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Grand Prix de Montréal: Charest défend les interventions contre les «groupes d'extrême gauche»

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QUÉBEC - Le premier ministre Jean Charest a défendu lundi le travail des policiers qui ont assuré la sécurité du Grand Prix de Formule 1, soutenant que des "groupes d'extrême gauche" avaient posé une menace au plus important événement touristique du Canada.

De son côté, l'opposition péquiste a exigé des explications du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, sur les allégations de profilage à l'endroit des citoyens portant le carré rouge.

À l'issue d'un discours prononcé à la Conférence de Montréal, M. Charest a déclaré que les policiers "ont très bien fait leur travail" dans les circonstances.

"Quand on a 100 000 personnes sur un même site, il faut prendre les moyens et les mesures pour s'assurer que tout le monde est en sécurité", a-t-il affirmé.

Le premier ministre a fait remarquer que les revendications des protestataires débordaient largement la question des droits de scolarité. "Les manifestants ne s'attaquent plus au gouvernement du Québec, ils s'attaquent aux Québécois et à un système économique", a-t-il argué.

Jean Charest a soutenu ne détenir aucune information quant aux incidents de "profilage politique" dénoncés par la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). Des personnes se rendant au parc Jean-Drapeau en fin de semaine se sont plaintes d'avoir été fouillées parce qu'elles portaient le carré rouge du mouvement étudiant.

M. Charest a noté que certaines des personnes arrêtées transportaient des pierres, des cocktails Molotov ou des pièces pyrotechniques.

Le chef libéral n'a pas exclu que la contestation étudiante puisse avoir un impact sur les élections complémentaires qui se déroulent lundi dans les circonscriptions de LaFontaine (Est de l'île de Montréal) et d'Argenteuil (Basses-Laurentides).

"C'est un enjeu qui est en toile de fond, a-t-il convenu. (...) On verra aux résultats ce soir."

Interrogé sur les répercussions à l'étranger, Jean Charest a convenu que le conflit "ne donne pas l'image du Québec que nous voulons".

"Mais les gens comprennent que ces choses peuvent survenir de temps à autre", a-t-il estimé.

En entrevue à La Presse Canadienne, le député péquiste Nicolas Girard a quant à lui soulevé des doutes sur le comportement des forces de l'ordre pendant le week-end de festivités.

Selon lui, les policiers ont semblé faire preuve d'un zèle "abusif" envers ceux portant le carré rouge en appui à la cause étudiante.

"Ça me semblait abusif ce qui s'est passé en fin de semaine alors que des gens qui s'en allaient travailler ou qui allaient à la Ronde se faisaient fouiller systématiquement parce qu'ils portaient un carré rouge", a-t-il relaté.

M. Girard estime que les incidents rapportés par les médias sont suffisamment sérieux pour que le ministre Dutil sorte de sa réserve et rende des comptes à la population sur la nature des interventions policières de la dernière fin de semaine.

Le député de Gouin ne va pas jusqu'à conclure qu'il y a eu "profilage politique" contre les "carrés rouges", mais il juge nécessaire que le ministre de la Sécurité publique fournisse des explications pour dissiper le doute.

"Le ministre Dutil doit expliquer la situation et tenter de justifier les interventions parce qu'il y a de nombreuses questions qui se posent à la suite de ce qui est arrivé cette fin de semaine. Il y a bien des Québécois qui sont inquiets", a soutenu M. Girard.

Le député souverainiste réclame aussi des excuses de la part de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, qui a associé il y a quelques jours le carré rouge à la "violence et l'intimidation".

Mme St-Pierre a fait cette sortie à la suite du refus, à cause de la crise sociale, du conteur Fred Pellerin d'être fait chevalier de l'Ordre national du Québec.

Amalgamer carré rouge et violence est "irresponsable, bassement partisan" et constitue une insulte pour tous les Québécois opposés à la hausse "excessive" des droits de scolarité, a dénoncé le député Girard.

"Est-ce que je dois comprendre que pour elle (la ministre St-Pierre), Fred Pellerin encourage la violence? Que Xavier Dolan encourage la violence? Que tous les artistes portant le carré rouge, que les juristes de l'État encouragent la violence et l'intimidation?", a-t-il soulevé.

M. Girard arbore le carré rouge à l'Assemblée nationale comme sa chef Pauline Marois et tous ses collègues du PQ à l'exception notable du député de Richelieu, Sylvain Simard. Le premier ministre Charest ne manque d'ailleurs jamais une occasion d'associer le Parti québécois au symbole le plus voyant de la cause étudiante.

Pour sa part, le ministre Robert Dutil a n'a pas répondu à la demande d'entrevue sur son appréciation du travail policier pendant la fin de semaine du Grand Prix. Son attaché de presse, Mathieu St-Pierre, s'est chargé de la réplique.

"Il existe des mécanismes d'appels autonomes et indépendants pour les gens qui croient avoir été lésés lors d'interventions policières, c'est-à-dire le commissaire à la déontologie", a-t-il indiqué dans un courriel.

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