OTTAWA - Un député conservateur a publiquement fait état de ses préoccupations et de ceux qu'éprouveraient, selon lui, certains collègues d'arrière-ban face à l'éventail de mesures figurant dans le projet de loi sur la mise en oeuvre du budget fédéral.

Le député britanno-colombien David Wilks a cependant soutenu qu'un seul député ne pouvait défaire seul le projet de loi ou encore forcer le gouvernement à séparer les mesures contenues dans la brique de 425 pages.

M. Wilks y est allé de ces commentaires mardi pendant une rencontre avec des électeurs de sa circonscription de Kootenay-Columbia. Certaines portions de la réunion ont été filmées et publiées en ligne mercredi, ce qui a forcé le député à se rétracter rapidement.

Dans la vidéo, plusieurs des commettants de David Wilks exhortent leur député à voter contre le projet de loi omnibus. Celui-ci comprend une flopée de mesures non budgétaires, incluant des réformes de l’immigration de la Sécurité de la vieillesse, de l’assurance-emploi et des évaluations environnementales.

Le député répond que sans une fronde d'au moins une dizaine de collègues conservateurs, il est inutile de poser un tel geste qui pourrait lui valoir une expulsion du caucus.

Au cours de l'échange, M. Wilks témoigne de sa frustration concernant la façon dont le projet de loi a été présenté.

«Je pense que vous trouverez qu'un certain nombre de conservateurs partagent vos inquiétudes et je suis l'un d'entre eux», a-t-il lancé. «Je pense effectivement que certaines (des mesures prévues dans le projet de loi) devraient être séparées.»

Les partis d'opposition ont qualifié le projet de loi de «Cheval de Troie» conçu pour faire adopter une série de mesures controversées sans trop attirer l'attention sur chacune d'entre elles.

David Wilks est le premier député conservateur à faire écho aux préoccupations de l'opposition. Quelques heures après que cette vidéo tournée mardi eut fait surface sur Internet mercredi, il s'est tourné vers son site Internet pour faire une mise au point.

Le député a ainsi écrit qu'il «soutenait ce projet de loi» et «les mesures de croissance en matière d'économie et d'emploi» qui seront mises en place pour les citoyens de sa circonscription et du Canada grâce à la loi budgétaire C-38.

Les porte-parole du premier ministre Stephen Harper et du ministre des Finances, Jim Flaherty, ont refusé de commenter l'affaire, plaidant que le député avait fait le tour de la question dans son message.