Léo vient de poser sa valise. Manifestement au mauvais endroit. Il est enfermé dans un lieu clos qui ressemble à une boîte. Et le voilà qui essaie d'en sortir.

L'astuce sur laquelle repose le spectacle, c'est la projection en temps réel et grandeur nature des efforts de Léo, sur un écran à côté de sa chambre close. Or, l'image est «couchée». Avez-vous déjà commis l'erreur de filmer, à la verticale, avec un caméscope? Lors du visionnement, votre personnage devenu horizontal semble marcher sur le mur. C'est ce qui se produit ici.

L'acteur allemand Tobias Wegner exécute ainsi une panoplie de contorsions mises en scène par le québécois Daniel Brière. Reproduites de travers sur l'écran, elles portent à sourire les uns, en font rire d'autres à gorge déployée.

La première partie du spectacle se concentre autour de ce procédé et de ses effets étranges, absurdes, improbables. La cravate de Léo flotte dans l'espace et l'eau jaillit de la bouteille du mime vers sa bouche.

La seconde partie, plus poétique, permet d'autres niveaux de lecture. Léo se met à rêver. Il dessine à la craie un décor et des bêtes pour meubler sa vie et l'animer. Ces dessins enfantins en deux dimensions s'intègrent dans la scène vivante en trois dimensions, créant un magnifique moment.

Puis ce monde imaginé échappe au contrôle de Léo lorsque des projections colorées l'envahissent. Il s'y perd. La suite nous suggère que le chemin de la liberté se trouve en nous-mêmes.

Présenté à la Salle Multi de Méduse les samedi 2 juin et dimanche 3 juin à 19h, les lundi 4 juin (supplémentaire), mardi 5 juin et mercredi 6 juin à 20h.