Lorsque Maxime Morin était malade, il regardait souvent BPM.TV, qu'il détestait pourtant. Alors qu'il suivait des traitements de chimiothérapie lui est venue une phase d'exploration de toutes sortes (la synthèse FM, la théorie des cordes, plusieurs interrogations sur les ondes sonores, le temps et l'espace, entre autres.) Lorsqu'il a frôlé la mort, il n'y avait plus du tout de musique, il n'y avait plus rien. Aujourd'hui, les sons revenus et la maladie combattue, DJ Champion et Maxime Morin partagent, chacun leur tour, chacun à leur manière, une vision de la vie et de la musique à jamais transformée.

«La musique, ce qu'elle a de plus beau à offrir, c'est d'unir les gens. Et cela se fait uniquement par le phénomène physique de la musique; en proposant un rythme commun, une ambiance et des vibrations communes», affirme l'artiste avec enthousiasme.

Ce rythme commun, c'est le samedi 2 juin prochain, sur la scène extérieure de la Place de la Paix du Festival MUTEK que DJ Champion le partagera, à qui veut bien l'entendre.

«Lorsque je suis revenu de maladie, je n'avais pas envie d'être bon, ou beau, ou de faire de la belle musique, j'avais envie de jouer avec les sons», explique-t-il. «J'avais envie d'explorer, de remettre les choses en question.»

Le fait d'avoir pris du recul lui a fait du bien. «J'ai pu regarder les choses avec détachement pour m'offrir différentes perspectives.»

Présenté une première fois lors de La Nuit Blanche, son projet aujourd'hui candidement intitulé «Delinquent Dance Music» se veut une démarche - ou parodie - comportant deux degrés: «Le premier étant de faire quelque chose d'irrévérencieux et de baveux où on sort le méchant et le deuxième présentant le résultat de mes explorations avec les sons», explique-t-il.

Son but ultime? «Faire l'inverse de ce qui existe déjà, de comment ça doit être, et puis montrer aux gens que je peux faire autre chose.»

DJ Champion ne croit pas au succès et ne s'assoit certainement pas sur ses lauriers. «Lorsque les gens t'encensent, que tu as de l'assurance et que tu es populaire, il est temps de changer de gang», dit-il.

Loin de se prendre au sérieux, Maxime Morin se moque gentiment de son alter ego. «DJ Champion, c'est un nom sarcastique, pour ne pas me prendre au sérieux et me dire «Rappelle-toi que tu n'es pas DJ Super Cool.»

Des sons violents, du synthétiseur, des percussions latines joyeuses et même quelques effluves de dub-step viendront donc chambouler l'univers confortable de Champion samedi prochain, dans cette jolie «régurgitation de BTM.TV (qui l'a tout de même inspiré) créée pour être totalement approximative.»

«Ce que j'aime le plus de la musique, c'est le phénomène physique, sonore et l'énergie qui en découle», ajoute celui qui fut guitariste rock dans une autre vie. Et loin de lui l'idée de se servir de sa musique pour diviser les gens. «Je ne veux pas prendre position, donc politiser mon affaire», assure-t-il. «Je n'irais jamais chercher de "capital politique" sur le dos d'un mouvement social. Non, je ne fais pas de politique. Ma position est de ne pas prendre position.»

Il cite même Mère Theresa qui disait «Proposez-moi une manifestation contre la guerre et je n'irai point, mais proposez-moi une manifestation pour la paix et je serai la première à y être.»

Maxime Morin mise plutôt sur l'empathie pour aller chercher une idée commune, une entente, dans la musique comme dans sa vie personnelle.

S'il lui reste à peaufiner quelques trucs d'ici le jour J, DJ Champion promet une performance sous le signe de l'autodérision et de l'originalité. «J'aime proposer des points de repère aux gens, tout en les ébranlant. Être à cheval entre deux propositions, c'est l'fun

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