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Katimavik aurait dû faire plus d'efforts pour amasser lui-même des fonds, selon James Moore

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JAMES MOORE PORNO
(THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick)

OTTAWA - Le gouvernement conservateur avance une nouvelle raison pour expliquer l'abolition de son financement dans le programme Katimavik: l'organisme n'aurait pas déployé assez d'efforts pour amasser lui-même des fonds.

Le ministre du Patrimoine, James Moore, a condamné mardi en comité ce «manque de réciprocité» envers les contribuables canadiens. Cette raison, jumelée au fait que Katimavik aurait selon lui raté ses objectifs, rendait inévitable sa fermeture, a-t-il soutenu.

«Le fait qu'ils n'aient pas du tout tenu de levées de fonds sérieuses, pendant des années, montre, je pense, un grand manque de réciprocité en comparaison au degré d'investissement des contribuables dans ce programme», a tranché M. Moore, interrogé par un autre député conservateur.

Les objectifs de Katimavik étaient louables, a ajouté le ministre, mais «je pense qu'il s'agissait d'un organisme pour lequel le financement des contribuables était destiné à s'arrêter en raison du manque d'atteinte de ces objectifs et de réciprocité avec les contribuables».

Chez Katimavik, on s'explique mal cette sortie du ministre, puisqu'une stratégie de diversification des sources de financement avait justement été mise sur pied depuis trois ans.

L'organisme a été en mesure d'amasser presque 1 million $ depuis cette initiative, selon sa directrice des communications, Victoria Salvador.

«Il faut dire que ça prend du temps à mettre sur pied, naturellement, mais on a embauché les ressources que ça prenait, on a bâti l'argumentaire, on est passé à travers toutes ces étapes-là», a-t-elle énuméré.

Dans son esprit, la diversification des sources de financement ne devait pas avoir pour but de couper la part du gouvernement fédéral, mais bien de pouvoir bonifier le programme en faisant notamment participer plus de jeunes et plus de communautés.

Elle assure que dans l'entente conclue avec Patrimoine Canada, Katimavik n'avait aucune cible précise de diversification des sources de financement imposée par le ministère.

Le gouvernement conservateur a annoncé la fin du financement de Katimavik dans son budget déposé au mois de mars dernier. Le programme, fondé en 1977 sous le libéral Pierre Elliott Trudeau, permettait aux jeunes de 17 à 21 ans de voyager à travers le pays pour apprendre une langue seconde et faire du bénévolat dans les communautés locales.

«Rien accompli»

En point de presse juste après le comité, M. Moore a étoffé ses propos en indiquant que Katimavik avait de nombreux problèmes ayant mené à sa fermeture, dont un mauvais taux de rétention des participants.

Il a assuré que Katimavik était au courant qu'on attendait de lui qu'il amasse par lui-même des sommes d'argent.

«Ils savaient, parce qu'eux-mêmes, ils avaient un conseil d'administration spécifiquement pour chercher des fonds, pour les "fundraisings", mais ils n'ont rien fait, ils n'ont rien accompli», a-t-il conclu.

Or, il était particulièrement difficile pour Katimavik de récolter des fonds compte tenu de la nature du programme, a signalé Justin Trudeau, qui a été président du conseil d'administration de l'organisme avant d'être élu député libéral dans Papineau.

«Ce n'est pas un programme pour lequel c'est facile de trouver du financement», a-t-il expliqué en entrevue.

«Les fondations, les organisations, les banques, les corporations veulent donner à un événement où ils peuvent mettre une bannière. (...). On n'allait pas créer le programme Katimavik-Coca-Cola, par exemple!», a illustré le député.

Katimavik recevait environ 15 millions $ par année du gouvernement fédéral ces dernières années. Le financement pour l'année à venir lui avait déjà été accordé, mais les conservateurs ont décidé d'y mettre fin sur-le-champ.

Sous Brian Mulroney, les conservateurs avaient également sabré le programme, avant qu'il soit rétabli après l'arrivée du libéral Jean Chrétien au poste de premier ministre.

«C'est écrit quelque part dans les règles d'instruction du Parti conservateur du Canada: "quand on reçoit une majorité, on coupe Katimavik"», a ironisé M. Trudeau. Selon lui, les conservateurs ne souhaitent tout simplement pas que les jeunes s'impliquent dans leur communauté.

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