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G20: Le Canada tente d'être admis au sein du Partenariat transpacifique

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STEPHEN HARPER
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LOS CABOS, Mexique - L'inclusion du Mexique dans les pourparlers du Partenariat transpacifique pourrait être de bon augure pour le Canada, qui souhaite obtenir une place à la table des négociations.

Le premier ministre Stephen Harper est toutefois demeuré vague lundi sur les chances du pays de participer aux discussions sur ce nouveau groupe de libre-échange, possiblement d'ici la fin du sommet du G20 mardi.

«Nous sommes heureux que les Américains et d'autres aient manifesté leur intérêt à voir le Canada prendre part au Partenariat transpacifique, a déclaré M. Harper. Je pense que, pour le moment, nous allons laisser les choses comme ça.»

Selon les rumeurs qui circulent à Los Cabos, au Mexique, où se déroule la rencontre des 20 dirigeants des plus grandes économies mondiales, le Canada recevra sous peu la permission de se joindre au Partenariat transpacifique, une entente qui devrait selon certains être encore plus lucrative que l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Le gouvernement conservateur fait pression sur la Maison-Blanche depuis des mois afin d'être autorisé à prendre part aux pourparlers. Stephen Harper a également envoyé son ministre du Commerce international, Ed Fast, un peu partout dans le monde pour récolter des appuis.

Le Globe and Mail a rapporté que le premier ministre avait même confié le dossier à son chef de cabinet, Nigel Wright, signe de l'importance que M. Harper accorde à cette question.

Certains spécialistes ont cependant interprété l'invitation lancée au Mexique par les neuf pays membres du Partenariat transpacifique comme un échec pour le Canada. Mais il est peut-être logique que l'hôte du G20 soit admis avant les autres.

«Apparemment, le Canada n'est pas à la hauteur. Du moins, pour le moment», a affirmé dans un courriel Lawrence Herman, un avocat de la firme Cassels Brock spécialisé en commerce.

«Si c'est vrai, c'est une gifle au visage du gouvernement Harper et un contretemps fâcheux pour son ordre du jour en matière de commerce international, a ajouté M. Herman. Cela soulève des questions sur les raisons pour lesquelles les Américains ont encore le sentiment que les Canadiens ne sont pas les bienvenus même après tout le lobbying du gouvernement fédéral.»

L'avocat trouve particulièrement vexant que le Mexique, qui est aussi membre de l'ALÉNA, ait été convié aux discussions et pas le Canada. Il croit qu'Ottawa n'a pas mis assez de propositions intéressantes sur la table.

Les restrictions canadiennes concernant le commerce des produits laitiers et des volailles constituent le plus gros obstacle à sa participation au Partenariat transpacifique. Le Canada a un système qui contrôle le prix du lait et des oeufs tout en imposant des tarifs très élevés pour les importations.

Le Partenariat est l'un des nombreux sujets qui seront abordés au cours du G20.

Même si les dirigeants présents au sommet ont été soulagés d'apprendre que les Grecs avaient élu un gouvernement qui n'avait pas l'intention de retirer le pays en pleine crise financière de l'Union européenne (UE), la situation en Europe demeurait leur principale préoccupation.

Le premier ministre Stephen Harper fait partie des leaders mondiaux qui ont exhorté les Européens à régler rapidement leurs problèmes économiques.

Lundi, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a clairement fait savoir que l'Europe n'accepterait pas de se faire sermonner par les autres membres de la communauté internationale.

«Franchement, nous ne sommes pas venus ici pour recevoir des leçons en matière de démocratie et d'économie parce que l'UE a un modèle dont elle peut être fière», a déclaré M. Barroso.

Il a ajouté que l'UE était ouverte en ce qui concerne ses difficultés économiques et qu'elle était prête à en discuter, mais qu'elle ne voulait pas se faire faire la morale.

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