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FrancoFolies 2012: Jean-Louis Murat, animal poète

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JIMMY HUNT
Jean-François Cyr

Artiste qui ne laisse personne indifférent, Jean-Louis Murat s'est présenté sur la scène du Club Soda avec cette intensité qu'on lui connaît bien. Sans présentation, ni détour, il a envoyé de sa voix langoureuse, dramatique et puissante des riffs de guitare électrique. « La lettre de la pampa » était lancée. Sur les planches, les mots, pour lui, existent d'abord pour chanter. Quelques minutes suffisaient à la soirée pour capter l'intensité de cet homme sans compromis. Second spectacle en autant de soirs pour l'Auvergnat de soixante ans.

Il était venu aux FrancosFolies 2010 pour offrir Cours ordinaire des choses, album enregistré à Nashville, au Tennessee. Il aime la langue française et la livre avec rigueur. Sorte d'animal poète, calme, mais d'instinct sauvage, qui remet en question l'Homme et le monde.

« L'idée de ton retour, splendide comme jamais


Torturant et étrange, fait souffrir de l'époque


Il n'y a pour le moment plus de poissons dans l'eau 


Je ne comprends pas les hommes »

Ce qu'on a réalisé d'entrée de jeu, c'est que ce concert à la formule rock s'adresse aux vrais amateurs de Jean-Louis Murat. Difficile à expliquer, c'est dans l'approche sombre et peut-être un peu hargneuse de la performance que l'on pourrait trouver des pistes d'explication. Il a définitivement ce grain abrasif au cœur qui peut en déstabiliser quelques-uns. Cela dit, attention, rien n'éclabousse ici. Tout en contrôle, Murat fait dans les nuances. Du rock français au niveau du sol, et des trippes. C'est dans cette veine qu'il a proposé les textes de son récent album Grand lièvre, une signature scénique qui diverge passablement de l'atmosphère plus douce et éthérée du disque.

Accompagné de son complice Slim Batteux (orgue), du nouveau joueur funky Christophe Mink (basse) et de l'énergique batteur Stéphane Reynaud, le chanteur a livré un peu moins d'une vingtaine de pièces. C'est à la troisième composition, Le champion espagnol, qu'on a senti la première véritable charge émotive du concert. Mais n'ayez crainte, il y en a plus d'une dans ce voyage folk électrique à la fois lumineux et vengeur dans lequel on découvre des ambiances pesantes, vibrantes, mais teintées de respire et d'espoir.

Il aura joué environ une dizaine de chansons (notamment la très appréciée « Vendre les prés », « Alexandrie », « Les rouges souliers » ou l'entrainante « Sans pitié pour le cheval ») provenant de Grand lapin, enregistré en quelques jours dans le Sud de la France. Pour le reste, quelques chansons inédites, « Je me donne » et « Je ne cesse de penser à toi ». Mentionnons l'impressionnante introduction de ce dernier morceau : guitare lourde, batterie nerveuse puis une basse toute en rondeur. Une balade qui parle de passion dramatique et d'envie, livrée avec brio.

Tristement, la salle du Club Soda était quelque peu dégarnie pour le second concert de l'homme de grand talent. Les présents, malgré certains réfractaires, ont semblé bien aimer.

Blues inventif de Jimmy Hunt

Armé de sa guitare Fender Telecaster au look vintage, d'un mini assemblage batterie, de sa fidèle harmonica, Jimmy Hunt a livré - avec son nouvel ami de scène Christophe Lamarche-Ledoux (Organ Mood, Rock Forest) - , une excellente première partie.

On le sait déjà talentueux, mais à notre avis, le gars de Québec d'adoption montréalaise a certainement livré une de ses plus belles performances. Un univers blues-folk qui prépare à merveille l'arrivée de Jean-Louis Murat. De belles mélodies (« Nos corps »), de superbes arrangements bonifiés par les rythmes sourds du clavier de son comparse. L'ambiance aussi est belle, à la limite d'un rock posé qui respecte la signature de son travail solo entamé après sa séparation du groupe Chocolat. Neuf pièces bien senties. Un travail sans artifice, intelligent, qui laisse à croire qu'il a mis la main sur quelque chose d'authentiquement Hunt.

La dernière chanson, « Everything Crash », a bouclé de belle façon ces 45 minutes d'un show touchant, inventif et vivant. Bons rythmes de drum au pied, jolis riffs de guitare électrique, harmonica bluesy, c'est rêveur, romantique et cool. On se sent dans le vent, à rouler sur la plaine, jusqu'à ce bar sympathique au milieu de nul part.

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