire affaire avec la même compagnie pour avoir tes tuyaux de haute pression, [...] le fournisseur peut jouer avec les prix [et t'empêcher] d'aller soumettre un appel d'offres digne de ce nom », avait-il poursuivi.

À titre d'exemple, M. Duchesneau avait expliqué qu'une entreprise ami avec un fournisseur d'asphalte pourrait se voir offrir le produit à 100 $ la tonne, mais qu'une autre pouvait se faire demander 110 $ la tonne.

« Si [...] 55 000 tonnes d'asphalte sont nécessaires pour faire la piste cyclable, [et qu'on] vous la vend 10 $ de plus la tonne parce que vous ne faites pas partie du groupe, vous venez de perdre un demi-million en profit, donc ce n'est plus rentable d'y aller », avait-il illustré.

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