L'appel à l'aide que lance Montréal depuis des années au gouvernement du Québec afin de mieux financer et organiser l'aide aux itinérants a été entendu. Le plan annoncé vendredi par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, coûtera 5 millions de dollars par année, dont 4,25 millions proviendront du ministère, le reste provenant de l'Agence de santé de Montréal.

« Même si l'itinérance se rencontre un peu partout au Québec, c'est dans la métropole que le problème se présente avec le plus d'acuité », a souligné le ministre Bolduc lors d'un point de presse donné avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay. Il a indiqué que la répression ne fonctionnait pas pour amenuiser le nombre d'itinérants. « Plutôt que d'avoir une approche judiciaire, on va avoir une approche "santé" », a-t-il expliqué.

Environ 50 % des itinérants présentent des problèmes de santé mentale, et 45 % ont un problème de toxicomanie, a-t-il précisé.

Plus d'interventions sur le terrain

L'une des mesures mises en place est la création d'une équipe d'urgence psychosociale, formée d'un intervenant social et d'un policier spécialisé, qui aideront les policiers patrouilleurs entre 16 h et minuit. Ils feront de l'intervention dans la rue lorsque les patrouilleurs seront confrontés, par exemple, à un itinérant en crise, afin de le diriger vers la ressource publique ou communautaire pouvant le mieux lui venir en aide.

Le plan prévoit aussi la création de deux équipes multidisciplinaires de suivi intensif dans le milieu. Des spécialistes des services sociaux et de santé (psychiatres, infirmières, intervenants psychosociaux, par exemple) s'assureront ainsi du suivi des soins des personnes ayant des troubles mentaux graves.

La première équipe sera implantée au Centre de santé et de services sociaux de la Montagne, en collaboration avec le Centre universitaire de santé McGill et l'Hôpital St.Mary, et la seconde au Centre de santé et de services sociaux Lucille-Teasdale, en collaboration avec l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. D'autres équipes devraient être constituées.

Deux unités d'hébergement de longue durée en santé mentale, qui pourront accueillir 31 personnes, seront aménagées à Ahuntsic et Montréal-Nord.

Enfin, une étude sur la fréquentation hospitalière des personnes itinérantes sera menée pour évaluer l'achalandage, la durée moyenne de séjour à l'urgence et le nombre de jours des hospitalisations.

Le maire Tremblay a accueilli positivement le plan mis en place par Québec, soulignant la « contribution exceptionnelle du ministre Yves Bolduc ». « C'est, je dirais, une des rares fois qu'on a une approche intégrée », s'est-t-il réjoui.

Selon lui, le plan permettra de diriger plus rapidement et plus adéquatement les itinérants vers les services de santé appropriés.

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