Popularité: Hollande et Ayrault en état de grâce et tout proches de Sarkozy et Fillon

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François Hollande et son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. | AFP

POPULARITÉ - Si la bataille des législatives s'annonce plus compliquée que prévue, le couple exécutif peut au moins se prévaloir de ne pas avoir raté ses débuts. Un mois après l'élection de François Hollande à la présidence de la République, le chef de l'Etat affiche une cote de popularité radieuse, selon le baromètre des personnalités de l'Ifop pour Paris-Match révélé ce mardi 5 juin.

A la question "approuvez-vous ou désapprouvez-vous l'action de François Hollande comme président de la République?", 63% des sondés répondent qu'ils l'approuvent, contre 36% qui la désapprouvent, et 1% qui ne se prononcent pas. En 2007, 67% des Français approuvaient l'action de Nicolas Sarkozy au tout début de son quinquennat, contre 32% qui la désapprouvaient et 1% qui ne se prononçaient pas. Un signe que l'état de grâce, dont on pouvait imaginer qu'il serait ténu compte tenu de la situation économique ambiante, joue pleinement pour le nouvel hôte de l'Élysée.

La greffe a encore mieux pris du côté de Matignon où, toujours selon l'Ifop, Jean-Marc Ayrault jouit d'une popularité record. 68% approuvent son action, contre 29% qui la désapprouvent. En mai-juin 2007, 63% des Français approuvaient l'action de son prédécesseur François Fillon contre 36% ne l'approuvant pas. Dans le détail, le jugement des Français reste très flatteur: 81% estiment que le nouveau Premier ministre "dirige bien l'action de son gouvernement", 79% qu'il "est un homme de dialogue", 76% qu'il "est proche des préoccupations des Français" et 75% qu'il "mène une bonne politique sociale".

Le règne de la "normalité"

Cette marque de confiance quasi-unanime, qui accompagne traditionnellement l'entrée en fonction des chefs d'Etat, marque donc le début d'une présidence réussie, François Hollande étant parvenu, aux yeux des sondés, à endosser sans trop de difficultés le costume de chef de l'Etat. Ainsi, 77% des personnes interrogées considèrent qu'il "est proche des préoccupations des Français" et 72% qu'il "défend bien les intérêts de la France à l'étranger".

La "normalité" érigée en style présidentiel trouve également ses adeptes: 70% des sondés jugent que François Hollande "renouvelle la fonction présidentielle". "Par petites touches, on a un président qui par sa manière de fonctionner, s'impose en totale rupture par rapport à l'ère Nicolas Sarkozy", estime Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop.

De sa cérémonie d'investiture à la simplicité de ses modes de déplacement jusqu'aux consignes de sobriété adressées aux membres du gouvernement, François Hollande n'a pas dérogé à la règle de simplicité qu'il avait fait sienne pendant sa campagne présidentielle. Un comportement apprécié en cette période de crise, sur laquelle plane encore et toujours la menace de nouveaux plans sociaux.

Le plus dur n'a pas encore commencé

Reste la question de son efficacité, déjà plus nuancée mais plutôt favorable pour un président de gauche: 59% des sondés estiment qu'il mène "une politique efficace contre la dette et les déficits publics". Pour autant, comme le rappellent ses détracteurs, le nouvel exécutif n'est pas encore entré dans le vif du sujet.

La crise de la dette n'est pas finie et pourrait même s'aggraver d'ici à la fin du mois de juin, dans la foulée des élections législatives grecques. La droite ne cesse d'ailleurs de tirer la sonnette d'alarme sur les coûts à venir des premières mesures arrêtées par le gouvernement: retour à la retraite à 60 ans pour une catégorie de la population, embauche programmée de 1000 fonctionnaires dans l'Education d'ici à la fin de l'année.

"Il a bien négocié les premières semaines, notamment en politique étrangère" en portant "une thèse positive, celle du soutien à la croissance", concède dans Direct Matin le patron du Modem, François Bayrou. "Pour autant, prévient le chef de file centriste, aucune des décisions importantes qui vont devoir être prises n'a été abordée. Tout cela viendra après le 17 juin".

François Fillon ne dit pas autre chose. "La question des déficits va s'imposer au gouvernement dans les semaines ou les mois qui suivent", avertit l'ancien premier ministre, en campagne pour rejoindre le Palais-Bourbon et gagner la présidence de l'UMP.

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