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La troisième séance de négociations entre Québec et les étudiants n'a pas abouti

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NEGOCIATIONS ETUDIANTES
AFP

QUÉBEC - Au terme d'une journée de négociations difficile, les associations étudiantes ont déclaré, mercredi en fin de soirée, que la balle est dans le camp du gouvernement, qui doit répondre à une contre-proposition sur la hausse des droits de scolarité.

Plus tôt, un mur semblait s'être dressé à la table des négocations mais en sortant d'une rencontre d'environ sept heures, les leaders étudiants ont affirmé que la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne avait réclamé la nuit pour réfléchir à leur proposition.

Au terme d'une troisième journée de pourparlers, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a espéré que le gouvernement étudiera sérieusement cette contre-offre.

«C'est une nouvelle offre qu'on a fait ce soir au gouvernement, donc évidemment on espère que cette fois-ci le gouvernement va prendre la peine de regarder les données, prendre la peine d'analyser les chiffres et que (jeudi) on aura une réponse plus positive», a-t-elle dit lors d'un point de presse peu avant minuit.

Mme Desjardins a affirmé que peu de progrès ont été accomplis depuis qu'elle a constaté, lors d'une pause en début de soirée, que les leaders étudiants avaient «frappé un mur» face aux négociateurs gouvernementaux, qui, selon elle, n'avaient pas examiné une contre-proposition déposée mardi par les étudiants.

Ses collègues de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) avaient eux aussi confirmé qu'un obstacle s'était dressé sur leur chemin.

Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a déclaré lors du point de presse de fin de soirée que les deux parties ont multiplié les contre-propositions mercredi.

«Il y a eu un échange d'offres, un peu une partie de ping-pong durant toute la journée et ça s'est terminé sur notre dernier envoi. Et puis on attend d'avoir la réaction», a-t-il dit.

Les leaders étudiants n'avaient aucune indication du moment où ils pourront avoir une réponse de Mme Courchesne, jeudi ou un autre jour.

Mardi, les étudiants ont rejeté une offre gouvernementale pour réduire de 35 $ par année la hausse des frais de scolarité. Ils ont ensuite soumis une contre-proposition et, au moment où ils se sont présentés à une rencontre avec Mme Courchesne, mercredi, ils attendaient une réponse du gouvernement.

Après une pause pour le souper, mercredi, Mme Courchesne a déclaré aux journalistes que cette contre-offre était inacceptable dans sa forme actuelle. Le gouvernement est revenu à la charge mercredi avec une deuxième offre aux étudiants, a indiqué la ministre.

«On progresse, c'est difficile, mais disons que ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini, a-t-elle dit. Ce n'est pas inhabituel dans des négociations qu'il y ait des moments qui soient plus difficiles. Mais je ne cache pas qu'on a un enjeu, je ne cache pas qu'on a un défi de taille.»

M. Nadeau-Dubois avait pour sa part soutenu que la deuxième offre du gouvernement constituait un recul pour les étudiants.

«Parfois, on dit que la nuit porte conseil mais semble-t-il que ça n'a pas été le cas cette fois-ci, a-t-il dit. On avait fait des pas en avant (mardi), (mercredi) après-midi ç'a été davantage de pas en arrière. Je pense que ma collègue de la FEUQ a bien résumé la situation lorsqu'elle a dit qu'on a frappé un mur.»

M. Nadeau-Dubois n'a pas exclu la possibilité que la CLASSE quitte la table de négociations si jamais l'impasse persistait.

Un peu plus de trois heures après la reprise des discussions, mercredi, les difficultés sont apparues lorsque Mme Desjardins a exprimé sa déception face au travail de la partie gouvernementale.

«Notre proposition est toujours sur la table, mais force est de constater que le ministère de l'Éducation n'a pas pris la peine de vraiment la regarder. Du moins, on n'a pas eu de retour», a-t-elle dit.

Par la suite, le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin a déclaré que le gouvernement était arrivé mal préparé mercredi.

«Il n'y a pas d'obstacle insurmontable, a-t-il dit. C'est sûr que ça aiderait si le gouvernement était arrivé un peu mieux préparé en début de rencontre, mais on continue, on progresse, on est ici pour régler.»

Plus tôt, Mme Desjardins avait confirmé que les quatre associations, incluant la Table de concertation étudiante du Québec (TACEQ), avaient rejeté unanimement, mardi, une offre pour réduire de 35 $ la hausse des droits de scolarité.

«Effectivement, ç'a été mis sur la table, ç'a automatiquement été refusé par les associations», a-t-elle dit, en ajoutant que les étudiants n'ont pas fait une grève de 16 semaines pour récolter un résultat aussi mince.

Le gouvernement proposait de ramener de 254 $ à 219 $ l'augmentation annuelle des droits de scolarité. Au total, la facture aurait été réduite à 1533 $ sur sept ans plutôt que 1778 $.

Après plus de 100 jours de crise, le gouvernement est prêt à jeter du lest sur la hausse des droits de scolarité afin de ramener le calme dans les rues et éviter de bouleverser la saison touristique montréalaise.

Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a d'ailleurs indiqué en matinée qu'une réduction de la hausse exigée aux étudiants pourrait être possible à condition que ce soit «à coût nul» pour les contribuables et les finances publiques.

Mercredi matin, le premier ministre Jean Charest avait déjà donné le ton en affirmant, au sujet des négociations, que «la journée ne fait que commencer».

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