MONTRÉAL - Elle a connu une ascension fulgurante avec un succès populaire autant que commercial (autour de 200 concerts à son actif depuis 2010 et 30 000 albums vendus depuis la parution en mars). Malgré la frénésie, Lisa Leblanc garde le cap et le sourire. Lundi soir, sur la grande place des Festivals, elle est entrée aux FrancoFolies par la grande porte, avec une performance à la hauteur des attentes. Du brun qui a de la classe…

Découverte au Festival international de la chanson de Granby 2010, où elle a remporté le grand prix, la carrière de la chanteuse est partie en flèche. Peu de chanteurs québécois peuvent espérer de se retrouver, en si peu de temps, sur l’enviable scène Loto-Québec, la plus grande scène de l’événement. Il fallait voir les milliers de personnes entassées devant la structure pour saisir tout le trajet parcouru.

Et de toute évidence, elle le mérite. Humour débridé, simplicité déconcertante, lumineuse énergie, joie de vivre galopante sont des qualités qu’elle possède et utilise généralement à bon escient. Côté musique, son «folk-trash» frappe dans le mille.

La bête acadienne

Munie des chansons de son premier album (paru en mars) somme toute bien fait (réalisé par Louis-Jean Cormier, chanteur de Karkwa), elle a offert une très belle prestation, empreinte de sensibilité et de folie. Il faut le préciser, la qualité de cette interprète prend vraiment tout son sens sur les planches. C’est une bête de scène qui, malgré sa jeune expérience, maîtrise déjà le spectacle et l’esprit de la foule. On sourit, pleurniche, chantonne et se frappe les cuisses. Elle sait bien jouer avec les émotions. À notre grand plaisir.

Avec son banjo, la jeune femme a ouvert le bal avec «J'pas un cowboy», une chanson sympathique à souhait qui donnait le ton à la performance. La musique faussement brouillonne (on sent l’implication de Louis-Jean Cormier, chanteur de Karkwa, qui a poli l’album) et accrocheuse faisait déjà son effet. Ensuite viendront, notamment, «J't'écris une chanson d'amour» et la jolie balade «Lignes d’Hydro», qui parle d’une passion amoureuse brisée qui déchire le cœur.

Au tiers du spectacle environ, la chanteuse a fait rire bien des festivaliers grâce à son histoire de discussion téléphonique avec sa mère, qui habite toujours Rosaireville, au Nouveau-Brunswick, son village natal acadien d’une quarantaine d’habitants. «Ma mère, ces temps-ci, a des problèmes différents des miens», a dit celle qui habite la métropole depuis environ un an. «Elle me disait qu’elle avait vu deux orignaux, un ours, puis qu’elle avait mis du sel devant la maison pour éloigner les serpents. Moi, j’ai comme on dirait d’autres sortes de problèmes à Montréal…Le stress n'est pas pareil. J’sais pas, il y a comme un décalage entre ici et d’où j’viens.»

Juste après, Louis-Jean Cormier est apparu sur scène pour chanter à ses côtés la charmante «Kraft Dinner», racontant la simplicité d’être ensemble en amour, sans artifice.

Moment de bonheur quand elle a interprété quelques minutes plus tard une reprise de «Where Did You Sleep Last Night?», du chanteur blues noir américain Leadbelly, qui a fait ensuite le tour du monde sur le magnifique disque live de Nirvana, intitulé «Unplugged».

La prenante «Avoir su» (belles harmonies vocales et arrangements aériens à la Louis-Jean Cormier!) et «Y fait chaud» sont venues clore ce chaleureux concert extérieur. «Cette chanson est de circonstance avec les 40 degrés Celsius qui fait en ce moment. Y fait chaud, y fait chaud, en criss», a-t-elle lancé, en riant.

La belle histoire

Cette histoire est tellement belle pour Lisa Leblanc, qu’on ne peut que souhaiter que la magie continue longtemps d’opérer. Feu de paille ? On en a déjà été témoin avec d’autres artistes, mais dans ce cas-ci, ce serait bien étonnant. Elle a un véritable talent et un charme qui sauront probablement surmonter les déceptions de la popularité « instantanée ».

Quand se gonflaient dans la place les paroles «Peut-être que demain ca ira mieux, mais aujourd’hui ma vie c’est d’la marde», chantées en chœur par une audience conquise, on s’est dit que pour l’instant, tout allait bien. Lisa Leblanc est dans l’vent.

On ne crie pas au génie musical avec l’Acadienne, c’est plutôt sa sincérité humaine qui gagne notre cœur.

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  • Lisa Leblanc aux FrancoFolies 2012

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  • Lisa Leblanc aux FrancoFolies 2012

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  • Lisa Leblanc aux FrancoFolies 2012

  • Lisa Leblanc aux FrancoFolies 2012

  • Lisa Leblanc aux FrancoFolies 2012

  • Lisa Leblanc aux FrancoFolies 2012

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  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Collectif Métissé (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Collectif Métissé (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Collectif Métissé (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Collectif Métissé (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Collectif Métissé (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Collectif Métissé (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Collectif Métissé (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Collectif Métissé (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Collectif Métissé (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Lisa Leblanc (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Lisa Leblanc (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Lisa Leblanc (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    La foule durant Lisa Leblanc (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Monique Giroux pour ses 25 ans de radio (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Catherine Major pour les 25 ans de radio de Monique Giroux (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Monique Giroux pour ses 25 ans de radio (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Music Is Not Fun (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Music Is Not Fun (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Music Is Not Fun (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Music Is Not Fun (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Music Is Not Fun (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Samian (Crédit photo: Marc Young)

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    Samian et Anodajay (Crédit photo: Marc Young)

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    Durant le concert de Samian (Crédit photo: Marc Young)

  • FrancoFolies de Montréal: 11 juin 2012

    Samian (Crédit photo: Marc Young)