Place au cinéma! Les adieux à la reine, The Woman in the Fifth, Hors les murs, 388 Arletta Avenue, Foreverland, Moonrise Kingdom... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.

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  • THE WOMAN IN THE FIFTH (5)

    <strong>France. 2011. 85 min.</strong> Thriller de Pawel Pawlikowski avec Ethan Hawke, Kristin Scott Thomas, Joanna Kulig, Samir Guesmi, Delphine Chuillot, Julie Papillon. Tom Ricks, un écrivain américain au tempérament instable, débarque à Paris dans l'espoir de revoir sa fille de six ans, qu'il n'a pas le droit de visiter en vertu d'une injonction du tribunal. Affolée par sa présence, son ex-conjointe alerte la police. Errant dans la Ville Lumière, Tom se retrouve bientôt, au réveil d'une sieste dans un autobus, dépouillé de tous ses biens. Pour payer la chambre de l'hôtel miteux où il a débarqué, le propriétaire lui propose un poste de gardien de nuit dans un bunker où se déroulent des activités louches. À l'occasion d'une soirée littéraire, Tom fait la connaissance de Margit, une mystérieuse traductrice hongroise qui l'invite dans son chic appartement du Ve arrondissement et avec qui il entame une relation passionnelle. Parallèlement, l'écrivain multiplie les tentatives pour se rapprocher de sa fille. Mais ses démons intérieurs menacent de lui faire perdre la raison. Pawel Pawlikowski (MY SUMMER OF LOVE) marche dans les pas de son compatriote Roman Polanski (FRANTIC) pour tisser, à partir du roman de Douglas Kennedy, une intrigue fondée sur le motif de l'Américain égaré dans le labyrinthe parisien. Le suspense au rythme incertain, plus confus qu'énigmatique, vaut surtout pour le jeu solide d'Ethan Hawke et Kristin Scott Thomas.

  • 388 ARLETTA AVENUE (5)

    <strong>Canada. 2011. 86 min.</strong> Thriller de Randall Cole avec Nick Stahl, Mia Kirshner, Devon Sawa, Aaron Abrams, Charlotte Sullivan, Krista Bridges. Du jour au lendemain, James Deakin, publicitaire torontois, et son épouse Amy en viennent à croire qu'ils sont la proie d'un mystérieux inconnu qui les espionne et les manipule secrètement: leur réveille-matin sonne au beau milieu de la nuit; leur auto-radio fait jouer un CD qui ne leur appartient pas; des objets sont déplacés dans la maison, etc. Ces manifestations étranges réveillent des tensions au sein du couple. De retour à la maison à la suite d'une dispute acrimonieuse, James découvre qu'Amy a quitté le domicile. Refusant de croire que celle-ci est partie de son plein gré, et constatant que les phénomènes bizarres se poursuivent, il en vient à soupçonner qu'un ancien ami cherche à se venger de lui. Abandonné par la police impuissante devant la situation, le jeune homme poursuit sa propre enquête, qui s'apparente à une véritable descente aux enfers. La prémisse de ce thriller paranoïaque, presque entièrement tourné au moyen de caméras de surveillance à la façon de PARANORMAL ACTIVITY, ne manque pas de potentiel. Hélas, le scénario débobine une intrigue convenue cultivant les invraisemblances et réservant peu de surprises. À tout le moins, les interprètes sont convaincus.

  • LES ACACIAS(Las Acacias) (3)

    <strong>Argentine. 2011. 83 min.</strong> Comédie dramatique de Pablo Giorgelli avec German De Silva, Hebe Duarte, Nayra Calle Mamani. De passage au Paraguay afin de charger puis de ramener à Buenos Aires des billes d'acacias, Ruben, camionneur solitaire au mitan de l'âge, accepte de mauvaise grâce de prendre à bord deux passagères: Jacinta, une jeune mère autochtone, et son bébé de cinq mois, Anahi. À première vue, les 1500 kilomètres du trajet seront très longs, tant pour Jacinta, qui espère trouver du travail grâce à sa cousine installée en Argentine, que pour le routier bourru, dérangé dans sa routine. Mais au contact de l'adorable et conquérant poupon, le mutique Ruben s'ouvre peu à peu. L'atmosphère de la cabine plus détendue, le camionneur et sa passagère engagent la conversation, décelant chez l'autre des blessures à l'âme qui les rapprochent. Lauréat de la Caméra d'or à Cannes en 2011, ce huis clos sur roues se distingue par une mise en scène précise et une intrigue minimaliste qui, tissée de fines observations psychologiques, mise moins sur les dialogues que sur le langage non verbal. Le jeu tout en retenue des interprètes confère à leurs personnages l'accent de la vérité.

  • L'ÈRE DU ROCK (Rock of Ages) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 123 min.</strong> Comédie dramatique de Adam Shankman avec Julianne Hough, Diego Boneta, Tom Cruise, Russell Brand, Paul Giamatti, Malin Akerman, Catherine Zeta-Jones, Alec Baldwin. Sherrie débarque à Los Angeles dans l'espoir de faire carrière comme chanteuse. Lorsqu'un voleur lui arrache sa valise sur Sunset Boulevard, Drew vole à son secours. Entre la jeune naïve de l'Oklahoma et le barman du Bourbon, un bar rock où ce dernier travaille en attendant de fonder son propre groupe, c'est le coup de foudre. Il la fait aussitôt embaucher comme serveuse par son patron, un rêveur au bord de la faillite, qui mise son va-tout sur le concert prochain de la formation Arsenal, dont le leader adulé des foules, Stacee Jaxx, s'apprête à amorcer une carrière solo. Alors que ce dernier, ivre et désabusé, s'enfonce dans le brouillard, son agent lui met dans les pattes une journaliste du Rolling Stone. Celle-ci ne tarde pas à voir clair dans le jeu de cet homme à femmes, qui va compromettre Sherrie aux yeux de Drew au point de provoquer leur rupture. Tandis que l'épouse soi disant vertueuse du nouveau maire de la ville fait campagne afin de faire fermer le Bourbon, Sherrie et Drew font des compromis qui les éloignent de leurs rêves. Tiré d'une revue musicale, ce nouvel opus d'Adam Shankman (HAIRSPRAY) prend appui sur une série d'intrigues connues, liant ensemble des numéros de qualité variable inspirés du corpus rock des années 1980. La réalisation ne manque pas d'énergie et la distribution ne ménage pas ses efforts, mais l'ensemble, passé quelques instants forts, manque d'audace et de folie.

  • ÇA, C'EST MON GARS (That's My Boy) (6)

    <strong>États-Unis. 2012. 116 min.</strong> Comédie de Sean Anders avec Adam Sandler, Andy Samberg, Leighton Meester, Milo Ventimiglia, Vanilla Ice, Will Forte, Tony Orlando, Peggy Stewart, Eva Amurri Martino. À la veille de se marier, le jeune financier Todd voit ressurgir dans sa vie son père Donny Burger qui, encore adolescent, avait dû se charger de l'élever pendant que sa mère Mary, enseignante au secondaire, purgeait une peine de prison pour détournement de mineur. En froid avec ce géniteur irresponsable et excentrique, demeuré une célébrité nationale en raison de ses exploits sexuels précoces, Todd le fait passer pour son meilleur ami auprès de sa contrôlante fiancée et de la famille de cette dernière. Afin de se racheter auprès de son fils, Donny lui enseigne l'importance du plaisir dans la vie. Mais alors qu'il est sur le point de se laisser convaincre, le jeune homme apprend la vraie motivation derrière le retour de son père: l'argent, et plus précisément les cinquante mille dollars offerts par le producteur d'une émission de téléréalité pour une rencontre exclusive en prison avec Mary et son fils. Adam Sandler atteint des sommets de vacuité avec cette comédie agressivement scabreuse et férocement misogyne, qui flatte avec une rare stupidité les plus bas instincts du public masculin. La réalisation est néanmoins compétente et outre Sandler, insupportable, et Andy Samberg, grimaçant et inconsistant, la distribution adopte le ton caricatural voulu.

  • THE BEAT HOTEL (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 88 min.</strong> Documentaire de Alan Govenar. Des artistes se remémorent leur séjour, à la fin des années 1950, dans un hôtel miteux de Paris, devenu le lieu de rassemblement des figures de proue de la Beat Generation. Au nombre desquelles on retrouvait William Burroughs, qui y termina la rédaction de "Naked Lunch". Cette incursion intimiste dans un lieu de création, mythique repaire de marginaux (Allan Ginsberg, Ian Sommerville, Brion Girsy, Gregory Corso, etc.), prend la forme d'un habile amalgame de photos signées Harold Chapman et d'illustrations d'Elliot Rudie, qui soutient de façon vivante les propos chaleureux et pertinents des participants.

  • LES ADIEUX À LA REINE (4)

    <strong>France. 2012. 100 min.</strong> Drame historique de Benoît Jacquot avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen, Xavier Beauvois, Noémie Lvovsky, Julie-Marie Parmentier. Versailles, 1789. À la veille de la Révolution française, la tension monte et les intrigues se multiplient dans les couloirs du Château de Versailles. Sidonie Laborde, lectrice de la reine Marie-Antoinette, idolâtre cette dernière, sans se rendre compte, comme du reste les autres membres de la cour, que leur existence insouciante, en vase clos, a cultivé leur ignorance face au peuple en colère. Refusant de se laisser démonter par la nouvelle de la prise de la Bastille, la reine continue d'entretenir avec la duchesse Gabrielle de Polignac, qui exploite éhontément l'affection de la monarque, une relation tissée d'ambiguïtés. Mais en réalisant l'ampleur de la grogne populaire, les courtisans, pris de panique, quittent Versailles. Et lorsque la foule chauffée à blanc atteint enfin les grilles du château, Marie-Antoinette implique Sidonie dans son plan de fuite. Benoît Jacquot (VILLA AMALIA) peint ici un attrayant tableau d'époque sur le thème du déni, inspiré du roman de Chantal Thomas. La caméra très mobile, qui multiplie les longs travellings, semble capter l'Histoire en mouvement. Au-delà de la mise en scène un brin crispée, les compositions des trois actrices sont solides.

  • FOREVERLAND (5)

    <strong>Canada. 2011. 93 min.</strong> Drame de Max McGuire avec Max Thieriot, Laurence Leboeuf, Demian Bichir, Matt Frewer, Juliette Lewis, Thomas Dekker. Will Rankin, atteint de la fibrode kystique, taquine la mort en se couchant à chaque jour dans le cercueil qu'il a réservé auprès d'un entrepreneur en pompes funèbres très compréhensif. Pourtant, le Vancouvérois vient de fêter ses 21 ans, un seuil psychologique pour les victimes de cette maladie pulmonaire mortelle, qui vient d'emporter son meilleur ami Bobby. Par testament, ce dernier a demandé à Will d'aller porter ses cendres dans un sanctuaire mexicain où coulerait une source aux vertus miraculeuses. Après beaucoup d'hésitations, le jeune malade consent à remplir son insolite mission. Il part donc à bord de la Mustang que son père lui a offerte pour son anniversaire, en compagnie d'Hannah, la soeur de Bobby. Mais sitôt arrivés dans l'État de Washington, les deux voyageurs se font voler la voiture par un remorqueur malhonnête. Commence alors pour eux un périple chaotique vers le Sud, tantôt à pied, tantôt sur le pouce, au cours duquel ils apprennent à mieux se connaître. Étant lui-même aux prises avec la fibrose kystique, Max McGuire apporte une vision quasi documentaire à ce road movie philosophico-sentimental, dont l'intérêt n'est cependant pas toujours soutenu. La faute à quelques développements peu palpitants ou caricaturaux. En revanche, la réalisation s'avère parfois créative et l'interprétation est sincère.

  • HORS LES MURS (4)

    <strong>Belgique. 2012. 100 min.</strong> Drame sentimental de David Lambert avec Guillaume Gouix, Matila Malliarakis, Mélissa Désormeaux-Poulin, David Salles. Paulo, un jeune pianiste bruxellois, entretient une relation ambiguë avec Anka, une dessinatrice de mode. En vérité, le musicien s'intéresse davantage aux garçons, ce qui n'échappe pas à sa fiancée. Lorsqu'elle se décide à le mettre à la porte, il trouve refuge chez Ilir, un barman et bassiste d'origine albanaise qu'il vient à peine de rencontrer, et qui l'accueille dans son minuscule studio. D'aventure sans lendemain, la liaison des deux hommes se mue bientôt en une profonde histoire d'amour. Celle-ci est toutefois mise à rude épreuve lorsqu'Ilir est incarcéré pour dix-huit mois après avoir été trouvé en possession de stupéfiants à la frontière allemande. Parce qu'il trouve difficile de ne voir son amoureux qu'une demi-heure par semaine, Ilir demande à Paulo de ne plus lui rendre visite en prison. Ce dernier finit alors par tromper sa solitude en acceptant les avances d'un propriétaire de sex-shop plus âgé que lui. Ce pas de deux sentimental assez touchant repose sur un scénario un peu mince, quoique bien ficelé, dégageant un parfum de déjà-vu. La réalisation organique, un poil trop consciencieuse et criblée de références aux films de la Nouvelle Vague, met en valeur le talent des deux excellents acteurs principaux.

  • MOONRISE KINGDOM (3)

    <strong>États-Unis. 2012. 94 min.</strong> Comédie dramatique de Wes Anderson avec Jared Gilman, Kara Hayward, Edward Norton, Bruce Willis, Frances McDormand, Bill Murray, Tilda Swinton, Harvey Keitel, Bob Balaban, Jason Schwartzman. New Penzance, 1965. Sam, un orphelin de douze ans, s'échappe du camp scout où ses tuteurs indignes l'ont envoyé pour l'été. Son but: retrouver Suzy, une jeune résidante de cette île de la Nouvelle-Angleterre, qu'il a connue l'été précédent, et avec qui il a depuis, à travers une correspondance assidue, planifié une escapade de quelques jours. Les retrouvailles secrètes puis la fuite des deux préadolescents marginaux, en quête d'une plage où ils pourront s'aimer, mettent New Penzance en émoi. Maître Scout Ward, responsable de Sam, et le capitaine Sharp, unique policier de l'île et amant de la mère de Suzy, prennent les devants pour organiser la battue. Ils sont suivis par le mari de cette dernière et des campeurs scouts, aux motivations nébuleuses. Tandis que les services sociaux, alertés par la fuite de Sam, envoient une émissaire pour le cueillir et l'expédier vite fait à l'orphelinat, l'île fait face à une autre menace, sous la forme d'un ouragan qui approche à grande vitesse. Le miniaturiste Wes Anderson (THE ROYAL TENENBAUMS) signe dans la veine de FANTASTIC MR. FOX une oeuvre à la fois ludique et dickensienne, nouant plusieurs intrigues mélancoliques sur les occasions manquées et la quête du père, des thèmes récurrents chez lui. La réalisation expressive met en valeur les décors saisissants et la distribution à l'enthousiasme épatant.