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Après 10 heures de délibérations, le jury acquitte Clemens de parjure

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ROGER CLEMENS VERDICT NOT GUILTY
AP

WASHINGTON - Roger Clemens a été acquitté de tous les chefs d'accusation déposés contre lui dans son procès pour parjure au Congrès américain, le jury décidant qu'il ne lui avait pas menti quand il a affirmé n'avoir jamais utilisé de produits dopants.

Les jurés ont rendu leur verdict après près de 10 heures de délibérations. Cette décision met un terme à un procès de 10 semaines couronnant une longue et dispendieuse enquête de cinq ans impliquant l'un des plus grands lanceurs de l'histoire du baseball.

Peu après la lecture du verdict, Clemens et sa famille se sont enlacés dans le tribunal. La femme de l'ancien lanceur a même essuyé quelques larmes qui coulaient sur le visage de son mari.

Âgé de 49 ans, Clemens était accusé de parjure, d'avoir fait de fausses déclarations et d'entrave au Congrès pour sa déclaration diffusée en direct sur les réseaux nationaux en février 2008. Les accusations portaient sur ses affirmations concernant l'utilisation de stéroïdes et d'hormones de croissance humaines pendant sa carrière de 24 saisons, ce qu'il a toujours nié avec véhémence.

Le premier procès de Roger Clemens avait été déclaré nul lorsque les procureurs ont présenté une preuve vidéo qui avait été jugée inadmissible.

Lors de ce procès, l'ancien entraîneur personnel de Clemens, Brian McNamee, avait affirmé lui avoir injecté des stéroïdes en 1998, 2000 et 2001. Il avait déclaré avoir conservé les aiguilles et le matériel ayant servi à l'injection pendant plus de six ans dans une canette de bière.

McNamee est toutefois la seule personne qui a témoigné contre Clemens. Les procureurs ont même remis en doute la crédibilité de leur témoin vedette.

Les avocats du lanceur ont aussi attaqué l'intégrité de McNamee en démontrant que son témoignage avait changé au cours des années, en plus de laisser sous entendre qu'il ne voulait qu'appuyer les enquêteurs fédéraux.

L'ADN de Clemens se retrouvait bel et bien sur les items retrouvés dans la canette de bière, mais la défense avait accusé l'entraîneur d'avoir manipulé les éléments de preuve.

Son ancien coéquipier, Andy Pettitte, avait également déclaré avoir eu une conversation avec Clemens au cours de laquelle ce dernier avait avoué avoir consommé des stéroïdes. Il avait toutefois admis qu'il y avait des chances qu'il ait mal entendu.

Ce verdict est la dernière gifle portée au gouvernement dans ses poursuites contre des athlètes accusés de dopage.

Une enquête de sept ans sur Barry Bonds avait mené à un seul verdict de culpabilité d'entrave à la justice, l'an dernier. Le jury était incapable de décider si l'as frappeur avait menti au jury quand il avait affirmé n'avoir jamais consommé de produits dopants.

Une autre enquête de deux ans sur le cycliste Lance Armstrong s'est récemment terminée sans qu'aucune accusation ne soit portée contre le septuple champion du Tour de France. L'Agence antidopage américaine a toutefois annoncé la semaine dernière qu'elle avait entamé des procédures qui pourraient priver le cycliste de tous ses titres. Armstrong a toujours nié s'être dopé.