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FrancoFolies 2012: pari réussi pour Catherine Major (PHOTOS)

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CATHERINE MAJOR
Marc Young

MONTRÉAL - Dans les premiers instants du spectacle d'ouverture de la programmation intérieure des Francos, les mots « ma voix comme un cadeau, qu'un ami m'aurait fait » résonnaient au Théâtre Maisonneuve. La table était mise pour Catherine Major, pianiste passionnée, chanteuse exaltée, qui nous a ensuite transporté dans l'inconnu de la percutante « Saturne sans anneaux ». Voyage dans un univers unique d'une chanteuse tout aussi singulière. Temps suspendu.

Rencontrée quelques jours avant sa prestation, Catherine Major nous avait raconté que cet événement était pour elle un mandat fort important à ses yeux. En filigrane de la discussion, nous pouvions percevoir une légère hésitation. Une fébrilité certaine, disons. « Le sol est instable, il faudra s'en méfier, malgré la beauté, du plancher », a clamé la chanteuse dans la troisième chanson. Un pari réussi cette soirée ?

Il faut le dire, Alex McMahon, réalisateur du dernier album Le désert des solitudes et âme sœur musicale de la chanteuse, se paye la belle affaire dans ce spectacle truffé d'ingénieux et fins arrangements. Bien qu'il soit d'abord reconnu pour ses talents de claviériste, il fallait le voir à la batterie, un travail remarquable. Pensons à l'énergique pièce « Tape dans ton dos », introduite au piano d'une jolie manière (au deux tiers du concert) par la musicienne (qu'il est venu rejoindre pour un trip de quatre mains au clavier !). Et que dire du talent incontestable des deux autres musiciens principaux que sont Mathieu Désy (basse et contrebasse) et David Laflèche (guitares et pedal steel). Le quatuor à cordes féminin Mommies on the Run (également du dernier projet de Patrick Watson) a également ajouté de la « finesse » à la luxuriante orchestration.

Catherine Major a présenté sur scène toutes les compositions du dernier disque, en plus de certaines chansons (« La rua Madureira », Sahara» ou encore l'entrainante et bien récupérée « Dans l'au-delà ») de son gravé précédant intitulé Rose sang.

Après « Fais pas l'affaire », l'artiste a enchaîné avec « Bien » et une ballade de Chopin (no.1 en sol mineur, op. 28). Seule devant un piano découpé par des faisceau lumineux orangé, la musicienne a livré ce morceau qu'elle affectionne particulièrement. Moment d'angoisse pour elle qui s'est finalement révélé être un passage inspirant, gracieux, qui a eu l'effet escompté... en mettre plein la vue.

Multiples visages

Élégante dans sa robe noire et ses petites bottes à talon, Catherine Major paraissait dans son élément. Intense, théâtrale, poétique, sensuelle, Catherine Major a ponctué la soirée de quelques interventions anecdotiques.

Mentionnons sa charmante histoire personnelle mais quelque peu décousue qui parle de sa rencontre avec une femme haïtienne qui a perdu plus de 20 membres de sa famille dans le terrible tremblement de terre : le taxi, l'épicerie, la danse, la messe à l'église... La voix d'Alex McMahon qui incarne des bonhommes haïtiens pimente le monologue. Un peu long, mais rigolo. Expérience. Bref, un détour servant à présenter la douce et introspective « Un blanc sur ma mémoire ».

Deux chansons plus tard, la sympathique et rock'n'roll « Bain d'épices » préparait la fin du spectacle. C'est « Le piano ivre », qui a toutefois clôt le bal. Généralement captivée par la prestation de Catherine Major tout le long de la soirée, l'audience en a redemandé. En guise de rappels, la troupe a proposé quatre pièces, dont « Chanson sans lui », « La voix humaine » et « Ourse », pour laquelle Major s'est retrouvée de nouveau seule au piano.

Au final, une très belle soirée, malgré quelques petites longueurs associées aux « monologues » que la chanteuse parsème durant le spectacle. Il y a aussi eu quelques élans maniérés de trop et des envolées vocales de style chanson française qui détonent avec le reste de la proposition musicale, de très grande qualité.

Une mention toute spéciale à Stéphane Grimm, à la sonorisation, et à Nyco Desmeules, responsable de la conception des magnifiques éclairages violacés, rouges, verts, bleus.

« J'aimerais remercier chaleureusement toute l'équipe de Spectra pour sa confiance... Je dois admettre que je n'ai pas beaucoup dormi ces dernières nuits », a-t-elle partagé d'une touchante façon à la fin de son concert.

Au milieu de cette généreuse ovation à la fin du concert, on ne pouvait se dire qu'une chose... Mission accomplie.

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