La 36e manifestation nocturne a pris une tournure inattendue, lundi soir, à Québec. Quelque 200 personnes ont marché dans les rues de la Haute-Ville sans la moindre escorte policière.

Contrairement à leur habitude, les policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ne sont pas venus à la rencontre des manifestants devant l'Assemblée nationale pour leur demander de remettre l'itinéraire de la marche.

Après une vingtaine de minutes de manifestation dans le quartier Montcalm, les participants ont cependant été pris en souricière par l'escouade de contrôle de foule du SPVQ. Les manifestants ont ensuite été refoulés sur le boulevard René-Lévesque où ils ont été forcés de reprendre le chemin du Parlement.

Deux personnes ont reçu des constats d'infraction, dont Gaël Skakni, qui a injurié un policier. Il s'explique mal l'intervention du SPVQ. « À un moment donné, la police est arrivée, il n'y a jamais eu d'avis de dispersion. L'antiémeute est débarquée et on a été obligé de marcher sur les trottoirs par la suite, mais il n'y a jamais eu de problèmes. Tout se déroulait très bien jusqu'à leur arrivée. Et encore là, il n'y a eu aucun méfait, aucun dommage. »

Jérome Godbout se trouvait aussi dans la foule lorsque les manifestants ont été forcés de reprendre le chemin de l'Assemblée nationale. Avec cette stratégie, il croit que la police tente de mettre un terme aux manifestations à Québec.

« Au début, je me demande bien qui leur a dit de ne pas envoyer de policiers ici, parce que c'était évident qu'il allait y avoir une manifestation. Je pense qu'on a juste plus le droit de manifester et de donner son opinion dans la rue là. »