Environnement : Stephen Harper veut couper les vivres aux groupes qui s'opposent aux projets énergétiques

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Comme si les relations entre les environnementalistes et les conservateurs n'étaient pas encore assez tendues, le premier ministre Stephen Harper est venu jeter de l'huile sur le feu jeudi en s'engageant à couper les vivres aux groupes qui s'opposent aux projets énergétiques de son gouvernement.

De passage à Paris pour rencontrer le nouveau président français François Hollande, Stephen Harper y est allé d'une déclaration qui risque d'envenimer davantage les relations déjà difficiles entre les environnementalistes et son gouvernement.

Interrogé sur le financement offert par Environnement Canada à certains groupes qui s'opposent à des projets énergétiques, le premier ministre a répondu sans équivoque : si le gouvernement finance des groupes environnementaux qui ne partagent pas son opinion, leurs vivres seront coupés.

À Ottawa, les réactions ne se sont pas fait attendre. « Pour moi, pour un premier ministre, dire quelque chose comme ça, c'est incroyable, c'est ignorant et c'est vraiment dangereux », a déploré le leader parlementaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Nathan Cullen.

« C'est clair que ce gouvernement n'est pas intéressé à avoir ce dialogue, n'est pas intéressé à avoir des différents points de vue et n'aime pas la recherche qui n'est pas d'accord avec [son] idéologie », a pour sa part affirmé le chef intérimaire du Parti libéral du Canada, Bob Rae.

« Faire taire la dissidence »

Pour sa part, David Green porte-parole du Sierra Club du Canada, a déclaré sur les ondes du RDI vendredi que Stephen Harper « veut faire taire la dissidence, mais pire que ça, il veut faire taire des groupes environnementaux qui agissent de façon professionnelle pour éviter des dommages environnementaux. »

M. Green croit que le premier ministre veut « des projets sans aucune surveillance environnementale indépendante. »

« Il veut des projets, où on signe au bas de la page ce que le promoteur veut », a déclaré M. Green.

Cette sortie du premier ministre survient au moment où les conservateurs viennent d'abolir la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie, dont le mandat est de conseiller le gouvernement fédéral.

Même l'ancien député conservateur et réformiste qui siège au sein de l'organisme, Bob Mills, estime que le gouvernement Harper va trop loin. « Nous n'avons pas besoin de meneuses de claque, mais des gens intelligents », a-t-il lancé.

Le ministre de l'Environnement, Peter Kent, se défend en disant que le budget de 5 millions de dollars peut être mieux utilisé pour protéger l'environnement et l'économie.

Quoi qu'il en soit, jamais le gouvernement n'a été aussi clair dans son désir d'atténuer la contestation. Cette nouvelle déclaration survient au moment où il s'apprête à modifier une série de lois et de règlements dans son controversé projet de loi omnibus C-38.

Le projet de loi propose entre autres d'accélérer le processus d'évaluation environnementale, et confirme le retrait du Canada du protocole de Kyoto.

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