VIDEO

Jérôme Kerviel: son procès en appel commence à Paris (VIDÉO)

04/06/2012 08:03 EDT | Actualisé 03/08/2012 05:12 EDT

AFFAIRE KERVIEL - Deux ans après son procès en première instance, le procès en appel de Jérôme Kerviel, ancien opérateur de marché de la banque Société Générale, s'est ouvert ce lundi 4 juin à Paris. Poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque, il avait été condamné en 2010 à cinq ans de prison dont trois fermes. Il devait aussi s'acquitter de dommages et intérêts à hauteur de ce qu'il aurait fait perdre à la banque, soit 4,9 milliards d'euros. Accueilli par les journalistes et les photographes au Palais de justice, Jérôme Kerviel n'a pas prononcé un mot avant l'audience.

Pour ce nouveau procès, Jérôme Kerviel semble déterminé à prouver qu'il ne peut pas avoir été seul dans cette affaire. S'il ne nie par avoir perdu le sens des réalités, l'ex-trader dément avoir agi à l'insu de son employeur. Il affirme que ses supérieurs étaient au courant de ses opérations et qu'ils laissaient faire tant que cela permettait de gagner de l'argent. "Il est hors de question que j'assume les actes de la banque et du système et que je paie pour eux", avait-il déclaré publiquement en avril dernier.

Une position qu'il a réaffirmée dès le début de l'audience. Il a expliqué à la présidente pourquoi il avait fait appel en ces termes : "Je considère que je ne suis pas responsable de cette perte et des faits qui me sont reprochés, j'ai toujours agi en connaissance de cause de ma hiérarchie."

Changement de stratégie

Jérôme Kerviel a donc modifié sa stratégie. Tout d'abord, il a changé d'avocat. Représenté auparavant par Olivier Metzner avec qui il était en désaccord sur la stratégie de défense à adopter, il l'est désormais par le très médiatique David Koubbi - ce dernier s'est forgé une réputation en représentant Tristane Banon ainsi que le Docteur Stéphane Delajoux.

Le nouveau conseil de Jérôme Kerviel souhaite démontrer que son client n'a pa pu déjouer seul les systèmes informatiques de la banque. Ce matin, il doit d'ailleurs produire un témoignage inédit. Dans une lettre que l'Express a réussi à se procurer, un ancien employé de la Société Générale explique pourquoi Kerviel n'a pas pu agir seul. Selon lui, la sécurité informatique est si développée dans l'entreprise que des opérations frauduleuses ne peuvent pas passer inaperçues.

L'accusé accuse

Me David Koubbi s'est montré également plus agressif que son prédecesseur. Sur ses conseils, Jérôme Kerviel a porté plainte contre son ancien employeur pour faux et usage de faux et escroquerie au jugement. Selon Me Koubbi, la banque aurait non seulement pratiqué des enregistrements sauvages mais elle aurait également récupérer sans en informer la justice, 1,7 milliard sur les 4,9 milliards perdus grâce à une manoeuvre fiscale. Outrée la Société Générale a, à son tour, porté plainte pour dénonciation calomnieuse.

Ces nouveaux éléments annoncent donc des échanges tendus entre David Koubbi, et les trois avocats de la Société Générale. Le procès doit se tenir jusqu'au 28 juin.