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Cinéma : Les 100 ans du studio Nikkatsu, à Montréal

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JIRAIYA NINJA
Une image du film Juraya le Ninja, de Shozo Makino (1929) | Courtoisie

Après des passages remarqués au Lincoln Center de New York et à la Cinémathèque française, Montréal accueillera à son tour la rétrospective organisée pour marquer le centenaire du studio de cinéma japonais Nikkatsu. Quinze films seront projetés en deux temps : d’abord cinq dans le cadre du Festival du film Fantasia, du 19 juillet au 7 août, puis dix en marge du Festival du nouveau cinéma (FNC), entre le 10 et le 21 octobre.

Pour les deux festivals montréalais, cette collaboration est une première, née à l’initiative de la Sodec, la Société de développement des entreprises culturelles du Québec. «Ils nous ont approché en nous suggérant de nous associer avec Fantasia», a indiqué Julien Fonfrède, lors du point presse organisé mardi pour annoncer l’événement. Au départ, le programmateur du FNC reconnaît qu’il a été «surpris», avant de totalement souscrire à l’idée de la Sodec. «Seul, on aurait pas pu présenter autant de films», a-t-il expliqué.

Son homologue de Fantasia, Nicolas Archambault, s’est dit lui aussi «très fier et très heureux» de cette association qui va permettre de présenter au public québécois un large éventail de films produit par l’une des plus anciennes compagnies de cinéma japonaises. «Nous allons proposer un survol court, mais complet de l’apport de la Nikkatsu au 7e art», a-t-il ajouté.

Au fil des décennies, «le studio est resté à l’avant-garde des genres et des tendances», signale Julien Fonfrède, qui a eu le sentiment de puiser dans un trésor pour composer sa sélection. La filmographie de Nikkatsu «reflète l’histoire des transformations du cinéma, mais aussi celles de la société et de la culture japonaises», souligne le programmateur, qui tenait à montrer cette richesse «à travers toutes les époques».

15 films, de 1897 à 1999

Grâce à la collaboration de la Cinémathèque québécoise, qui a permis l’accès aux copies d’archives de la Nikkatsu, le FDN projettera dix films éclectiques. De Momijigari (qui signifie «promenade sur les feuilles d’automne», selon Julien Fonfrède), réalisé en 1897 par Tsunekichi Shibata, à Charisma, de Kiyoshi Kurosawa (1999), en passant par Juray the Ninja et ses effets spéciaux (1921) ou encore Singing Lovebirds, la première comédie musicale japonaise sortie en 1939.

Nicolas Archambault s’est lui focalisé sur la période des années 60 et 70, avec des films comme Tokyo Drifter, de Seijun Suzuki, dont le programmateur a apprécié le côté «anti-conformiste», Slaughter gun, qui met en scène des yakuzas, ou Postman Blues, sur les aventures d’un facteur à Tokyo.

Une accréditation commune FNC/Fantasia, spéciale 100 ans de la Nikkatsu, sera proposée aux cinéphiles pour l’ensemble de la rétrospective. Son prix et ses modalités d’obtention seront dévoilés ultérieurement.

Une première qui en appelle d’autres ?

Le FDN et Fantasia ont déjà eu des envies de coopérations, mais pour différentes raisons, «on n’avait pas réussi à les mettre en place», indique Nicolas Girard Deltruc, le directeur général du Festival du nouveau cinéma, qui reconnaît pourtant que cette association «allait de soi».

Au-delà de la rétrospective Nikkatsu, il espère que vont s’ouvrir «d’autres avenues de collaboration entre les deux festivals majeurs de cinéma à Montréal». Le président de Fantasia, Pierre Corbeil, n’y voit pas d’inconvénients. Il croit en effet aux synergies entre les deux festivals «pour en faire plus dans un univers local et international qui nous force à être efficace».

Les deux hommes avouent même s’être découvert des atomes crochus grâce à la Sodec. S’ils veulent chacun rester sur les lignes éditoriales de leurs rendez-vous ciné, ils n’excluent pas de mutualiser leurs moyens. «On pourrait par exemple faire de la promo croisée pour diviser les coûts par deux», imagine Pierre Corbeil.

«Dans cette période de coupures budgétaires dans le secteur de la culture, nous devons multiplier les contacts et les collaborations pour passer au travers de la tempête», conclut Nicolas Girard Deltruc.

Les films présentés du 19 juillet au 7 août dans le cadre de la 16e édition du Festival international de films de Fantasia

- Tokyo Drifter, de Seijun Suzuki (1966)
- Slaughter Gun, de Yasuharu Hasebe (1967)
- Profound Desires of the Gods, de Shôei Imamura(1968)
- Stray Cat Rock : Sex Hunter, de Yasuharu Hasebe (1970)
- Postman Blues, de Hiroyuki Tanaka (1997)

Les films présentés du 10 au 21 octobre dans le cadre du 41e Festival du nouveau cinéma

- Momijigari, de Tsunekichi Shibata (1897)
- Juraya the Ninja, de Shozo Makino (1921)
- Singing Lovebirds, de Masahiro Makino (1939)
- The Sun in the Last Days of the Shogunate, de Yuzo Kawashima (1957)
- The Woman from the Sea, de Koreyoshi Kurahara (1959)
- I Hate but Love, de Koreyoshi Kurahara (1962)
- Intentions of Murder, de Shôei Imamura (1964)
- Retaliation, de Yasuharu Hasebe (1968)
- Secret Chronicle : She-Beast Market, de Noboru Tanaka (1974)
- Charisma, de Kiyoshi Kurosawa (1999)