Un écran immense projetant une lune grandiose, six tables tournantes déposées sur une couverture sombre, à même le sol, une scène épurée et une attitude théâtrale; c'est tout ce dont Jeff Mills a besoin pour parcourir et s'approprier l'espace, voire même la galaxie.

Au Métropolis jeudi soir, pour la deuxième soirée NOCTURNE du Festival MUTEK, c'est un univers galactique qu'a présenté l'artiste, visiblement fort attendu, lors d'une solide performance baptisée pour l'occasion «The Messenger/Sleeperwakes».

Il faut dire que le duo Monolake, originaire d'Allemagne, avait bien réchauffé la foule en présentant, en première Canadienne, leur énigmatique «Ghosts in Surround Sound» juste avant l'arrivée de Mills. Il faut aussi dire que leur sourire et leur bonheur évident d'être sur scène ont facilement pu nous les faire aimer en un instant, avant même la toute première note...

C'est par terre et à genoux que Jeff Mills a ensuite choisi de jouer avec les sons. Des sons lunaires bordés de satellites, des sons robotiques, tous en orbite.

«Approaching moon», pouvait-on voir en grosses lettres en début de performance. C'est tout à fait le chemin que le DJ nous a fait parcourir, à mi-chemin entre la Terre et les étoiles, que l'on pouvait pratiquement entendre briller tout autour.

Tel un Spoutnik décollant vers un autre univers, les mélodies se sont d'abord laissées désirer, ont souvent tardé à venir, avant de prendre plusieurs envols distincts et d'entreprendre de belles montées.

L'inspiration de Mills – qui est un fou de cinéma - émane souvent de son penchant pour les grands films classiques de science-fiction à la Kubrick (2001, L'Odyssée de l'espace) ou à la Lang (Metropolis). Les sonorités, les mélodies, la mise en scène et les effets visuels en font donc joliment état.

Très théâtral, franchement sérieux et par-dessus tout charismatique, Jeff Mills n'a ni besoin de sourire, ni envie de se dandiner sur scène. S'il se lève et se déplace quelques fois pendant sa performance, c'est pour s'approcher de la foule et jouer live avec ces sons qu'il manie d'une main de maître. La finesse du doigté de Jeff Mills vaut la peine d'être contemplée longuement, de près.

Dans son costume kaki aux allures de militaire fantastique, le frêle mais imposant DJ américain a mis le Métropolis en orbite. Et il y a fort à parier que plusieurs envoyés n'en reviendront pas de sitôt.

Loading Slideshow...
  • MUTEK 2012: le Metropolis

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Shackleton

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Shackleton

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Monolake

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Monolake

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Monolake

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Monolake

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Monolake

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.

  • MUTEK 2012: Jeff Mills

    Photo: Christian Bonneville.