La crise économique en Europe risque de dominer les entretiens qu'auront les 20 chefs d'État et de gouvernement qui prendront part lundi et mardi au sommet du G20, à Los Cabos, au Mexique.

Le premier ministre canadien Stephen Harper quitte d'ailleurs Ottawa dimanche pour y assister.

Les pays riches et émergents du G20 pourraient sommer les Européens d'en faire davantage pour juguler la crise qui fragilise la région. Cette réunion aura lieu au lendemain des élections législatives en Grèce, dont l'issue est déterminante pour l'avenir du pays dans la zone euro.

Les États-Unis, la Chine et le Canada, entre autres, accentuent la pression sur les Européens, plus de deux ans après le début de la crise de la dette, qui a démarré en décembre 2009 en Grèce, avant de gagner l'Irlande, le Portugal et maintenant, l'Espagne.

Les pays de la zone euro « doivent davantage avoir à l'esprit le fait qu'ils sont dans le même bateau », et comprendre que « personne ne s'en sortira sain et sauf si le navire sombre dans des graves tempêtes économiques », a jugé samedi l'agence officielle Chine nouvelle.

La poursuite de la crise dans la zone euro risque « d'affaiblir encore plus les marchés mondiaux et d'avoir un impact négatif sur notre croissance économique », a averti de son côté le premier ministre indien, Manmohan Singh, résumant les inquiétudes générales.

En Chine, au Brésil ou en Inde, la croissance s'est ralentie en début d'année. Quant à l'économie américaine, qui semblait jusqu'à présent connaître une embellie, elle montre elle aussi des signes de faiblesse, au grand dam du président Barack Obama, en campagne pour sa réélection.

Les Européens se sont efforcés vendredi et samedi de répondre aux attentes et de resserrer les rangs avant le sommet de Los Cabos. Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a organisé vendredi une conférence vidéo avec les dirigeants allemand, français, britannique, italien et espagnol, afin de préparer la réunion.

Il y a « une large convergence de vues » entre les principaux responsables de l'Union européenne (UE) sur les questions à l'ordre du jour du G20, a assuré la présidence française à l'issue de cette réunion.

Le Mexique prône une recapitalisation du FMI

L'hôte du sommet, le président mexicain Felipe Calderon, a dit s'attendre à ce que les pays du G20 offrent plus que les 430 milliards de dollars américains promis en avril dernier pour stopper la progression de la crise financière européenne.

Selon lui, la recapitalisation du FMI est l'un des principaux tests à partir duquel mesurer le succès du sommet.

Le président mexicain a dit samedi qu'il ne s'attendait pas à ce que les États-Unis participent à la recapitalisation, ce qui, selon lui, démontre l'importance des économies émergentes. L'argent serait utilisé pour aider des pays et des secteurs industriels importants qui ne peuvent plus emprunter sur les marchés en raison des craintes voulant que la crise les empêche de rembourser.

Tout comme les États-Unis, le Canada a décidé de ne pas soutenir l'effort financier supplémentaire que le FMI réclame aux pays du G20.

Insification des violences en Syrie

Par ailleurs, les dirigeants du G20 vont être aussi confrontés au brusque regain de tension en Syrie où les observateurs des Nations unies ont suspendu samedi leurs opérations en raison de « l'intensification des violences ».

Le président américain Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine auront à ce sujet un entretien bilatéral lundi matin avant l'ouverture du sommet.