ANKARA, Turquie - La Turquie et le Japon ont à leur tour expulsé les diplomates syriens présents sur leur territoire mercredi, comme l'ont fait plusieurs pays occidentaux la veille pour protester contre le massacre de Houla, dans lequel 108 personnes ont été tuées, dont plusieurs femmes et enfants.

Ankara a ordonné au chargé d'affaires et à plusieurs autres diplomates syriens de quitter la Turquie d'ici 72 heures, a précisé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Le consulat syrien à Istanbul restera ouvert pour les tâches administratives.

Le premier ministre turc, Recep Erdogan a prévenu que de nouvelles sanctions pourraient être imposées à la Syrie dans les jours à venir, car le monde «ne peut rester silencieux face à une telle situation».

Le Japon à lui aussi demandé à l'ambassadeur syrien de quitter Tokyo, sans toutefois rompre les liens diplomatiques avec Damas, a annoncé le ministre japonais des Affaires étrangères, Koichiro Genba.

Mardi, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et la Bulgarie ont expulsé les diplomates syriens pour protester contre le massacre de Houla.

La Russie, alliée indéfectible de Damas, a critiqué ces expulsions qu'elle estime «contreproductives», a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexander Lukachevitch. Cette décision a fermé «d'importants canaux» pour influencer la Syrie, estime le gouvernement russe.

La presse officielle syrienne a qualifié mercredi ces expulsions d'«hystérie sans précédent». Le quotidien «Al Baath», organe du parti Baas, affirme que la Syrie ne se laissera pas intimider par ces «rythmes violents» et qu'elle ne «tremblera pas comme ils le pensent».

Pour le quotidien gouvernemental «Al Thawra», ces expulsions constituent une «escalade qui vise à assaillir le plan Annan et déclencher un guerre civile».

Accusé d'être responsable du massacre à Houla, le régime de Bachar el-Assad a déclaré qu'il menait sa propre enquête, qui devait être achevée mercredi. Le régime syrien impute le massacre à des «terroristes armés».