NEWARK - Martin Brodeur a fini d'entendre parler de l'histoire. Il a réglé son vieux contingent avec les Rangers de New York.

Les Devils ont accédé à la finale de la Coupe Stanley avec un gain de 3-2 en prolongation contre les Rangers vendredi. Pour leur première finale depuis 2003, ils retrouveront les Kings de Los Angeles à compter de mercredi, à Newark.

Adam Henrique a tranché le débat alors qu'il y avait à peine une minute d'écoulée à la première période supplémentaire. L'attaquant recrue a profité d'une mêlée devant le filet pour marquer un but qui ne passera pas à l'histoire pour son élégance.

C'était son deuxième but gagnant d'une série en prolongation cette année, après avoir éliminé les Panthers de la Floride au septième match au premier tour.

« Il est toujours à la bonne place au bon moment. Deux buts gagnants qui viennent de son bâton, ce n'est pas un hasard », a commenté l'entraîneur-chef des Devils, Peter DeBoer.

« Je ne voyais pas la rondelle. Je savais qu'elle était sur la patinoire, je faisais juste prier pour qu'elle sorte sous sa jambière. C'est un gros but, un dont tu rêves », a commenté le héros du jour.

« Ce n'est pas correct que ce soit fini, a dit le défenseur des Rangers Ryan McDonagh, au bord des larmes. De la façon dont on s'est battus toute l'année, c'est dur à avaler. C'est un sentiment horrible, tu ne veux plus jamais le revivre. »

Brodeur peut donc mettre derrière lui les histoires qui ont été faites sur la finale de l'Est de 1994, la dernière fois que ces deux équipes se sont retrouvées aussi tard en séries. Les New-Yorkais avaient alors comblé un retard de 2-3 pour éliminer les Devils et passer en finale.

« Gagner contre eux sur une scène aussi importante, je suis heureux pour nous. Les partisans des Devils, pour une raison ou une autre, passent toujours deuxièmes dans notre coin, derrière les Rangers, et une des raisons, c'est qu'ils nous ont battus en 1994. C'est un bon feeling, pas juste pour moi, mais pour tous les gens de l'état du New Jersey qui sont des partisans des Devils », a dit Brodeur.

Les Rangers, eux, ont finalement été rattrapés par la fatigue, après avoir eu besoin de sept matchs pour gagner chacun des deux premiers tours. Aucune équipe n'a d'ailleurs atteint la finale après avoir disputé 14 matchs dans les deux premières étapes.

« Ça n'a rien à voir avec la fatigue, a dit l'entraîneur-chef des Rangers, John Tortorella, un discours qu'il a maintenu tout au long de la série. Dans les deux derniers matchs, nous étions la meilleure équipe en deuxième et en troisième périodes. Je suis heureux de la façon dont nous sommes revenus dans le match. »

Guerre de tranchées

Aucun but n'a été marqué au troisième vingt. L'attaquant des Rangers Brad Richards a eu droit à la meilleure chance de marquer de la période devant un Brodeur étendu de tout son long, mais le Québécois a fait l'arrêt.

Les Rangers ont pressé le pas en deuxième période et ont été récompensés par des buts de Ruslan Fedotenko et de Ryan Callahan pour combler un retard de 0-2.

Fedotenko a notamment profité de la fatigue d'Ilya Kovalchuk, qui semblait à court d'énergie sur la séquence. Le Russe des Devils était sur la patinoire depuis 2 min 31 s.

Auteur de deux buts mercredi, le quatrième trio des Devils a encore frappé, en première période. Cette fois, Ryan Carter a obtenu le but. Kovalchuk, en avantage numérique, a doublé l'avance des hommes en rouge.

Henrique a ensuite semé la frénésie parmi les quelque 70% de partisans des Devils au Prudential Center.

Son capitaine, Zach Parisé, a ensuite accepté au nom des siens le trophée Prince-de-Galles, mais s'est gardé d'y toucher.

« Je voulais y toucher, mais la majorité des joueurs ne voulaient pas », a-t-il raconté.

Contre des Kings qui ont perdu seulement deux matchs en trois tours jusqu'ici, la dernière chose dont les Devils ont besoin est un mauvais sort...