NEW YORK - Les deux mêmes équipes, encore au troisième tour. Les Rangers qui prennent l'avance 2-1. Les Devils qui reviennent gagner les matchs 4 et 5. Les Rangers qui font face à l'élimination dans le match 6, au New Jersey.

Pour la petite histoire, les similitudes entre la finale de l'Est de 1994 et celle de 2012 sont amusantes. Mais les joueurs détestent généralement tracer ce genre de parallèles. Des deux côtés, on refuse d'y penser.

Rappelons les faits. La veille du sixième match en 1994, Mark Messier avait fait la une des journaux new-yorkais avec sa garantie que les Rangers allaient triompher et ramener la série au Madison Square Garden pour un septième match.

« On ne savait même pas avant la fin du match qu'il avait fait une garantie, a mentionné Brodeur. Je ne savais pas quand il l'avait faite. Je ne lis pas les journaux et je ne me souviens pas que ça avait eu un effet sur nous, mais c'était la grosse histoire partout. »

On peut comprendre l'ampleur que la garantie a prise. Messier était passé des paroles aux actes avec une performance de trois buts et une passe dans un gain de 4-2 à Meadowlands. Le capitaine des Rangers avait ainsi préparé le terrain pour le but gagnant de Stéphane Matteau en prolongation du septième match, sur le 48e tir sur Brodeur.

Politiquement corrects

L'actuel capitaine des Rangers, Ryan Callahan, a refusé de répéter les paroles de Messier, qui les disait alors avec l'assurance d'un détenteur de cinq bagues de la Coupe Stanley.

« Non, je ne dirai rien de cette nature », a poliment répondu Callahan, jeudi après-midi, après l'entraînement des siens.

« Personne ne fera de garantie, a dit l'attaquant Brad Richards. On ne pense pas à cette série. Sans manquer de respect envers l'histoire, on veut créer notre propre histoire. »

Chez les Devils, c'est le même son de cloche.

« Je ne vois rien de similaire, a répondu jeudi, en conférence téléphonique, Martin Brodeur, seul joueur de la série de 1994 encore actif. C'est une équipe différente, un style de jeu différent. Je sais que je ne me sens pas pareil. J'apprécie beaucoup plus ce qui se passe. En 1994, les Rangers étaient une puissance, ils avaient obtenu plein de gros noms, on n'était pas sensés de rivaliser avec eux. Mais cette fois, je nous en crois capables. »

« Je ne pense pas à 1994. En 1994, j'avais encore des cheveux! Ça montre à quel point ça fait longtemps! Ça n'a rien à voir avec ce qu'on fait », a ajouté l'entraîneur-chef des Devils, Peter De Boer, au cours de la même conférence téléphonique. De Boer a donné congé d'entraînement à ses hommes au lendemain de la victoire de 5-3 au Madison Square Garden.

Qu'il y pense ou non, une victoire des Devils offrirait certainement un baume à Brodeur, éliminé trois fois plutôt qu'une par ses rivaux new-yorkais au cours de sa carrière.