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Conflit étudiant : «Nous sommes face à un mur», dit la FEUQ

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NEGOCIATIONS ETUDIANTES
AFP

Au cours de cette troisième journée de négociations, les représentants des associations étudiantes pensaient discuter avec l'équipe gouvernementale de la proposition qu'ils ont présentée hier, mais la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a indiqué que ce n'avait pas été le cas.

« On est un peu déçus », a admis la présidente de l'association, Martine Desjardins, à sa sortie de la rencontre, vers 18 h 30. Comme les deux soirs précédents, les discussions ont été interrompues pour le souper.

« On espérait que le fait qu'on ait pris le temps, ce matin, de regarder les données, on allait avoir un retour clair sur la proposition qu'on a faite », a déploré Mme Desjardins.

Peu après, Mme Desjardins commentait brièvement l'état des négociations sur son compte Twitter.

« Nous sommes face à un mur, mais nous resterons bien évidemment dans les négos. Les données doivent être analysées. » -- Martine Desjardins, présidente de la FEUQ

« Nous, on est disposé à rester très tard ce soir », a pour sa part déclaré le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, sorti quelques minutes avant sa collègue.

Il a par ailleurs indiqué que des fonctionnaires du ministère des Finances ont été invités en renfort à la rencontre.

D'après ce qui a filtré des rencontres, les deux parties ont proposé et contre-proposé divers scénarios chiffrés. La question des droits de scolarité, centrale dans le conflit étudiant en cours depuis la mi-février, a finalement été abordée.

Les parties jongleraient avec plusieurs hypothèses, dont celle de réduire l'augmentation prévue des droits de scolarité à l'université en diminuant, voire en abrogeant, le crédit d'impôt sur les études postsecondaires.

Avant le caucus du Parti libéral du Québec, le ministre des Finances, Raymond Bachand a réitéré que le gouvernement était prêt à bouger, pourvu que le cadre budgétaire actuel du gouvernement reste intact et que l'entente soit à coûts nuls pour les contribuables.

« On a déjà bougé avec le crédit d'impôt au niveau des bourses. Le crédit d'impôt, c'est de l'argent qui revient aux étudiants ultimement. Ça fait partie des idées qui sont soumises », a confirmé M. Bachand.

La proposition gouvernementale d'une diminution de la hausse prévue de 35 $ par année des droits de scolarité, dont faisaient état les médias ce matin, a été unanimement rejetée par les associations étudiantes.

Premier arrivé à l'immeuble du boulevard René-Lévesque, vers 14 h, le président de la FECQ l'a confirmé d'emblée.

« Si c'est la troisième journée qu'on est là, il faut bien comprendre qu'on ne discute pas de scénario de 35 $ d'économies pour les étudiants. » -- Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ

Par la suite, son homologue de la FEUQ, le co-porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, ainsi que le secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), Paul-Émile Auger, ont tour à tour rejeté ce scénario à leur arrivée aux lieux de la rencontre, vers 15 h.

Il y a « trois éléments qui, pour nous, sont très importants », a indiqué M. Bureau-Blouin. « Notre objectif, c'est qu'on parle de droits de scolarité, on veut parler des enjeux périphériques et ensuite de la loi spéciale. On ne veut pas commettre le processus et [on veut] discuter de l'ensemble des bases de discussions », a-t-il indiqué.

Les enjeux périphériques engloberaient notamment la gestion des universités et la tenue d'un forum sur la question.

M. Nadeau-Dubois a indiqué qu'après avoir rejeté le scénario du 35 $, les associations étudiantes avaient proposé « un scénario sérieux qui propose plusieurs éléments ». « On regarde plusieurs endroits pour aller chercher de l'argent », a-t-il indiqué.

Il n'y a pas d'urgence, plaident les étudiants

Martine Desjardins a refusé de s'avancer sur la conclusion d'une entente dans le courant de la journée, soulignant cependant que les deux parties étaient « prêt[es] à travailler ». « On l'a vu la dernière fois, un blitz de négociations ne nous a pas servi. On va prendre le temps de bien faire les choses », a-t-elle réitéré, lançant à la blague que les leaders étudiants avaient « encore [des] chambre[s] à Québec ce soir! »

« Si le gouvernement a pris le temps d'observer les propositions qu'on a faites hier, il est fort probable qu'on ait une entente. » - Martine Desjardins, présidente de la FEUQ

Advenant le fait que le gouvernement écarte les dernières propositions sur la table, les associations étudiantes ne sont pas à court d'idées, a-t-elle dit. « On a probablement des dizaines » de solutions à présenter.

Dernière à arriver sur les lieux, la ministre Courchesne a été discrète, accordant peu de temps aux journalistes. « Je peux vous dire qu'on arrive ici tres déterminé à poursuivre » les discussions et a trouver une solution, a-t-elle déclaré.

Hier, Gabriel Nadeau-Dubois avait déclaré que les diverses associations espéraient sortir de l'entretien d'aujourd'hui avec une offre à soumettre à leurs assemblées générales.

La chef du Parti québécois , Pauline Marois, a par ailleurs dit vouloir que les négociations réussissent. « Le Québec a besoin de sortir de cette crise convenablement et correctement », a-t-elle dit, critiquant au passage la gestion de la crise par le gouvernement. « Fallait-il attendre trois mois pour arriver à une possible négociation qui pourrait réussir? »

Le PQ réclame l'abrogation de la loi spéciale

La députée Véronique Hivon, critique du Parti québécois en matière de justice et de protection de la jeunesse, a déposé une motion exigeant « le retrait immédiat de la loi n° 78 ». Le gouvernement doit « revenir au bon sens », a-t-elle plaidé, afin de « mettre cette loi n° 78 derrière nous comme un terrible cauchemar, mais un cauchemar au moins qui n'aura duré que 10 jours ».

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